dimanche 23 septembre 2012

Des graines au vent

Mon week end a ressemblé à ces fleurs duveteuses sur lesquelles on souffle : des petits bouts de rien, des petits bouts de bonheur. Disséminés au vent comme des graines de pissenlit.

D'abord ma fille unique et préférée qui a débarqué par surprise mercredi soir alors que je ne l'attendais que pour le weekend. La dernière fois, c'était le 4 août.. Que d'émotion!  Ma fille solaire, douce et obstinée, avec de temps en temps des éclats de bouillonnement qui me rappellent vaguement quelqu'un...Pour tout vous dire je me retrouve beaucoup en elle.
 Ma fille et ses petits attirails créatifs, rubans, tulle, plumes, toujours une soirée en perspective, ou un déguisement original à confectionner. Elle sera  superbe en...chut, je n'ai pas le droit de le dire!  pour sa soirée à thème "Cinéma".  Ma fille future ingénieur(e?) en génie biologique, scientifique et pourtant tellement sensible et artiste...
Soirées délicieuses, chocolat chaud, canapé moelleux, films que l'on loue. Du bonheur à la demande. Séance coiffure maison, où elle me confie le champ de blé qui lui sert de chevelure pour une coupe " des pointes, hein maman, seulement des pointes!"
Petits déjeuners câlins complices sur la terrasse, un temps d'une douceur extrême, et samedi matin, nous voilà parties en ville. Après les magasins de chaussures en quête de la paire de bottines pour premières pluies qui s'annoncent, nous arpentons le marché du samedi, le poulet rôti parfume le sac, les tomates s'arrondissent de plaisir, les rencontres sont plaisantes, les terrasses de café bruissent au soleil. Ah quel relief les choses prennent-elles soudain, quand on est entre filles! J'aurais voulu que ces heures ne s'arrêtent jamais.

Le repas de midi nous a donné un beau fou-rire, quand, interrogé par sa grande soeur, le Zado nous a donné son premier sentiment sur la philo. Ayant découvert Platon et sa caverne, mon grand sifflet nous assène avec la prodigieuse assurance de son âge: "on dira ce qu'on voudra, ils étaient quand même bien chargés, les philosophes! Je me demande qu'est-ce qu'il fumait, Platon, pour inventer un truc pareil!"

J'ai une pensée émue pour mon amie Zenondelle, qui a la délicate mission d'éveiller de jeunes esprits à la philosophie... 
Et les heures ont passé, tendres et belles, jusqu'au départ, tout à l'heure. Et à l'inévitable retour sur terre. Les choses sont bien ordonnées. Les enfants ne sont pétris de nous-mêmes que pour mieux s'en aller.
Le coeur d'une mère se déchire toujours un peu. Elle hésite: laisser parler ses sentiments, ses ressentis, ne pas nier ce pincement léger, ce picotement de l'oeil, ou bien se dire que c'est bien ainsi, et enfouir sa nostalgie pour ne pas culpabiliser l'enfant et l'aider à grandir. Pour ne pas être abusive. 
Alors je choisis de sourire en évoquant avec vous mes petits serrements de coeur, et je ramasse une à une les petites graines de pissenlit qui traînent encore dans la maison.


38 commentaires:

  1. Du "pisse au lit" au pissenlit, juste l'espace d'un léger souffle de vent... Il faut en profiter par tous les pores ! :~)

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  2. ça fait rêver, de pouvoir passer de tels moments...

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  3. Ceci me fait souvenir d'une interview de Juliette Greco où elle déclarait "Les scientifiques sont souvent de grands poètes". Alors...

    Autre chose : tu connais toi aussi Zenondelle (et bien mieux que moi apparemment), c'est bien la fille qui a une sorte de théâtre dans sa cave, non ?
    Je crois aussi me rappeler que tu serais la soeur de la propriétaire du petit singe vert... Je ne te connaissais pourtant pas quand je les ai croisées.
    Quel monde étrange que le web...

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  4. Ah c'est malin, je pleure maintenant.... :-) Ce billet tombe juste au moment où pour la première fois dimanche soir, ils ont tous quitté le nid. Sensation très très douce-amère et chacune de tes petites phrases résonnent aujourd'hui avec une acuité très particulière.

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  5. Célestine
    J'aime lorsque c'est le cœur d'une maman qui parle :-))
    Bonne semaine
    Bisous, Laure
    http://ptitesphotosdelolo.blogspot.fr/

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  6. Tout cela ne se calcule pas , ça se vit , les liens d'une mère et sa fille , tissés au fil des ans , complicités , tendresse , amour
    Je connais ça , ça peut énerver ,agacer , j'en ai entendu des choses à ce sujet
    et pourtant , nos filles vivent leur vie , et nous vivons la notre
    fières et heureuses des retrouvailles
    J'ai pris un billet de retour pour Bruxelles le lundi matin pour éviter le départ du dimanche soir
    Elle redeviendra ta fille , quel beau parcours

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  7. Juste un mot pour dire que j'ai adoré les tomates qui s'arrondissent de plaisir...

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  8. C'est aussi ça la vie, aimer ses enfants au point de les laisser s'envoler....
    Volare... Cantare.

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  9. ANDIAMO si, si va bene!

    PATRIARCH tu veux dire que toi aussi, tu te fabriquais des tutus avec du tulle et des plumes?

    MIND THE GAP C'est très sensuel une tomate, c'est vrai. j'adore!

    JEANNE Je sais qu'elle est heureuse, et cela efface tous les pincements au coeur...

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  10. LAURE Oui, et pour ce qui est du cœur d'une maman, tu n'as rien à m'envier...tu trouveras ta fille délicieuse toute ta vie. Même quand elle aura perdu ses joues d'enfant et son innocence, et qu'elle sera devenue une jeune femme splendide. Tu te diras émerveillée: c'est ma fille...

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  11. MYOSOTIS et bizarrement, ce matin, par une subtile synchronicité, les chroniqueurs littéraires de l'émission télématin ont présenté un livre qui vient de sortir et qui s'appelle "Le jour où les enfants s'en vont" ou le syndrome du nid vide...Tu peux retrouver la chronique en suivant ce lien:

    http://telematin.france2.fr/index-fr.php?page=chronique&id_article=40385

    Sèche tes larmes ma douce!

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  12. WALRUS je ne vois pas de quoi tu veux parler...il y a aussi des rumeurs sur le web, comme dans la vraie vie! ;)

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  13. ADRIENNE ça aide à passer les moments plus gris: on allume la boîte à souvenirs ou à projets, et le soleil revient...

    TANT BOURRIN très juste! la vie est un vol de choses légères qu'il faut attraper avant qu'elles aillent se poser ailleurs...

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  14. ^__^ : je comprends mieux après cette lecture pourquoi il était si beau, ce papillon.

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  15. Comme je te comprends.. Passer les dimanches avec mon fils est pour moi un enchantement inégalable.. :)

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  16. BERTHOISE oui, je sais que ta poulette représente beaucoup pour toi, comme la mienne...

    JANE heureuse de te voir par ici.J'espère que vous allez bien tous les deux...

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  17. Laisser s'envoler ces beaux moments permet à d'autres d'en prendre connaissance et, qui sait, de leur donner envie d'en vivre aussi, tout près de chez eux, en eux peut-être ?....
    Bonne soirée.

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  18. Une belle journée avec la surprise de retrouvailles inattendues. Racontée avec verve et talent. Amitiés. HenriD

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  19. HENRI merci de cette fidélité à mes écrits, cher Henri... je suis touchée à chaque fois par de si beaux compliments.

    BONHEUR DU JOUR mon bonheur du jour à moi, c'est de lire chaque jour les petits grains de sel posés par mes lecteurs, amis de la toile qui me sont devenus si chers.Merci!

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  20. Un bonheur sans mélange que de partager des instants avec ses enfants, devenus adultes, et ... ses petits enfants !
    Je connais ça, allez, mais je n'ai pas ton talent pour l'écrire !!

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  21. C'est très beau Célestine, des bouts de vie, d'amour, de bonheur tenu dans l'âme, hein ... et je m retrouve tellement dans tes mots, je pense à ma petite coccinelle qui vient de quitter le nid pour suivre ses études ...

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  22. De grandes petites choses délicieuses savourées une à une... et revisitées déjà dans ton livre de souvenirs parfaits...

    C'est charmant de te lire...

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  23. "Les enfants ne sont pétris de nous-mêmes que pour mieux s'en aller."
    C'est la loi de la vie... ils doivent s'en aller, sinon ils "pourrissent" sur place
    Bien sûr ces départs éveillent des nostalgies, parfois de vrais chagrins... mais quand ils reviennent, que de choses on a à se partager...et c'est bon!

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  24. Ah greuhhh... je déteste l'Allégorie de la caverne ...
    je t'embrasse

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  25. ZENONDELLE moi aussi! je suis claustrophobe...

    COUMARINE Tu as raison bien sûr! aucune envie de me retrouver avec des "tanguy" qui restent à la maison jusqu'à trente-cinq ans...Juste un petit serrement de coeur au moment du départ, comme toute rupture qui nous met toujours peu ou prou devant notre finitude...

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  26. EDMEE Revisitées...tu veux dire que je radote? oui, cela ne m'étonnerait pas, les mères sont toujours un peu gâteuses quand elles parlent de leur progéniture... ;-)

    VERONICA j'ai vu que j'étais dans tes liens favoris, c'est très gentil. J'aime beaucoup la façon dont tu appelles ta fille: c'est joli, "ma coccinelle"...

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  27. ANTIBLUES tu as bien d'autres talents, dont celui de me faire sourire quotidiennement (enfin, quand tu n'es pas en vacances sur ton yacht...)

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  28. Bonjour Célestine,

    Rien n'est plus difficile que d'écrire avec tant de cœur les bonheurs simples. Je suis au quotidien votre blog silencieusement et m'y émerveille. Toutes mes félicitations.

    Cordialement.

    ps :
    a) nous avons dû être nombreux à fredonner "le 22/9". Outre la musique parfaite, ce poème touche en plein cœur, tout auréolé du sibyllin dernier vers...
    Allez savoir si l'on oublie véritablement. 20 ans après, on s'aperçoit petit à petit que notre œil a séché certes, on sourit même, l'oppression semble avoir désormais quitté notre poitrine, nos yeux brouillés de petites larmes ont séché (on peut se remettre à goûter aux œufs brouillés (!) du matin)...
    "et pourtant c'est triste d'être triste sans" lui ou elle...
    b) superbe "les tomates s'arrondissent de plaisir". Elles auraient pu aussi en rougir...;-)

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  29. JANE c'est cool, la vie, rien n'est jamais grave, ni définitif, à part la mort (et encore...ça reste à prouver!)

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  30. NUAGE NEUF quel merveilleux commentaire vous me faites, cher ami! Oui, c'est tout à fait vrai: la phrase de la fin de cette chanson est très belle mais terrible. Je ne l'ai pas écrite, car pour moi, il est clair qu'une certaine personne m'a fait terriblement souffrir, et c'était une façon de lui dire (indirectement bien sûr, car je ne pense pas qu'elle lise mon blog) que j'avais réussi, sinon à l'oublier, du moins à ne plus pleurer, et à tourner la page. Je ne voulais pas rajouter que c'est triste de ne plus être triste sans elle...je crains que ce ne soit vrai.

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  31. Il est vrai que la joie de voir nos enfants libres et autonomes s'enrobe un peu de nostalgie à chaque départ, j'en sais quelque chose!!

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  32. En lisant tes mots, je me dis que j'ai encore du temps devant moi avant qu'elle ne s'en aille...
    Je me dis aussi, qu'il serait urgent, aussi, que je profite plus de ce temps qui est là, devant moi, pour être avec elle... plutôt que d'en passer autant dans le bureau ! Ce n'est pas 10 ans qu'il faudra regretter !
    Merci pour la douceur de tes jolis mots !

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  33. J'en ai beaucoup profité, de mes enfants, c'est pourquoi je n'ai aucun regret. J'ai toujours privilégié la relation avec eux, et je ne les ai jamais sacrifiés à mon travail. Mais quand il s'en vont, ça fait drôle. Il faut réapprendre à vivre comme avant.

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  34. ils en ont de la chance tes "petits" de t´avoir comme mamamn...
    besitos andaluces

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  35. LUYSY bienvenue chez moi, je t'ajoute à mon totem!

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.