dimanche 22 février 2015

Ecrits sur le sable



Je l'ai découverte il y a quelque temps, sous la plume d'un de ses admirateurs les plus passionnés. 
Une femme au destin extraordinaire, aventurière, courageuse, traversant le désert en solitaire, morte tragiquement à vingt-sept ans.
Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas marcher sur vos plates-bandes, vous mes amis de la blogosphère qui savez si bien chroniquer vos  coups de coeur. Je ne saurais vous égaler. Mais j'avais vraiment envie de remercier mon ami Bizak de m'avoir fait découvrir cette femme magnifique, à l'écriture somptueuse. 
Bref, j'ai aimé. Non, j'ai adoré ces écrits sur le sable qui m'ont transportée au delà des mers dans l'infinité du Sud Saharien, sans tapis volant.
Juste par la force des mots. Un chant sublime, un cri. Le désert, le vent. Le miel, le sang. Et l'audace d'une femme.
Pourquoi certains livres nous émeuvent-ils autant qu'une personne ?






Extraits choisis
Et tous les mois, quand la lune venait éclairer le sommeil des ruines, je pouvais assister, à demi-cachée derrière un rideau léger, à un spectacle qui bientôt me devint familier, que j'attendis dans la langueur des journées, et qui pourtant m'est demeuré une énigme...Peut-être d'ailleurs tout le charme de ce souvenir réside-t-il pour moi en ce côté de mystère...Sans que j'aie jamais su d'où il venait et par où il entrait dans la petite cour, un jeune Maure, vêtu de soieries aux délicates couleurs éteintes, et drapé d'un léger burnous neigeux qui lui donnait des airs d'apparition, venait s'asseoir là, sur une pierre. [...] Il s'asseyait là, toujours à la même place, et, le regard perdu dans l'infini bleu de la nuit, il chantait, sur des airs d'autrefois éclos sous le ciel d'Andalousie, des cantilènes suaves. Lentement, doucement, sa voix montait dans le silence comme une plainte [...]
***

[...]Toutes les cités des pays de sable, bâties en platras léger, ont un aspect sauvage, délabré et croulant. Et tout près, des tombeaux et des tombeaux, toute une vie, celle des morts attenante à celle des vivants. Les dunes allongées et basses de Sidi-Mestour qui dominent la ville vers le sud-est, semblaient maintenant autant de coulées de métal incandescent, de foyers embrasés, d'un rouge violacé d'une invraisemblable intensité de couleurs.

Sur les petits dômes ronds, sur les pans de mur en ruine, sur les tombeaux blancs, sur les couronnes échevelées des grands dattiers, des lueurs d'incendie rampaient, magnifiant la ville grise en un flamboiement d'apothéose. Le dédale marin des dunes géantes de l'autre route déserte qui mène à Touggourt, d'où nous venions par Taïbett-Guéblia, se dessinait, irisé, noyé en des reflets d'une teinte de chamois argenté, sur la pourpre sombre du couchant[...] 
***

[...] Sur aucun point de la terre aucun être humain ne songeait à moi et ne souffrait de ma souffrance. Plus lucide, calmée, j'ai méprisé ma faiblesse et j'ai souri.

Si j'étais seule, n'était-ce point parce que je l'avais voulu aux heures conscientes où ma pensée s'élevait au-dessus des sentimentalités lâches du coeur et de la chair également infirmes ? Etre seul, c'est être libre, et la liberté était le seul bonheur nécessaire à ma nature. Alors, je me dis que ma solitude était un bien.

Un souffle chaud se leva vers l'ouest, un souffle de fièvre et d'angoisse. Ma tête déjà lasse retomba sur l'oreiller ; mon corps s'anéantissait en un engourdissement presque voluptueux. Mes membres devenaient légers, comme inconsistants. La nuit d'été, sombre et étoilée, tombait sur le désert. Mon esprit quitta mon corps et s'envola de nouveau vers les jardins enchantés et les grands bassins bleuâtres du Paradis des Eaux.
*** 
Isabelle Eberhardt, 1877-1904






59 commentaires:

  1. « Etre seul, c'est être libre, et la liberté était le seul bonheur nécessaire à ma nature. »
    Que voilà une phrase qui me plaît !

    Tu me donnes envie de lire le chapitre qui lui est consacré dans un ouvrage qui m'a été offert récemment.

    Bises de sable

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    1. Je savais que cette phrase te parlerait, comme elle m'a parlé...
      Fascinante, d'être allée au bout de son rêve de liberté par la solitude absolue.
      Bises célestissimes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Elle n'a jamais été vraiment de ce monde en fait, comme un ange goûtant à des sensations à travers une enveloppe corporelle avant de repartir vers d'autres cieux..

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    1. Certes, ce genre de personnage a toujours quelque chose de surnaturel, et de décalé. Il en est ainsi des poètes et des grands voyageurs du temps. Ils échappent au rationnel de nos vies de mortels, mais ils meurent aussi, et souvent beaucoup plus tôt que le commun...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. "Etre seul, c'est être libre..." J'ai du mal avec cette notion. J'ai trop besoin de partager et je n'ai jamais bien vécu mes années de solitude.
    Je ressens la solitude comme une prison. Pas la solitude occasionnelle, mais celle qui perdure au-delà du raisonnable, celle qui colle à la peau comme une glu. Celle que l'on subit parce qu'elle s'est installée sans avoir été invitée.
    Heureusement que je n'aime pas la solitude, car c'est en la fuyant que j'ai fait mes plus belles rencontres.

    Autrement, elle a une très belle écriture mais j'ai déjà bien trop envie d'aller dans ce désert pour oser me plonger dans sa lecture...
    J'ai lu un bout de sa bio concernant la tentative d'assassinat dont elle fut victime.
    J'en retiens que cette fille d'anarchiste était une femme libre, déterminée et dérangeante, mais pas si solitaire que ça...
    Son besoin de solitude n'était-il pas dans ses moments de recherche d'absolu? Ces moments que l'on voudrait éternels mais qui sont finalement débordés par la curiosité et la soif de vivre... Et sa soif semblait inextinguible.

    Ti bacio
    Ti bacio

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    1. Pierre parle évidemment de la solitude choisie, non de celle, horrible, que la vie peut imposer aux êtres...et que tu décris très bien, comme une glu qui colle a la peau.
      Mais faire la démarche de partir seul, cela mérite qu'on s'y arrête, car effectivement ce n'est pas commun. Et cela interpelle, car les hommes sont par essence des animaux sociaux, qui ont besoin de la compagnie de leurs semblables...
      Molto baci

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    2. Oui Célestine, j'en parlais bien dans le même sens qu'Isabelle Eberhardt, quoique elle ait poussé très loin ce besoin de liberté. Pour ma part je me contente de vivre épisodiquement la solitude, appréciant trop les plaisirs du partage humain pour les sacrifier.

      La solitude non choisie et mal vécue est certainement terrible à supporter.

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    3. On est tous bien d'accord, alors.
      Ce serait chouette aussi, un débat d'idées de visu, mes amis...Autour d'un repas tiré du sac par exemple...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. C'est presque une invitation, ça ;)

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    5. Pourquoi "presque" ? ;-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    6. "...un débat d'idées de visu,...Autour d'un repas tiré du sac par exemple..."
      Hmmmm !
      Mais dites-moi, Mademoiselle Célestine, les hommes seraient des animaux ? Fi !

      ...'fin moi...Jdirien

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    7. Avec tout le respect que je te dois, je ne comprends pas le sens de ta question...
      ???
      Tu m'expliques ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    8. Pour le débat d'idées, un repas seulement, ça risque de faire court....
      Et puis ça risque de faire de gros frais de transports à amortir sur une bouffe pour Candide...
      Mais je suis partant :-)
      Molto baci

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    9. Une sorte de "parenthèse inattendue" alors ? le temps d'un week-end...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    10. "Presque"… parce que sans cela la phrase aurait été un peu trop audacieusement affirmative, tandis qu'ajouter un point d'interrogation au bout de l'affirmation aurait été un peu trop dubitatif. J'ai donc opté pour la part d'incertitude... ;)

      "La parenthèse inattendue" ? Tu ne saurais mieux m'attirer qu'avec cet exemple d'improbables mais riches rencontres !

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    11. Si tu parles de l'émission TV, j'avoue que j'aime assez la formule.
      Pour le "presque" je te taquinais...
      Et puis j'aime bien la délicatesse avec laquelle tu réponds toujours.
      En ces temps où les débats tournent souvent au vinaigre sur les plateaux, tout ce qui ressemble fortement à du savoir-vivre me plaît beaucoup...
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. c'est une de ces femmes qui, à mes 16 ou 17 ans, m'a fait entrevoir qu'on pouvait "naître que fille" et poursuivre tout de même ses propres rêves
    qu'elle en soit remerciée :-)

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    1. Il y a comme cela dans la courte histoire de la libération féminine, quelques être d'exception qui ont posé des jalons. Ainsi Louise Michel, ou Colette, ou Simone de Beauvoir, plus tard Simone Veil ont secoué les tabous et les idées toutes faites. Prenons garde à préserver les choses précieuses que leur combat ont fait avancer...
      Bises Adrienne.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Quand j'étais jeune (ça n'était pas hier) j'avais lu l'Atlantide de Pierre Benoît, un roman, un peu fiction, , ayant pour héroïne la belle Antinéa...
    L'histoire se déroulait dans le grand sud Algérien, le massif du Hoggar si ma mémoire ne part pas trop en lambeaux !

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    1. Et alors... Et alors ... ? Tu avais aimé ?
      Bises curieuses ( Ben oui je suis une femme... :-)))

      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Ah oui c'était bien, j'aurais voulu être le Capitaine Morhange, du haut des dunes de sable impalpable, hurler son nom dans le désert ...ANTINEA... ANTINEA...

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    3. Moi qui ai toujours cru que c'était un roman de science-fiction, en fait c'était un roman d'amour...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Merci Célestine de parler de cette étonnante et admirable femme qu'était Isabelle Eberhardt. Elle était d'origine suisse, elle est née le 17 février 1877 et décédée à la fleur de l'age, à 27 ans, Ain Sefra en Algerie un 21 octobre 1904 emportée lors une crue d'Oued). Elle fut une poéte, une romancière et reporter d'un journal dans ces contrées lointaines qu'était le Sud du sahara algérien;
    Une petite citation d'elle: "Tout le grand charme poignant de la vie vient peut être de la certitude absolue de la mort. Si les choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d'attachement."

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    1. Je me suis permis de reprendre ta citation chez Adrienne, qui parle ce matin de l'immortalité...
      Je suis heureuse que tu m'aies fait découvrir ce livre. Je lirai plus tard le tome 2.
      Bisous célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. Un droit que bien peu d’intellectuels se soucient de revendiquer, c’est le droit à l’errance, au vagabondage. Et pourtant, le vagabondage, c’est l’affranchissement, et la vie le long des routes, c’est la liberté. Rompre un jour bravement toutes les entraves dont la vie moderne et la faiblesse de notre cœur, sous prétexte de liberté, ont chargé notre geste, s’armer du bâton et de la besace symboliques, et s’en aller ! Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté (car on n’est libre que tant qu’on est seul), l’acte de s’en aller est le plus courageux et le plus beau. Egoïste bonheur, peut-être. Mais c’est le bonheur, pour qui sait le goûter. Etre seul, être pauvre de besoins, être ignoré, étranger et chez soi partout, et marcher, solitaire et grand à la conquête du monde.
    »
    Citation d'Isabelle Eberhardt de la part de Dany ,

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    1. Ce droit est aussi la marque d'un extrême courage, dont peu d'êtres sont capables de faire preuve, qu'ils soient intellectuels ou pas. C'est une conception du bonheur qui ne souffre aucune compromission, et en même temps un pacte passé avec soi-même. Un exploit, en quelque sorte.
      Bienvenue chez moi, Dany.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. Oui, j'aime mon Sahara et d'un amour obscur, mystérieux, profond,
    inexplicable mais bien réel et indestructible.
    Je suis même bien sûr que jamais plus je ne pourrai vivre
    loin de ce pays-là ...





    Ecrits intimes de Isabelle Eberhardt

    Non, certes, jamais aucun autre site de la terre ne m'a ensorcelée,
    charmée autant que les solitudes mouvantes du grand océan desséché
    qui, des plaines pierreuses de Guémar et des bas-fonds maudits du
    chott Mel'riri, mène aux déserts sans eau de Sinaoun et de Rhadamès.

    De la par de Dany

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    1. La seule façon d'avoir une chance de faire aimer aux autres ce que l'on aime, c'est d'en parler avec passion, j'en suis convaincue.
      Parole d'une qui a essayé de faire aimer le savoir à des centaines de gosses...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  9. Quelle vie courte et pleine... que d'amour dans ses mots et sa vie. On n'a pas besoin de vivre longtemps quand c'est aussi plein de gourmandise pour chaque jour qui naît et meurt

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    1. La vie d'une héroïne, belle et exigeante. Et donc, forcément, très fascinante...
      Baci
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. Ah Isabelle... Dans un des albums de sa saga sur l'histoire de l'Algérie, "Les fils du Sud" (avaler toute la série, si tu ne connais pas), Jacques Ferrandez se fait (et nous fait) un petit plaisir en mettant en scène un de ses phantasmes : on y voit I. Eberhardt bronzer nue sur une terrasse de là-bas, matée par des enfants voyeurs. J'ai l'album, je te scanne la page, si tu veux... Sinon, j'ai dans ma bibli la même édition que sur ta photo.

    Et très jeune j'avais aussi flashé sur "Voyage à Tombouctou", de René Caillié. Ces gens avaient des couilles, de rentrer ainsi dans une ville sacrée strictement interdite alors aux européens...

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    1. Je me souviens avoir rêvé sur l'épopée saharienne de Théodore Monod, reprise bien plus tard par Souchon dans sa chanson hommage. Je crois que la préface du livre de Caillié est de Théodore, justement.
      Aller voir le désert est un rêve que j'ai toujours, j'hésite un peu depuis quelque temps, je crains que les rencontres que l'on y fasse ne soient pas forcément, à la hauteur de nos fantasmes, un renard ou un petit prince...ou l'ombre d'Isabelle nue sur la dune...
      Pour la photo, je suis d'accord, tu penses. Mais tu vas faire des jaloux !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  11. J'ai lu ce livre il y a des années. Et je l'ai adoré. Je ne me souviens plus d'ailleurs comment il m'est tombé dans les mains. Et curieusement j'y pense régulièrement. Et le voir soudain sur tes pages résonne en moi comme un écho.

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    1. Se souvient-on jamais de la façon dont les choses nous arrivent dans les mains?
      C'est comme si on me demandait à quel moment je suis arrivée sur ton blog, ou toi sur le mien. C'est la magie des hasards ou des synchronicités...
      je suis heureuse de t'avoir rappelé ce beau souvenir de lecture, Myo
      gros kiss céleste
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  12. Le petit nouveaulundi, 23 février, 2015

    Chère madame,

    Dimanche soir. Demain je retourne au lycée. Elle me manque votre petite école. Pourtant j'avais trouvé le temps un peu long du CP au CM2. Et puis il y a eu cette dernière année : une jolie maitresse attentive à chacun d'entre nous qui savait tout faire, raconter des histoires, parler aux étoiles, jouer de la guitare et chanter. Les parents, vous le savez, suivent votre blog avec passion. Ils m'ont fait entendre une chanson que vous y avez posté. J'ai eu envie dans l'instant de me retrouver chez vous, un peu ému, le premier jour de cette année où, j'ai appris à aimer l'école.
    Apres l'agitation de l'entrée dans la classe, je m'agitais au dernier rang. Cancre patenté j'avais décidé de mettre chez vous aussi un peu de désordre. Comme dit papa je faisais le "mariole". Mes voisins riaient. Tourné face à ce public j'en remettais. Puis le silence se fit. Vous étiez derrière moi. Les autres, plus peureux, s'étaient tus. Je levais la tête. J'attendais la réprimande. Je vis d'abord un sourire, puis deux yeux bleus et j'entendis : " dis-moi, petit nouveau, tu as bien du caractère. Tant mieux, nous allons l'utiliser au mieux pour le grand bien de chacun". Elle me prit alors par la main, me conduisit à son bureau, m'y installât avec douceur. Puis elle se mît à une place au premier rang. Tout le monde s'était tu. " je t'écoute, me dit-elle, puisque tu as quelque chose à dire. Dis-le ! ". Bien sur, je n'osais pas. J'étais muet. Je me sentis mal. Elle s'en aperçut et avant que j'ai pu dire un mot, elle me prit à nouveau par la main. Je sentais juste son odeur, je voyais juste ses yeux rieurs. Elle le dit : " tu vois. Tu vas avoir un an pour apprendre à bien dire tout ce que tu as dans la tête. Il y a pour cela des mots, des phrases, des signes. Nous les verrons ensemble cette année. Mais pour cela, il faut le silence, tu comprends ?" Penaud, j'acquiesçai. . Je n'avais pas perdu la face. J'étais juste devenu son plus grand admirateur. Je me mis au premier rang.
    Aujourd'hui votre classe me manque. Je voulais vous le dire.
    Bonne rentrée.

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    1. Cher petit nouveau, tu as encore fait des progrès en expression... je suis fière de toi, et je vais te dire, très émue de ce que tu dis, à l'aube d'une nouvelle vie où je vais laisser mes chers élèves pour me consacrer pleinement à mes passions; l'écriture, la musique, le dessin et les étoiles...
      C'est vrai que tu n'étais pas un élève facile. mais ce sont ceux-là les plus passionnants (chut! ne le dis à personne) ceux dont on pense qu'on va vraiment leur apporter quelque chose, une autre vision du monde, des clés supplémentaires pour la vie...
      Je te remercie de t'être arrêté un instant à tes souvenirs d'élève et de nous en avoir fait profiter.
      Je t'embrasse.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Mine de rien ce talentueux petit nouveau dévoile des aspects de toi sous un angle inhabituel : vu de "l'extérieur" plutôt qu'à travers toi. Dans ces fragments subjectifs qui échappent à ton contrôle je perçois, avec un étonnement égal à mon plaisir, une dimension assez intime. Car derrière ton art d'enseigner transparaît l'infini respect que tu as pour tes élèves… et pour autrui en général.

      Merci petit nouveau :)

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    3. Pierre, je ne veux pas répondre à la place du petit nouveau. Un élève exceptionnel, quand même, comme on en rencontre rarement ...
      mais ce que tu dis m'émeut et je voudrais te remercier.
      Tu as raison, la base de mes relations, c'est le respect. Des idées, des sentiments, des émotions, des fonctionnements et des différences de chacun.
      Depuis peu, en dehors bien sûr de ma sphère professionnelle, j'apprends aussi à me faire respecter dans toutes ces dimensions, en élargissant ma palette de réactions à une vision plus assertive, plus affirmée de moi-même.

      Et je ne m'en porte pas plus mal.

      Je t'embrasse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  13. Le petit nouveaulundi, 23 février, 2015

    Ps : si vous avez aimé mon texte, envoyez moi un petit signe, la rentrée sera plus facile !

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    1. A ton avis ?
      Oui je sais, tu n'aimais pas que je réponde à une question par une autre question...mais c'est une déformation professionnelle...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  14. La dernière phrase de ton texte restera une question sans réponse.
    Le désert ne m'attire pas, c'est même le dernier endroit au monde où je voudrais aller mais la vie de cette femme a l'air passionnante.
    Bises et belle semaine à toi !

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    1. Il est certain que certaines questions restent sans réponse...comme des bouteilles à la mer.
      Cette femme est une sorte d'icône. Elle a eu une vie hors-norme et une mort qui le fut encore plus.
      Si elle avait été chanteuse, elle aurait pu faire partie du club des
      Twenty Seven...
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  15. Coucou Célestine,

    C'est drôle, Natty adore tes musiques et chaque fois elle regarde l'écran et écoute !

    Mais bien sûr que si tu as le droit de parler d'un livre coup de cœur et nous faire partager ton ressenti.
    J'aime ces Femmes remarquables qui ont eu une destinée pas ordinaire. J'aurais aimé en être une... Hélas...

    C'est étrange, en lisant les extraits que tu as choisis, des images du Petit Prince se sont imposées et je trouve même quelques similitudes avec la phrase proposée par Lisa : ... à propos de Arcane 17 "3 voies vers la lumière qui sait préserver la part de la nuit : liberté, art, amour".

    Tu vas encore te poser des questions au sujet de mon cheminement d'esprit ! lol !

    Pour ma part, j'adore le désert, dangereux, mystérieux, apaisant et angoissant à la fois, le murmure du sable agité par le vent est une bien belle mélodie. Comme je voudrais que tout s'apaise pour pouvoir y retourner...

    Bonne reprise, bonne semaine et gros bisous


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    1. Je citais André Breton, bien sûr ! (ce n'était pas de moi, encore hélas !)

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    2. Chère Soène, merci pour ce cheminement de pensée que j'ai parfaitement suivi, je te rassure...
      Je suis contente d'avoir une amatrice privilégiée de mes choix musicaux, en la personne de Natty. Cette sonate de Chopin est très féline, il est vrai.
      Je vais participer aux plumes, bien sûr, et me coller à mon texte même si je m'éloignerai forcément un peu de la phrase dAndré Breton qui n'est pas la même que celle que tu cites... Mystère ? ...
      Le désert d'Isabelle n'est pas celui du Petit Prince, mais c'est vrai, il y a quelques similitudes...
      Bisous ma belle yonnaise
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  16. Etrange femme quand même que cette auteure.... Aussi étrange que celle qui tient ce blog ?
    Méfie toi des Isabelles ! Celle-ci pourrait t'emporter sur des chemins de rencontres au désert qui bousculeraient encore ton être ....
    L'éternelle recherche du père idéal qui mènera cette femme au désert et à la conversion à l'Islam est étonnante. On comprend l'appel de la solitude quand on se vit rejetée par tous et de partout...
    Dieu (version Islam) comme refuge suprême ?
    solitude VRAIMENT choisie ? J'en doute... Refuge ultime probablement.... peuplée de délires mystiques, de pratiques ésotériques, de fumerie, d'apparitions dans le désert de "cavaliers de l'Apocalypse" qui l'attaquent....
    difficile d'imaginer une solitude paisible.....
    Et puis il y a quand même Slimène, son beau militaire !
    «dieu a eu pitié de moi et il a entendu mes prière : il m'a donné le compagnon idéal, tant et si ardemment désirée dans lequel ma vie j'ai toujours été incohérent et lugubre »
    Étrange femme, troublante est attachante, sentiment étrange en parcourant son histoire, celle d'une femme qui a sans cesse cherché ce qu'elle ne pouvait pas trouver, Jusqu'à la fin tragique…
    Femme disposant d'une grande capacité d'écriture, ce qui, à défaut de la sauver, lui permettra de surnager ... avant de sombrer…

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    1. Je ne sais pas ce qui bouscule mon être, dans ce que tu dis.
      Peut-être ta phrase "aussi étrange que celle qui tient ce blog"...
      J'ai soudain le sentiment d'être étrange...étrangère, même. Ou d'une autre planète. Tu écris là une chronique formidable, qui affine et complète admirablement mes balbutiements de chroniqueuse. Et mes maladresses aussi (voir le comm de Coumarine, à qui je n'ai absolument pas donné envie de lire le livre, au point qu'elle va préférer regarder la tv...lol)
      Tu en donnes une lecture très analytique, et très intéressante. Mais je me sens un peu dépossédée de mon coup de coeur. J'ai envie de te dire: Chut ! n'en dis pas trop...Comme disent les ados, ça "spoile" les lecteurs...
      Pour ce qui est de la "solitude paisible" tu as raison, et je ne crois pas en effet y avoir fait allusion. Je crois que la peur était sa compagne chaque jour.Elle n'avait rien de paisible.
      Quant à ta dernière phrase, je ne peux m'empêcher si elle est aussi pour "celle qui tient ce blog", ou si tu as laissé tomber le parallèle avant la fin de ton commentaire. :-)
      Alors oui, ça me bouscule, mais j'ai appris à (beaucoup) aimer ça. ♥

      Bises célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Quelle belle parabole pour le rapprochement entre celle qui tient ce blog et celle qui défiait le désert, l'une et l'autre embellissent la vie, elles écrivent, elles rêvent....et venant de Notre Alain X, j'y crois encore plus.

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    3. J’ai dit étrange… pas étrangère…. C’est plutôt une sorte de « compliment »… Viendrions-nous te lire si tu étais insipide et sans saveur ? Etrange comme on dit hors du commun … qui surprend l’esprit et le coeur, singulière et unique…
      Je pensais plutôt ajouter à ton coup de coeur, qui a un sens nécessairement pour toi, à cause de la question posée à la fin de ton billet. Les coups de coeur ne sont pas anodins, ils sont des « appels ». et celui du Désert est puissant. Ceux qui y sont allés ne reviennent pas indemnes, mais enrichis….

      Le dernière phrase n’est nullement pour toi ! Ce serait presque « monstrueux »… !! Je soulignais combien il semblait que son écriture, pour belle qu’elle fut, ne l’avait pas pour antant « sauvée ». Je pensais à elle en écrivant, pas à toi….. qui a des ressources puissantes et ira jusqu’au bout de son Désir….
      (je souris à la dernière phrase…)

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    4. Ah...oui oui oui... Bien sûr....envisagé sous cet Angle, comme disait Jeanne d'Arc, qui ne les aiamit pas beaucoup (les Angles) :-)))
      J'aime bien quand tu me fais d'étranges compliments très sapides.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  17. je n'ai rien lu de cette auteure
    mais les extraits que tu nous donnes à lire me montrent un écrivain qui domine surtout les descriptions. A part le paragraphe qui parle de la solitude conduisant à la liberté, elle parle peu de ressentis... mais bien sûr je peux me tromper. Or c'est ce que j'aime lire!
    Les descriptions du désert me touchent moins qu'un documentaire le mettant en image.

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    1. Ta dernière phrase me surprend de la part d'une écrivaine... Il y a effectivement dans ce livre des textes descriptifs qui, même si on peut les admirer pour leur richesse et leur beauté, vont bien au-delà du simple exercice de style, laissant peu à peu entrevoir la force avec laquelle le désert est peu à peu entré en elle, au point de faire corps avec elle. Elle est devenue, presque au sens propre, le désert.

      Je la cite:
      "« Il est des heures à part, des instants très mystérieusement privilégiés, où certaines contrées nous révèlent, en une intuition subite, leur âme, en quelque sorte leur essence propre, où nous en concevons une vision juste, unique et que des mois d’étude patiente ne sauraient plus ni compléter, ni même modifier. »
      Mais il va sans dire que ses sensations, ses ressentis sont présents, et que je ne pouvais pas recopier tous les passages qui en font état. Juger qu'elle ne domine que les descriptions à travers trois extraits me semble un peu abusif, sauf ton respect.

      mais tu as vu, je mets en garde mes lecteurs: je ne suis pas une chroniqueuse littéraire, et je n'en ai pas la prétention. Je dis simplement mon coup de coeur. En essayant de ne pas déflorer trop le livre. J'ai aimé être surprise, et ne pas savoir trop à quoi m'attendre avant de commencer la lecture. Je n'ai pas tout aimé non plus dans le livre. Ma lecture de ces écrits n'est que la mienne, une parmi tant d'autres.... Il serait trop long de disserter sur les obscures raisons qui me font aimer cette femme, sa double personnalité, son brin de folie, sa nature passionnée, sa soif d'absolu ? Son étrangeté, comme dit Alain...
      Je t'embrasse,
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  18. Le petit nouveaumardi, 24 février, 2015

    Cher monsieur Pierre,

    Une fois n'est pas coutume. Mais le sujet est important : qui connait madame Celestine ?
    Nous, qui avons eu la chance de passer par sa classe, nous la connaissons en maitresse, sûre, exigeante et si douce à la fois. Nous connaissons les mille facettes d'un savoir mélangé de tendresse dans une école qui peu à peu ne ressemblait plus que de loin à ses rêves et lui filait entre les doigts...comme le sable du désert. Vous, les adultes, hommes et femmes, vous rêvez d'elle parce que vous avez lu, dans les mots qu'elle dépose dans son blog et dans ceux de ses amis, de ces choses de grands qui sentent encore si bon le parfum de l'enfance. Elle sait réveiller en vous cette part d'innocence que la vie enlève souvent et qu'il est si dur de reconquérir.
    Vous n'avez fait qu'apercevoir ses yeux mais vous croyez qu'elle est belle. Nous, nous le savons. Vous rêvez certainement d'elle de façon bien différente de nous. Qui pourrait vous en vouloir ? Vous n'êtes que des grands...après tout. ;-)
    Mais je crois qu'elle a besoin de vous, tous, qui la lisez, pour faire vivre cette flamme.
    Mais on peut vous le dire aussi...nous les garçons, comme vous les hommes on est tous restés un peu amoureux d'elle, sachant bien toutefois qu'elle reste un impossible rêve.
    Merci de votre compliment.

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    1. Que puis-je rajouter ? D'autant que ce panégyrique est adressé à Pierre, et une fois de plus, je ne puis répondre à sa place...
      Mais merci quand même, je ne mérite pas tant d'emphase. :-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Cher petit nouveau,

      Je ne sais pas si qui que ce soit "connaît" jamais vraiment l'autre et, à l'évidence, si chacun décrivait cet autre au plus près de ce qu'il en imagine, l'être singulier qui se dessinerait serait sans aucun doute différent de ce que la personne elle-même croit connaître d'elle. Comme toute personne Dame Célestine reste donc insaisissable, changeante, aux éclats différents selon les reflets de qui est en face. Mais puisque vous parlez de "rêver" d'elle vous avez bien compris cela :)

      Ce que vous dites du parfum de l'enfance me fait prendre conscience de ce qui me plaît chez notre hôtesse : elle touche l'enfant qui est en moi. Et l'adulte aussi. Car vous savez, tout adulte que l'on soit, l'enfant demeure en nous…

      Merci

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  19. Un petit coucou pour te souhaiter une bonne reprise :-)
    Mes grands ados commencent leurs vacances :-)
    Moi j'attendrai fin avril !!!
    Je t'embrasse et bonne nuit :-)

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    1. Merci Marie. La reprise a été bonne, bien que mouvementée...
      Bonnes vacances à tes grands.
      Bisous
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  20. Merci ! je le note dans mes listes
    eva

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  21. Elle dort sous la dune à la robe de moire,
    Non loin du « ksar » aimé, sous le palmier hautain
    Dont les palmes, le soir, chantent sa jeune gloire
    Et bénissent le dieu qui fixa son Destin ;
    Car ceux-là seuls, dont l’âme a des instincts vulgaires
    Désirent de longs jours. Mais le cœur haut placé
    Ne demande au Seigneur que le temps nécessaire
    Pour transmettre, en courant, le flambeau du passé.
    Pour la remercier de sa pitié divine,
    Aux entours de sa tombe, en les soirs lumineux,
    Les pâtres accordant la flûte bédouine
    Lui diront la chanson qu’elle chanta pour eux…
    Poème sur Isabelle que je vous offre Dany de Béjaia

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.