vendredi 17 janvier 2014

Beethoven et moi

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Chez 
Asphodèle, cette semaine, on jette le Masque.
Ma part lumineuse m'a inspiré un souvenir doux et poli par le temps, et mon côté obscur de la force, un coup de gueule libérateur.
Je ne puis me résoudre à choisir, faites-le pour moi, si le coeur vous en dit.


Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.


Il est des événements qui marquent à jamais, à l'âge où le mystère de la comédie humaine n'est pas encore celé, où tout est possible, où l'on porte un regard candide sur le chant du monde, sans hypocrisie, sans mensonge et sans camouflage.
Je découvre Beethoven un soir où mes parents m'emmènent au concert pour la première fois.
J'ai dix ans.
Il me semble d'abord que mes yeux et mes oreilles ne seront jamais assez grands pour y faire tout entrer. Les statues d'argile ou d' albâtre, le rouge sang du rideau vénitien, la discrète usure des fauteuils. Chaque spectateur me semble déguisé. Mais non, ce sont là les costumes habituels d'une soirée de concert. Le froissement de soie des robes jaunes, grèges, bleu de lin, une farandole de chapeaux à plumes ou pailletés d'argent, les gants crème, les fracs anthracite, il ne manque que les hauts-de-forme et les visages dissimulés sous des voilettes...
Et je savoure ce murmure inimitable d'une foule initiée qui attend, et qui sait que la musique donne un sens aux choses. Un murmure chaud et fascinant.
L'odeur chaude de la cire des candélabres embaume. Le bal de mes bouillantes sensations ne fait que commencer.
Les instruments s'accordent, je ris des grimaces des joueurs de hautbois qui prennent en bouche leur instrument, et de l'apparition allégorique du chef, légèrement échevelé comme s'il voulait ressembler à Beethoven en personne. Soudain, un fracas unique de sons, d'or et de lumière déferle sur mon jeune coeur. Je me rappelle très bien, à ce moment-là, ce sentiment qui étrangle ma gorge quand les rugissements fiévreux de la symphonie éclatent à mon oreille comme une armée en marche.
Durant deux heures, je flotte dans une sorte de bulle d'irréalité.Et jusqu'à la dernière note, je perçois, intimidée,  toutes ces respirations suspendues miraculeusement en l'air comme un point d'orgue, retenues et unies dans le même amour tremblant de la Musique.Avant que n'éclatent les salves d'applaudissements, comme une déferlante de reconnaissance.
Une émotion indicible qui, encore aujourd'hui, m'émeut aux larmes, bien plus qu'un gâteau trempé dans du thé.




***




Il vous aura peut-être échappé que je ne suis plus tout à fait moi-même ces derniers temps. C'est sans doute que je ne sais plus vraiment qui est ce « moi-même » dont tout le monde parle. Je m'essouffle, je me cherche, je me cours après. Je sais qu'on grandit toute sa vie, par mues successives, mais ça me surprend toujours quand ça arrive...
Je suis en pleine mue. Je sens que je suis en train d'extirper mon corps de cette peau devenue exiguë, membre après membre. Déjà mes jambes et mes bras brassent un air neuf, un air que mes poumons aspirent goulûment. Seule ma tête reste encore prisonnière, mais il est temps que le carcan éclate. J'ai envie d'autre chose. De chasser l'usure pour repartir vers ailleurs. D'une plume résolue. Je me lasse des jeux de rôles, de l'hypocrisie nécessaire, du self-control, des mensonges, des camouflages. J'en ai marre de dissimuler mes sentiments, de déguiser ma peine, de cultiver le mystère, de jouer la comédie, de farder mon visage, de cacher mes larmes. Marre du clinquant, du pailleté, du lamé des médias qui médisent. Marre de rire jaune, des sourires-grimaces, de passer de la crème à des gens qui me blessent, d'embaumer les cadavres de mes illusions perdues, et de briser mes pieds d'argile au grand bal des faux-culs. Une farandole de masques vénitiens celés comme des momies dans des sarcophages, une armée de culs-pincés et de bien-pensants...J'ai envie de vrai, j'ai envie de pur, d'unir le beau à l'agréable, et d'être unique et libre et de poser mon cœur sur la table pour le regarder battre. 
Comme ça.  En écoutant Beethoven. Qui était sourd, à ce qu'on dit...




90 commentaires:

  1. Wouaouh !
    Les mots que tu écris résonnent comme une symphonie du cœur.

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    1. Merci Ep' avec Beethoven, pas de danger que je m'égare sur une faute de goût...
      J'aime particulièrement ce mouvement du concerto n°5.
      Il est repris dans la BO du Discours d'un roi. Somptueux.

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    2. Toi aussi, tu as été émue par Colin Firth dans ce rôle majestueux ? Colin Firth et Beethoven: deux valeurs sûres!

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    3. Très émue, c'est un film fabuleux. Et quelle performance d'acteur. Le rôle du professeur m'a subjuguée.

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  2. Ma préférence va au second, que je sens plus "vrai" et en tout cas plus contemporain, plus en phase avec ton état du moment. Mais les deux sont très bien écrits, cela va sans dire :)

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    1. Je suis percée à jour. J'avoue qu'il y a une bonne dose de vérité dans le second.Je me trouve à flotter un peu en ce moment, mais la vie m'a appris que ces moments-là débouchent toujours sur un mieux, aussi ne m'inquiété-je point outre mesure...

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  3. J'aime particulièrement ton second texte, il brille par sa clarté, il élude les camouflages,il s'appelle "liberté"
    Etre libre, c'est s'accaparer son soi sans fioriture mais avec fantaisie!
    Pour ton premier texte: J'aime ton regard d'Alice au pays des merveilles!

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    1. Cette liberté a un prix, ce sont ces périodes de balbutiement, où je tâtonne.
      J'ai failli arrêter mon blog la semaine dernière, pour tout te dire. mais j'aime trop mes lecteurs pour ça.
      Alice? Tu ne crois pas si bien dire. D'ailleurs, si tu as l'occasion d'aller voir mes croquis, tu auras remarqué que le lapin blanc n'est pas un personnage secondaire...
      Alice est en moi, tout comme Zazie dans le métro ou Amélie Poulain, mais aussi Fifi Brindacier et Fantômette. Des héroïnes à la fois espiègles, effrontées et naïves. Tout moi, quoi.
      Bises

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  4. J'aime le deuxième... plus profond et qu'on sent sincère... bon courage pour cette métamorphose ci... depuis peu j'ai compris ça... laissons nous bercer un peu par le creux de la vague, et puis on reverra la crête un peu plus tard, finalement rien de pire qu'une mer d'huile... Ravie que tu n'aies pas arrêté ton blog, c'est un si beau partage. Allez, édite tes cartes ;-) !

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    1. Merci de tes encouragements, Anne. Etant dans un creux de vague, je mesure l'immensité de ce qui me reste à parcourir pour qu'un éditeur s'intéresse à mes petits croquis. Je nage en plein doute, je sais que cela va passer, mais en attendant, je n'ai plus aucune confiance en mes capacités, et dernièrement j'ai vraiment fait une crise de "bloguite" aiguë. Je pensais ne plus intéresser personne, tourner en boucle, ne pas me renouveler, et puis tes mots, vos mots à tous qui me font beaucoup de bien, et me redonnent courage.

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    2. Toi seule peut sentir ton chemin... mais il y a plein de façons maintenant pour éditer à peu de frais artisanalement, vendre via le web... j'attends... je guette... Tu as vraiment du talent - ou plutôt plein de talents. Et vu l'énergie qui transparait dans tes pages, et l'amour aussi, je suis sûre que tu trouveras ton chemin pour sortir de ce creux qui comme tu le dis toi même précède souvent une période d'épanouissement et de transformation positive. Bon courage et à bientôt ici ou ailleurs.

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    3. Merci, Anne, je me nourris de ces mots d'espoir vraiment très gentils.

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  5. Ma première visite de ces Plumes est pour toi !

    Et bien Célestine, tu souffles le chaud et le froid, dis-moi !
    Je ne serai pas capable d'écouter Beethoven pendant 2 heures mais j'aime entendre l'hymne européen.
    Tu peux bien t'évertuer à changer le monde, il y aura toujours des faux-culs, des tricheurs, des ambitieux, etc.
    Tu sais aussi que dans ce monde bloguesque, comme dans la vraie vie, tout n'est pas bon à dire, tout est aseptisé. C'est ainsi, on aura beau faire et beau dire, on subira ou on lâchera prise... La perfection n'est pas de ce monde.

    Je dis toujours que pour comparer, il faut des choses comparables. Tes deux textes sont tellement différents qu'il ne m'est pas possible de choisir.
    Je préfère cependant me laisser aller dans le monde de Alice et de son lapin blanc.

    "Rêver c'est le bonheur, attendre c'est la vie"

    Je n'ai pas encore pris le temps de te souhaiter, dans ton espace, une Belle Année 2014.
    Bises de Lyon

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    1. Quelle joie de savoir que je suis ta première lecture ce matin. Pour le chaud et le froid, tu te souviens de mon billet "Omelette norvégienne" Je suis comme ça, fantasque et contradictoire, umineuse et sombre. Qu'y puis-je à part tenter de m'accepter comme je suis, et surtout de ne pas trop faire souffrir les autres de mon caractère...
      Tu sais,il y a belle lurette que je ne cherche plus à changer le monde...Ni même me changer: juste évoluer au fil de l'eau et du temps qui passe...
      Moi je pense que l'on peut tout dire mais en y mettant les formes. Le politiquement correct et la pensée unique ne sont pas ma tasse de thé, comme tu le sais. Chacun peut penser ce qu'il veut dans la limite du respect des autres.
      Je suis contente que tu aimes ma part d'enfance. Et moi aussi, je te souhaite une année merveilleuse, pour toi dont le monde personnel va quand même subir un gros changement!
      Et je t'embrasse affectueusement.

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  6. Les deux textes : un coup de cœur... Un coup de gueule : Mais c'est la même affaire, ce sont les reflets de ton âme, un jour coquelicot, un jour cigüe !
    Magnifique grazie mille !

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    1. Un jour coquelicot, un jour ciguë. C'est bien trouvé!
      C'est sans doute pour cela que la plupart du temps, j'écris des "coqueciguës".

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  7. Il est grand temps que tu ailles dormir chez la Dame de Haute Savoie !! ;)

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    1. Oui, c'est mieux que de se jeter sur le premier Jésus-Christ qui passe...
      ^_^

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  8. Je les ai aimés tous les deux, ces textes si beaux. Le premier était comme le savant travelling d'un metteur en scène esthète qui nous ferait rêver sur tous ces reliefs de robes, velours de rideaux ou fauteuils, cire fondante, soie des instruments rutilants. Et puis le second, vrai, tu secoues la coque dans laquelle tu es emprise. Une nouvelle naissance s'amorce, vis-la bien! :-)

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    1. Je vais suivre ton conseil, Edmée, essayer de bien vivre ce fourmillement dans les pieds...
      J'avoue que le boulot administratif me pèse, et que j'ai de plus en plus de mal à trouver mon chemin dans les nouvelles directions que prennent ce métier. Il y a aussi des choses à gérer dans ma vie priver, et notamment le départ des enfants. bref, écrire me procure bien du plaisir et cela, c'est déjà énorme.
      Je t'embrasse Edmée.

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  9. Aussi différents l'un que l'autre, difficile de faire un choix mais je ne suis pas là pour ça. Souvenirs et coups de gueule, le tout sur un Adagio, je rends grâce à ton talent. Il est tout aussi bon de conserver ses souvenirs que de pousser ses coups de gueule,je généralise bien sûr, loin de moi l'idée que ces textes soient forcément autobiographiques. Bon je me tais puisque l'Adagio est fini, je pars en catimini.

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    1. Jean Charles, c'est toujours un plaisir ces plumes...je n'ai pas tenu ma promesse de la dernière fois, d'aller te visiter plus souvent...quelle inconstance de ma part!
      je vais te confier quelque chose: mes textes sont toujours autobiographiques, de près ou de loin. Je les écris avec mes tripes. Ce doit être pour cela...
      merci de ton passage.

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    2. Je regarderai tes textes d'un autre œil ;-) donc ton opus serait autobiographique !
      Tenir ses promesses n'est pas toujours facile et parfois il y a un décalage entre l'envie et l'action mais peu importe pourvu que tu viennes de temps en temps. :D

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    3. Un oeil neuf? C'est tout ce dont j'ai besoin en ce moment. Bienvenue dans mes pages...

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  10. Ma préférence va au premier parce que j'aime cet émerveillement pour ce moment comme suspendu dans le temps. Tu en parles avec tant de délicatesse et de poésie que c'est un ravissement de te lire. La 2ème version est plus personnelle, tu te livres à nu, et ce coup de gueule me renvoie probablement à des choses trop douloureuses. Cela dit, je suppose que c'est une libération et j'espère qu'il te permettra d'aller de l'avant et de rester telle que tu es...

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    1. "Aller de l'avant et rester telle que je suis" c'est une phrase formidable, ça! Pour un formidable défi: rester soi-même tout en évoluant. pas facile! Chercher au fond de soi ses désirs profonds, essayer de comprendre cette inconnue qui sommeille en soi. Le programme d'une vie. Désolée d'avoir, peut-être, ranimé des souvenirs douloureux.
      C'est en tous cas pour ce genre d'échange que j'ai envie de continuer l'aventure du blog.

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  11. Les deux textes ne sont pas comparables et on ne peut pas choisir pour toi, tu le sais bien, donc on lit les deux ! :) Et ils sont beaux tous les deux chacun dans leur genre ! J'aime la Célestine qui s'émerveille de ses yeux d'enfant et transmet des souvenirs illuminés mais je préfère la Célestine qui est "vraie", qui dit ses forces et ses faiblesses. Est-ce un monde pour les enfants et les contes de fée le monde dans lequel nous vivons ? Non, alors il faut faire en sorte de s'inventer des contes chaque jour pour ne pas pleurer ! Beethoven était sourd mais il "entendait" la musique, alors toi écoute ce que te dit ton coeur, il ne ment pas ! ;) Des bises♥

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    1. Oui, le plus délicat pour moi, c'est de parvenir à faire cohabiter ces deux Célestine, la terrienne et la céleste, la femme et l'enfant, la directrice d'école et l'institutrice rêveuse.
      Et chacune des deux a un grand besoin d'amour et de reconnaissance, j'en suis consciente.mais que celui qui peut se targuer de n'en avoir pas besoin lui jette la première pierre.
      J'écouterai ce que me dit mon coeur, il ne m'a jamais trompé, l'ami.
      Et toi, je t'embrasse et je ne te remercierai jamais assez de ton merveilleux défi d'écriture qui me permet de dire tant de choses d'aussi belle façon.♥

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  12. Une première partie mélodieuse , une seconde un peu plus dure mais les deux donnent un beau texte.

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    1. Les deux pôles de la vie, qui est parfois dure, et qui souvent me chante...

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  13. J'ai choisi de ne pas choisir et te prends toute entière avec un léger penchant pour ****. Quoiqu'il en soit chez toi le violon a toujours une âme et l'hymne est souvent à la joie. Je t'embrasse.

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    1. Je dis souvent à mon entourage que je suis à prendre ou à laisser... (ça c'est quand je suis énervée!)
      que tu me prennes toute entière (sans mauvais jeu de mots) cela me ravit le coeur. Ainsi, je culpabilise un peu moins d'être aussi...changeante!

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  14. Le concert transporte, la mue transforme. Deux écrits qui expriment force et sensibilité, et qui ne laissent pas indifférents. Je suis contente que tu n'ai pas lâché cet espace, car tes mots se boivent comme une nourriture pour l'âme, et ont touché profondément la mienne.

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    1. Quel compliment plus beau et plus sincère peut-on rêver, lorsque l'on offre son écriture comme un cadeau? Mes mots, c'est ce que j'ai de mieux à donner, aussi, je suis très touchée de ce que tu me dis aujourd'hui.

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  15. Elle avait posé son cœur sur la table. Elle le regardait battre. Curieusement il battait au rythme de la symphonie qu'elle entendait. L'homme vint. Il prit le cœur entre ses mains. Le caressa puis l'embrassa. Le cœur se rétracta de plaisir. Il était devenu si petit qu'il le déposa sur ses lèvres. Tâche rouge entre deux étoiles bleues. Le cœur devenu lèvres s'entrouvrir alors. Il y appliqua ses propres lèvres. Le temps cessa, la musique se tut et, seul, un petit lapin pourrait dire ce qu'il advint alors de ces deux corps étendus.
    Le petit lapin sous la lune.

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    1. Oui, qui peut le dire? demanda Ophélie en écho. Car le mystère du monde est total et aussi opaque qu'une nuit sans lune. Pourtant , de petites lumières brillent sur le chemin, et la promesse d'une étoile est comme le premier rayon de soleil après la brume de l'aube.

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    2. Et moi donc !
      Hscb

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  16. Ah, Cel quel bonheur de revenir et de découvrir ton deuxième texte qui est magnifique. C'est comme ça qu'on t'aime, fougueuse et rêveuse à la fois, perdant quelques illusions pour en déterrer mille autres... Et quel bon choix que ce Concerto, bravo!

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    1. Tu ne saurais me faire plus beau cadeau que d'être là, car dans quelques semaines, le cinq février exactement, cela m'aurait fait drôle que tu ne fusses pas là. Je fêterai alors un événement très important dans lequel tu auras une place de reine.
      "Perdant quelques illusions pour en déterrer mille autres..." c'est beau.

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    2. Trouvé! Comment va le Titipu? Se fait-il rincer sous la pluie?

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    3. Hé hé fine mouche...tu seras là hein? D'ici la chut! Mystère et boule de bois.

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  17. Je viens de me régaler en lisant un souvenir d'enfance transportant toute entière une enfant de 10 ans. Beethoven, ce musicien hors pair, fougueux et plein de contradictions, romantique à souhait et ayant perdu l'ouïe est parmi mes préférés. Toutes ses symphonies nous font tremblés ......d'émotions.
    J'apprécie beaucoup le deuxième texte car effectivement, tout au long d'une vie, on mue, on change de peau, et notre esprit évolue sans cesse. J'ai l'impression de me retrouver quelques années en arrière et je continue d'évoluer. Faire partie des moutons n'est pas ma tasse de thé. Composer sans cesse au lieu d'être naturelle m'exaspère, l'hypocrisie, le mensonge, je les envoie au diable. J'ai soif de calme, de paix et de sérénité et moi aussi J'ai envie de vrai, j'ai envie de pur, d'unir le beau à l'agréable, et d'être unique et libre et de poser mon cœur sur la table pour le regarder battre. Surtout ne laissez pas votre blog. Je viens de le découvrir. Il est riche d'enseignement et agréable à lire. Alors, laissez votre plume parler de vos pensées et de vos émotions et même si c'est virtuel, les échanges qui se font ici ne sont que positifs.






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    1. Je suis heureuse de t'avoir régalée avec un de ces souvenirs, qui fait partie de ce que j'appelle "mes fondamentaux", quelques événements fondateurs de mon existence, qui ont influencé durablement ma vie de femme. Mon goût de la musique vient sans doute de ce que mes parents, qui n'étaient pas musiciens, n'en étaient pas moins mélomanes.
      Quant à laisser mon blog...l'idée effleure tous les "vieux" blogueurs un jour ou l'autre. mais les lecteurs nous tiennent en haleine.

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  18. Je lirai les commentaires plus tard....
    Il n'y a pas photo, Si les deux textes te correspondent bien, le deuxième est, actualité oblige(?), beaucoup plus prenant, plus fort.
    C'est un autre mûrissement. Il y eu l'éveil à la musique et la culture, c'est maintenant un besoin de briser les carcans pour aller dans l'inconnu insondable. Ah Céleste, c'est beau les étoiles. Ce sont les seules limites acceptables puisqu'on ne les atteindra jamais... Sauf, pour quelques heureux, la planète du Petit Prince.
    Ti bacio

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    1. Je pense que l'année 2013 m'a donné pas mal de baffes. Certaines m'ont fait plus mal que d'autres. Mais d'une manière générale, ce qui ne nous tue pas dit-on...
      Aussi, qu'est-ce que je vais être forte!
      Molto baci caro

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  19. Coucou Célestine ;-)
    Une petite préférence pour ton premier texte où on devine que la petite fille d'hier n'est jamais très loin de la femme d'aujourd'hui (et c'est tant mieux )
    Le deuxième m'a un peu inquiété surtout la partie "poser mon cœur sur la table pour le regarder battre." et m'a fait penser au film "De battre mon coeur s'est arrêté" .....musique et pianiste là encore (mais Bach et pas Beethoven ... le nom du compositeur m'échappait je suis allée vérifier ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/De_battre_mon_c%C5%93ur_s'est_arr%C3%AAt%C3%A9 )
    Bonne soirée

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    1. Un merveilleux film, que j'avais adoré en son temps.
      Tu as raison, la petite fille est tapie en moi et dans les moments difficiles, et contre toute attente, c'est elle qui me prend dans ses bras.

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  20. Je ne serai pas très originale : je préfère le second texte, qui me semble plus explosif, plus spontané.
    Bizarrement, le premier me semble un peu guindé - et pourtant, j'aime la musique de Beethoven.

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    1. J'adore les réactions spontanées de mes lecteurs...ça se partage bien, entre l'ombre et la lumière. Si le premier te semble guindé c'est sans doute que dans ta lecture, l'ambiance collet monté d'un opéra de province a pris le pas sur mes émotions de petite fille.

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  21. J'aime les deux, vois-tu. Le premier me rappelle ma première émotion musicale, lorsque mon professeur de 6è nous fis écouter et aimer "La Moldau" de Smetana... J'ai dû en parler avec un tel enthousiasme que ma grande soeur m'a offert l'enregistrement. Un 33 tours!!!
    Et puis, ton deuxième évidement, éveille des échos!! Tu n'as pas fini, j'ai 58 ans et je mue encore!! A présent, je prend le temps de prendre le temps...
    PS: A la mort de mon Papa, j'ai récupéré le buste de Beethoven qui veille sur moi au-dessus de mon bureau... bon dimanche ma belle

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    1. Oui je crois que les mues continuent tant qu'on a de l'énergie pour évoluer. Je m'attends à en subir encore, bien que subir ne soit pas vraiment le terme qui convienne, car on a un certain rôle actif a jouer dans ces transformations.
      Sympa, le buste du vieux sourd qui veille sur toi.
      Bises bon dimanche moins jeune...euh...pluvieux.

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  22. Je préfère le premier texte.
    Bonne soirée.

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  23. Touchée par les émotions de l'enfance j'ai une référence pour le premier texte

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    1. J'ai comme cela des souvenirs fugaces mais très précis de cette partie de la vie que l'on dit amnésique, l'enfance...

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  24. Bien sûr on te retrouve dans ces deux textes, où tu dis toujours aussi bien ta vie, tes émotions, ta sensibilité...
    Le premier a fait monter une vague de souvenirs mélés, et bien de la tristesse, yeux mouillés...
    La première fois où j'ai entendu de la musique "en vrai", je devais avoir trois ou quatre ans. Impressions, émotion...
    Plus tard, Alain, mon copain de lycée capable d'improviser sur un orgue découvert une heure plus tôt une messe de mariage pour de jeunes époux désargentés, et qui jouait au piano pour nous tout seuls des concertos de Mozart dans sa chambre de huit mètres carrés. Les fabuleux petits concerts à quelques francs que des groupes inconnus jouaient dans les églises parisiennes. Le festival Mozart à Salzbourg...
    Cette musique qui m'a peut-être permis de ne pas sombrer quand j'ai perdu ma mère à dix-sept ans...
    Aujourd'hui, pour des raisons idiotes, je n'en écoute plus.
    Merci Célestine de me rappeler ici qu'avec elle on peut s'envoler vers les anges.
    Emotions...
    Emotion...

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    1. Comme c'est agréable de savoir que l'on réveille en chaque lecteur un souvenir différent...
      Pardon de t'avoir évoqué certain douloureux épisode de ta vie. Perdre sa maman jeune rend boiteux pour le restant de ses jours. Peut-être pourrais-tu te remettre à écouter de temps en temps de la musique "classique" histoire de reprendre contact avec les anges?

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    2. Me remettre à écouter ? Ca c'est une idée qu'elle est bonne !
      Dés que je trouve une fée pour m'accompagner . . . . . . .

      ;o)))

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    3. La fée électricité, peut-être, celle qui irait plus vite que l'éclair pour franchir tous ces kilomètres...

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  25. Ma préférence va au premier texte. Souvenir d'enfance resté intact. L'émotion est là toujours présente.

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    1. Tu as raison, les émotions de l'enfance sont gravées très fortement dans notre coeur.
      Confer ce texte que j'avais écrit il y a quelque temps, et qui relate un de mes plus anciens et douloureux souvenirs. Comme si c'était hier...
      ICI

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    2. Avant même de cliquer sur ICI je savais de quel billet tu parlais. Je m'en souviens très bien.
      J'ai, moi, encore aujourd'hui des relations conflictuelles avec les valises et les bagages suite à un choc très grave, vécu dans mon enfance. Cela m'handicape énormément car je voyage beaucoup et je suis incapable de faire une valise. Je comprends fort bien ce que tu as ressenti, nous ne pouvons pas oublier les traumatismes de notre enfance.
      Bonne soirée.

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    3. Je ne savais pas que tu avais lu ce billet.
      Et surtout que tu t'en souvenais si bien, merci.^^

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  26. Quant au deuxième...
    Il me semblait bien un peu que dernièrement tu étais "désunie", en quelque sorte. Je crois que ce boulot de directrice que tu prends tellement à coeur est usant. On pensait qu'avec l'expérience, cette rentrée ne serait pas trop difficile, et elle t'a poursuivie jusqu'à la fin du trimestre, te bouffant ton énergie. Et puis oui, le grand théâtre et toute ses vanités, qu'on supporte peut-être de moins en moins avec le temps qui passe et le recul qu'on prend.
    Et puis le grand vide du départ des enfants, changement de statut de la maman, qui le restera pourtant toute sa vie.
    Les questions, l'inconnu des temps qui viennent...
    A la croisée des chemins, une mue, oui. Un peu de spleen pour mieux renaître...
    Je veux bien m'assoir près de toi pour sourire tendrement à ton coeur qui bat...

    :o)

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    1. Tu as tellement bien résumé les orages et les vents qui m'ont agitée tout au long de cette année 2013, que je n'ai plus rien à ajouter.
      Heureusement que des êtres doués d'émotion partagent mon chemin et m'aident à y voir clair dans la bourrasque.

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  27. je choisis le premier, car il peut remplir toute une vie, du moins aidé à chaque fois que l'on se trouve au creux de la vague, comme dans le second texte, il peut porter et nous hisser très haut, une force extraordinaire, j'aime beaucoup ce texte,, qui est grand moment de bonheur qu'il est rare de partager avec ses parents surtout lorsque l'on a 10 ans, souchon en a déjà parlé ... (rires) les deux textes sont admirablement bien écrits, un plaisir

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    1. Je reconnais avoir eu de la chance, mon rêve maintenant, c'est d'assister un jour au fameux " concert du Nouvel An" à Vienne, et d'y emmener mon père, car c'est son concert préfère depuis des décennies. Merci pour ton commentaire, tu as bien compris que la musique est une de mes façons de transcender les événements tristes. Je t'embrasse pour cela.

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  28. Deux textes brillants, étincelés.
    Le premier restitue l'émotion intacte. C'est stupéfiant de précision des sentiments.
    Est-ce à Guitry qu'on attribue que "le silence qui suit un concert de Chopin est encore du Chopin" ? Il n'importe. Le silence qui suit la lecture de ce billet de Célestine est encore du Célestine.

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    1. Wouaou! quel compliment délicat! Mais de votre part quoi d'étonnant, monsieur le Nuage?
      N'est-ce pas vous qui me fîtes remarquer avec un certain génie que ETINCELES est l'anagramme de CELESTINE ?
      Et l'on s'étonnera, ensuite, qu'à ces mots je ne me sentisse plus de joie, et que j'ouvrisse un large bec, en disant "Encore! encore!"

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    2. En revanche, ce sens interdit qui a remplacé votre si joli nuage en forme de coeur, dois-je y voir la main du destin? ^^

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    3. a) confirmation : la phrase de Sacha Guitry est celle-ci:
      "Lorsqu'on vient d'entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui."

      b) sens interdit : c'est à Gougueule que revient la responsabilité de cette signalisation intempestive et déplacée. On tentera à l'occasion de contourner cet affreux diktat survenu à l'insu de notre plein gré.

      c) une dernière pour la route : "Mozart était tellement précoce qu'à 35 ans il était déjà mort." P.Desproges, bien sûr!

      d) amitiés de Nuage, l'inter, dit des sens.

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    4. Interdit d'essence? C'est embêtant pour rouler...
      la phrase de Guitry est accroché dans les couloirs de mon école, où, comme vous le savez, les élèves se déplacent en silence...
      Ah...Desproges!!!

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  29. "toutes ces respirations suspendues miraculeusement en l'air comme un point d'orgue, retenues et unies dans le même amour tremblant de la Musique".
    "J'ai envie de vrai, j'ai envie de pur, d'unir le beau à l'agréable, et d'être unique et libre et de poser mon cœur sur la table pour le regarder battre.
    Comme ça."

    comme je comprends... oui, comme je comprends!!!

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    1. Les grandes douleurs sont muettes, mais les grandes émotions se comprennent à demi-mots.
      ^_^

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  30. ce texte est une belle symphonie musicale pour nos yeux et nos oreilles
    bonnne journee

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    1. C'est vrai qu'une symphonie est aussi un régal des yeux...
      Merci Miss Nefer!

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  31. J'aime beaucoup le deuxième texte, il parle à tout le monde, ce que le premier ne peut pas forcément faire.
    Les textes à la première personne sont plus forts que les autres, on peut imaginer que l'auteur parle vraiment de lui.
    Ta bannière actuelle est une réussite, j'aime beaucoup ton dessin !
    Bises et bonne semaine.

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    1. Tu sais où aller pour voir mes autres dessins, Mindounet...
      J'avoue que je m'éclate grave à dessiner mes personnages étoilés.
      Tu sais que mon premier texte est AUSSI à la première personne? Hi hi! mais tu as raison, le "je" éclate davantage dans le second que dans le premier.

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  32. Je crois que j'aime bien les 2... De la sensibilité, encore de la sensibilité... j'y suis revenue en plusieurs fois...

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    1. Je ne puis que te laisser lire ce billet, "Sensible" , qui résume bien mon principal trait de caractère.
      Bienvenue sur mon totem, zzou71!

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  33. Unique et libre tu l'es sans aucun doute. Peut être une nouvelle étape se profile dans ta vie .
    Quel joli dessin que ta bannière!

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    1. J'adore quand une artiste me fait compliment sur mes dessins... C'est un peu comme si un chef cuisinier aimait mes tartes aux fraises.
      Unique et libre...quel bel exergue!

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    2. Mais c'est toi l'artiste pardi (avé l'accent!) !

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  34. De très beaux textes; tu as vraiment un don pour l'écriture! et l'écouter en musique procure un plaisir d'autant plus vif!

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    1. Certains n'aiment pas la musique sur les blogs, mais Beethoven, quand même...
      Merci pour ce commentaire panégyrique.

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  35. "du lamé des médias qui médisent " tu es le reine des allitérations
    l'écriture au delà de l'exercice est un excellent exutoire
    j'aime la douceur qui se dégage dans le premier texte et la rage qui sort dans le deuxième

    Existe et trouve la douceur là où elle se trouve Célestine

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    1. "l'écriture au delà de l'exercice est un excellent exutoire"
      Et toi la reine du tautogramme!

      "Existe et trouve la douceur là où elle se trouve"...purée (et je suis polie) quelle belle phrase!!!
      Merci ma Jeanne
      ♥♥♥

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.