jeudi 8 novembre 2012

Ne m'oubliez pas



Ma rencontre avec Myosotis fut une des plus jolies surprises du séjour parisien. 
Elle est belle. Beaucoup plus jolie que sur la plus jolie de ses photos. Comment vous décrire la douceur de son visage, ses traits juvéniles ayant gardé cette part d'enfance qui transparaît dans ce qu'elle écrit ? De l'émerveillement pour les petites joies quotidiennes, beaucoup d'amour pour ses enfants, une certaine candeur, de la bienveillance dans ses gestes, une silhouette de jeune fille, la même petite touche de naïveté que moi, et surtout, une grande propension au bonheur! 
Et avec ça un caractère bien trempé : tout ce que j'aime ! On se ressemble bien plus que je l'avais imaginé.
Nous nous installons dans une brasserie -so romantic, one more time !- tandis que la pluie tente une de ses rares percées en faisant luire l'asphalte derrière les vitres. Le ciel est bas comme un couvercle aurait dit le poète. Bien au chaud, bercées de chocolat et d'éclats de rires, nous discutons pendant...ce qui nous semble cinq minutes mais cela fait deux heures et demie, la matinée est déjà passée et nous allons continuer notre conversation autour d'un délicieux plat de poisson, dans ce "Bercy Village" que je vous ai déjà raconté. Elle me parle de mon livre, qu'elle a adoré, je bois du petit lait. Je lui parle de ses billets, listes de petits bonheurs à déguster comme du miel quand la vie est trop grise. Nous achetons du thé dans une boutique raffinée et somptueuse.
Elle me confie, de sa  voix calme, être plutôt une oreille qu'une bouche. Il me semble que du coup, je parle un peu trop...jusqu'à craindre de l'étourdir.
Myosotis est de ces êtres que l'on aimerait voir habiter à côté de chez soi. Pour faire de petites virées improvisées, un shopping, un théâtre. Sans trop prévoir. Mais elle est bruxelloise, huit cent quarante kilomètres nous séparent et nos rencontres, futures, forcément, seront rares, hypothétiques et obligatoirement programmées: qu'importe, elles n'en seront que plus appréciées.
Nous avons traversé le jardin du Luxembourg en riant comme deux collégiennes, loupé Soutine et ses toiles mais pas Pouchkine et son célèbre café.
En langage des fleurs, myosotis, la petite fleur bleu de lin, c'est « ne m'oubliez pas »
Crois-tu vraiment, Myosotis, que je pourrais t'oublier après une telle rencontre ? J'ai dans les mains le livre de Bobin que tu m'as offert, et cette lecture vibrante et habitée m'éblouit depuis lors.
Décidément j'aime la vie et ses fondantes surprises...
(à suivre...)

Photos 1 et 3 internet
Photo 2 Célestine

43 commentaires:

  1. Jolie rencontre :-)
    Bises, Laure
    http://suivre-mon-etoile.blogspot.fr/

    RépondreSupprimer
  2. Les rencontres donnent du sel à l'existence...et de l'épaisseur aux personnages de papier.
    Belle journée a toi

    RépondreSupprimer
  3. oh! qu'il fait plaisir à lire ce billet d'amitié...
    et tu me donnes envie de découvrir ce nouveau Bobin...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quand je suis venue te voir, elle était en Grèce, et nous l'avions beaucoup regretté. Voilà qui est réparé.
      Quant au livre, il me donne envie de découvrir ses autres livres.Tant qu'on a des envies, on est vivantes, hein Coum?

      Supprimer
  4. Tu nous donnes envie de la rencontrer nous aussi! En plus le myosotis est une de mes fleurs préférées:-)!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu peux déjà la rencontrer virtuellement en suivant son lien...

      Supprimer

  5. Normal que vous vous soyez bien entendues, elle a le nom de la couleur de tes yeux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est mieux que si elle avait les yeux de la couleur de mon nom, parce que mon nom, je le vois en rouge.(Je suis synesthésique)

      Supprimer
  6. Les rencontres IRL ont une saveur particulière!

    RépondreSupprimer
  7. "Elle me confie, de sa voix calme, être plutôt une oreille qu'une bouche"
    la sensualité de Célestine m'étonnera toujours....
    :-))

    RépondreSupprimer
  8. IRL = in real life.
    Dans la vraie vie, celle qu'on vit avec ses muscles et son estomac.
    Jolie rencontre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci du tuyau. Il faut que je progresse en Angliche si je veux aller voir ma biboune aux States l'été prochain...

      Supprimer
  9. Le myosotis et puis la rose
    Ce sont des fleurs qui disent qu'é qu'chose
    Mais pour aimer les coqu'licots
    Et n'aimer qu'ça faut être idiot....
    Comme un p'tit coqu'licot mon âme...

    Te souviens-tu de cette chanson de Mouloudji ?

    Dezzer est en carafe je n'ai pas pu mettre un lien... SNIF !

    RépondreSupprimer
  10. Oui je me souviens, très jolie chanson, tendre...

    RépondreSupprimer
  11. j'espère un jour te rencontrer, je t'inviterais dans ma 'future" longère bretonne :p :) bisous

    RépondreSupprimer
  12. Je me doutais bien que tu avais un côté très fleur bleue ! :~)

    RépondreSupprimer
  13. Je les aime ces rencontres, quand belles issues du virtuel, rares, goûtées, inoubliables ... Ici, avec une fleur ...

    Beau cadeau, que je me suis offert aussi, après avoir lu et relu presque tous les Bobin, cher à mon âme, je dois dire qu'un peu déçue ... si beau titre ...

    Douce soirée, en femme-joie ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Déçue? eh bien moi, éblouie, ça promet pour les suivants!

      Supprimer
    2. Non, je ne peux pas vraiment dire ça, j'aime Bobin mais tellement éblouie par le passé ...
      Oui, je te les conseille vivement, il y en a de si beaux ! ...

      Supprimer
  14. Chère Célestine,
    Pour avoir connu ainsi, un jour d'été, au soleil d'une terrasse de Provence le bonheur de rencontrer Célestine, je peux vous dire combien j'ai été sensible au texte de Myosotis : une douce évocation d'une femme qu'on aimerait rencontrer plus souvent. Pourtant vous savez comme je crains la rencontre entre ces deux mondes. Et je profite de ce billet, faute de vous voir plus souvent dans la vraie vie, pour vous dire que chaque fois que je passe dans ce village de Provence, je revis ce moment comme un doux moment du passé, de ces moments qui semble intemporels.
    je vous souhaite une très bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans la vraie vie, ma copine Berthoise m'a appris qu'il fallait dire IRL (In Real Life) Pour ma part, je ne fais aucune différence entre la vraie et celle que je me refuse à appeler "fausse vie". Les sensations, les sentiments, le coeur qui bat, ce sont bien des symptômes de la "vraie" vie qui coule en nous comme un torrent, non?
      Alors, il ne faut pas craindre la rencontre entre deux mondes, puisqu'en fait il n'y en a qu'un. Lire ce que quelqu'un écrit sur son blog, c'est un peu comme apercevoir une silhouette derrière la vitre d'un restaurant. Qu'est ce qui nous empêche d'avoir envie d'ouvrir la porte et d'aller lui parler? C'est souvent comme cela que commencent les plus belles histoires. Heureusement, certains audacieux le font...Sinon le monde serait bien triste.
      Belle soirée Monsieur Jacques. Contente de vous voir.

      Supprimer
  15. oups "qui semblent intemporels

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous faites bien de corriger vos fautes avant que la maîtresse qui sommeillent en moi vous fassent les gros yeux. ;)

      Supprimer
  16. va voir mon site, j'ai mis les liens pour la journée de la gentillesse du 13 novembre, tu y trouveras un kit pédagogique super intéressant à travailler avec les élèves ! :) bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour le lien. C'est vrai que la gentillesse est une vertu à cultiver de nos jours!

      Supprimer
    2. Ca y est, j'ai téléchargé le kit pédagogique et partagé le lien sur FB. :-)))

      Supprimer
  17. Oh que tu es enthousiaste de ces extraordinaires tout simples de la vie! Je suis assez comme toi je dois dire, et au fond, si ce n'est pas dans ces choses magiques comme des rencontres parfaites et des découvertes culinaires, musicales, culturelles ou touristiques que l'on trouve le piment de la vie... quand décrispera-t-on l'humeur?

    J'aurais voulu vous voir, tiens! ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je suis enthousiasmée par les cadeaux de l'existence. Pour moi, l'humeur est au beau fixe et pas du tout crispée.Mais il paraîtrait que je sois une extra-terrestre...Tu aurais pu être là, c'est vrai, tu aurais aimé tous les lieux visités, et parler de tout avec ta jolie compatriote.Un jour, peut-être, à BXL...

      Supprimer
  18. La vie est faite de rencontres, c'est mon credo de chez credo !
    Craintive et peut être trop réaliste ou fataliste, je trouve que derriere internet il y a souvent de vilaines choses mais quand la toile est à l'origine de rencontres pareilles, alors là j'applaudis !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a de vilaines choses partout mais on peut faire le choix de ne pas les regarder. Cela ne veut pas dire ne pas les voir, s'enfermer dans une espèce de niaiserie béate, mais cela veut sire ne pas leur donner plus d'importance qu'elles n'en ont. Derrière internet, comme dans tout lieu humain, il y a des gens extraordinaires. Et dans le monde des blogs, par le jeu des affinités, on peut même dire que la proportion est plus grande, et les risques de se leurrer bien moindres...

      Supprimer
  19. Le dire avec des fleurs... La version botanique du voile rose :-). Et quand le bleu et le rose se mélangent, cela donne une jolie couleur parme du plus bel effet. Moi aussi, la promenade bras dessus bras dessous sous le parapluie dans les flaques du jardin des Tuileries m'a fait oublié notre âge respectable :-). C'était un joli moment et on recommencera, c'est sûr, c'est à ça que sert Paris aussi....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La magie de Paris sous la pluie... Oui c'était tout à fait ça. Une grande gomme pour effacer les rides.Mieux qu'un lifting!

      Supprimer
  20. Vous me réservez une chaise , les filles?
    Moi ai planté des myosotis en expliquant l'origine à mes petits loups ,
    moi qui aime tant Christian Bobin!!!

    RépondreSupprimer
  21. Comme c'est beau :"tandis que la pluie tente une de ses rares percées en faisant luire l'asphalte derrière les vitres".
    Tu chantes quand tu décris, c'est l'amour qui gambille et qui danse.
    Nous avons traversé le jardin du Luxembourg en riant comme deux collégiennes...
    Oui, c'est beau!
    Bisou la Céleste

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est facile de bien écrire quand on est inspiré par un être de lumière...
      J'ai hâte de la revoir.
      ¸¸.•*¨*• ☆

      Supprimer

Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.