dimanche 27 octobre 2013

Parler sans savoir

Au jardin de mon père
tous les oiseaux du monde
vont y faire leur nid


Une petite phrase de ma prof de philo préférée est entrée dans mon conduit auditif, l'air de rien. Elle a creusé silencieusement une galerie de termite dans mon cerveau ramolli par l'alanguissement vacancier (autant dire qu'elle y est entrée comme dans du beurre) et vient de toucher le centre de la réflexion métaphysique.

 "Ne doit-on évoquer les choses que lorsqu'on les vit ? "

 Une petite question anodine qui ressemble furieusement à un sujet du bac...et qui a réveillé en moi des sentiments embrouillés comme une pelote de laine "Bergère de France" échappée d'une corbeille à ouvrage et récupérée d'une griffe distraite par un chaton curieux.
 Je vais vous éviter la thèse-antithèse-foutaise, de crainte que vous ne partiez en courant.  Déjà que la longueur risque de rebuter certains!  Mais il me faut débrouiller un peu cette pelote...

 Spontanément, et n'écoutant que mon furieux besoin de liberté, j'aurais tendance à répondre non. Non, on n'a pas besoin de vivre les choses pour les évoquer. On peut parler de tout, ( certes pas avec n'importe qui, comme dit le vieil adage) et évoquer des choses qui ne nous sont pas encore arrivées, ou qui ne nous arriveront peut-être jamais. On peut évoquer le pays que l'on aimerait visiter, ou le gain du gros lot, mais aussi la maladie, l'accident, le chômage, la catastrophe nucléaire, l'inondation, la mort d'un proche ou, comme dans le billet de mon amie, la douleur de perdre un enfant, et se demander ce que l'on ferait si...
 
Non, rien ni personne ne nous empêche de nous projeter même si l'on ne sait pas qu'elle sera  notre réaction si cela arrive réellement.

 Cependant, certaines personnes que j'ai croisées dans ma vie m'ont péremptoirement affirmé que l'on ne pouvait pas parler si l'on ne vivait pas les choses. Combien de fois ai-je entendu:

" tu ne peux pas comprendre" 

" ne parle pas de ce que tu ne connais pas" 

" tu ne sais pas ce que c'est"

 " tu verras quand ça t'arrivera" 

et autres sympathiques douceurs dites de surcroît, parfois, avec une espèce d'air condescendant me laissant démunie et piteuse dans mon désir d'empathie. Je me suis souvent dit, pour les excuser, et avec mon penchant naturel à ne pas trancher et à essayer de comprendre, que la douleur était telle qu'elle leur troublait le jugement, et les empêchait de voir que je ne cherchais qu'à les rassurer, tenter de les comprendre justement, et en tous cas compatir. Et que de toutes façons, on ne peut jamais se mettre à la place de l'autre.

 Je sais maintenant que certaines choses sont indicibles et incompréhensibles pour ceux qui ne les ont pas vécues. Mais le devoir de mémoire nous amène malgré nous à devoir les évoquer, ne serait-ce que pour éviter qu'elles se reproduisent. Nul besoin d'avoir vécu l'enfer des camps pour parler de la Shoah avec des élèves, c'est évident. Ni d'avoir fait les tranchées pour étudier l'enfer de Verdun.

 Je sais aussi que certains auteurs à succès ont écrit des romans se passant au bout du monde sans jamais être sortis de chez eux...Et que l'on peut être une vieille demoiselle anglaise un peu "coincée du cul" et écrire des romans échevelés et des passions torrides sans avoir jamais connu l'amour ni même vu le loup...
 
Si l'on ne devait parler que de ce que l'on connaît, que deviendraient les discours emphatiques de nos chers édiles? De quoi parleraient-ils soudain? De leur dernière Rolex, ou de leurs vacances à Megève? Ce serait la fin de nos  politocards qui ne savent même pas le prix de la baguette...

 Il n'en reste pas moins que cette sensation prégnante de n'avoir pas le "droit" de parler de ce que je ne connais pas m'a certainement donné cette  boulimie de vivre, vivre  le plus d'expériences possibles..avoir des enfants, écrire, marcher sur des fils tendus, voyager, décrocher les étoiles, jouer de la musique,monter haut, nager dans la mer et connaître les joies et les tourments de l'Amour...ah, l'Amour! 

Mais aussi accepter de ne pas avoir de réponse sur ce qui se passera après cette vallée de larmes où, au milieu, coule une rivière. La belle rivière mystérieuse de la vie et de la mort.
 
Alors oui, chère Zénondelle, c'est vrai, tu as raison, on peut parler de ce que l'on n'a pas vécu. Tu vois, mon père est encore bien là, bien vivant, mais en regardant ce coin de jardin qu'il affectionne, et les feuilles joncher ces marches où il aime s'asseoir, la fragilité des choses m'a étreinte et je n'ai pu m'empêcher d'évoquer sa mort. J'en pleure encore et ma gorge me fait mal de s'être trop serrée. 
Parler sans connaître  est peut-être une façon de conjurer le sort. Ou plus vraisemblablement de se préparer à l'inéluctable...

Et merci, bande de vous, de m'avoir lue jusqu'au bout...  ^^


99 commentaires:

  1. Et puis il est des choses qu'il vaut mieux ne pas connaître, quant à dire : "tu verras si ça t'arrive" ! Quelle horreur, alors on vit l'indicible, et on le souhaite à l'autre ? BEURK !
    Tout ton petit monde est là, profites ! Ô oui profites Célestinouchou.
    Il arrive toujours trop tôt le temps des larmes

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    1. Je profite, et je sais que c'est fugace...mais peut-on lutter contre ses sentiments?
      Ça arrive comme une vague et ça te submerge l'espace d'un instant.
      Sentir la fragilité des choses, cela leur en donne le prix.
      Merci pour ta sagesse, je comprends pourquoi de "l'autre côté" ils t'appellent Doyen...^^

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    2. Sagesse ? Je ne sais pas, j'ai vécu et je vis encore ! Et la vie réserve toujours de jolis surprises à celle ou celui qui sait les saisir, le bonheur est fragile et lorsque l'existence t'offre un joli cadeau ne le laisse pas passer, carpe diem !

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  2. Ton texte est remarquable, ça c'est pas une surprise, bien mis en musique (hi, hi, hi, ça non plus c'est pas une surprise). Il y a chez toi une qualité d'écriture qui ne court pas les blogs. Sur le fond je suis d'accord. Bien sûr qu'on peut parler de tout, et surtout de ce qu'on n'a pas vécu et heureusement car on a quand même fort peu vécu par rapport à ce qu'il y a à vivre. Ca s'appelle un peu la littérature d'ailleurs, ou en tout cas ça essaie d'y ressembler. Par contre et ça je l'ai souvent expérimenté dans des conversations, débats, souvent particulièrement stériles, une petite révision s'avérerait fort utile. Ca éviterait de dire trop n'importe quoi. La plus belle œuvre à mon sens sur la fin du Moyen Age est le fabuleux roman de Hella Haasse En la forêt de Longue Attente. C'est une romancière du XXème Siècle, à l'évidence soigneusement documentée. Mais pour bien "causer" de quelque chose il est bon d'y avoir un peu réfléchi. Bravo Célestine, je t'embrasse et partage ton enthousiasme pour la vie qui, tout compte fait, vaut le coup même si c'est parfois à coups de hauts, à coups de bas.

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    1. "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie"...comme chante quelqu'un que j'apprécie beaucoup.
      Je suis toujours touchée quand un spécialiste de la littérature me dit que je n'écrit pas trop mal...Disons que c'est un domaine où je peux m'améliorer, contrairement au rugby, où je m'imagine bien être une tripe, et même une triple tripe...
      Mais trêve de plaisanterie, la référence au livre de Hella Hasse est allée rejoindre la liste des livres que -je-lirai-quand-j'aurai-le-temps...
      Ce qui est formidable, dans l'écriture sur un blog, c'est qu'elle est interactive, et que la réflexion se prolonge bien après le billet, pour peu que les contributions y soient d'un haut niveau...
      Quelle chance j'ai! Je la mesure chaque jour.

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    2. "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie"...comme chante quelqu'un que j'apprécie beaucoup.

      Moi aussi je l'apprécie beaucoup. J'ai coutume de dire à son sujet que quand il chante il parle souvent de moi, je suis très sérieux tant ses textes me touchent voire me bouleversent. En aucun cas spécialiste de la littérature, je l'aime toutefois tellement que je m'applique au moindre texte que j'écris, au moindre article de ce blog, y compris les plus courts et les plus légers car j'accorde beaucoup de gravité à la légèreté. Pour le rugby je ne t'ai encore jamais vue mais sache que ce que tu es au rugby, je le suis à la cuisine, c'est à dire éminemment perfectible. C'est rudement bien de passer ici. Et je citerai la Souche en parlant de tes textes:
      "Si tout est moyen, si la vie est un film de rien, ce passage-là était vraiment bien, ce passage-là était bien" (Le baiser).

      "Quelle chance j'ai! Je la mesure chaque jour".
      Privilège partagé

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    3. Oui, il y a des passages plutôt bien dans la vie! Allez, il reste un peu de Pommard, tu en veux? . (ceci pour expliquer (et non excuser) l'affreuse fôte que j'ai faite dans ma première réponse ( je n'écriS pas trop mal! c'est quand même un comble de faire une faute à cette phrase là! comique...))
      Le petit douze ans d'âge m'a troublée, à moins que ce ne soit l'évocation de ma chanson préférée de la Souche, et de ses fancy-fair à la fraise..
      Bises

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  3. Ta prof préférée fait état de processus littéraire (si j'ai compris). En ce sens tout est permis ! Heureusement l'auteur de romans policiers n'est pas obligé de trucider son entourage pour connaitre de l'intérieur ses personnages meurtriers et assassins… Ça s'appelle le talent...

    Autre chose est le "fonctionnement psychologique imaginaire" qui comporte en lui-même ses dangers, voire ses pathologies : de Perrette et le Pot-au-lait au délire schizophrène…
    Imaginer l'horrible de la perte d'un être cher et donc supposer ses réactions douloureuses personnelles relève de ce fonctionnement, qui s'auto-alimente avec des ressentis chimériques (la chimère réunit en elle-même le possible et l'impossible), que l'on prend pour "réel objectivable" (c'est réel puisque je le ressens…., donc la mort étant inéluctable, je souffrirai demain comme je l'imagine et le ressens en l'imaginant aujourd'hui…). A mes yeux, ce n'est pas la bonne façon se se préparer à la mort de ses proches…. Mais je comprends cette manière que tu évoques en ce qu'elle est fréquente…

    Pour ce qui est de l'empathie que tu évoques, les réactions du type "tu peux pas comprendre", sont (comme tu l'évoques) le signe effectif de l'intense souffrance et de l'isolement psychologique de celui qui les prononce. Elles ne sont que très rarement condescendantes… je les entendues 1000 et une fois dans mon métier… Je répondais qqch du genre : "oui, vous avez raison. Je suis là, simplement…."

    Je pense souvent aux "confidences" du Petit Prince qui souffre d'avoir abandonné sa rose, et qui pleure de n'avoir rien compris….. Et le Narrateur de dire : " Je ne savais que dire. C'est tellement mystérieux le pays des larmes" ...

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    1. Je vais remonter dans ton commentaire, plutôt que de descendre.
      Que tu cites le Petit Prince me touche à double titre. D'abord parce que cette phrase est très belle et très vraie à mon sens, elle exprime bien mieux que moi ce que je voulais dire en disant de manière banale": "on ne peut jamais se mettre à la place de quelqu'un". Ensuite parce que cela montre que tu sais combien j'aime ce livre, et je prends cela pour une belle marque d'amitié...
      Quand on prend la douleur de quelqu'un en pleine poire et que l'on n'est pas psy, eh bien...on la prend en pleine poire, point barre. Voilà pourquoi, à mon sens l'empathie ne saurait remplacer l'écoute d'un professionnel. En attendant,c'est vrai, et je pense à une personne en particulier qui m'a fait extrêmement de mal, si ce n'était pas de la condescendance, que j'ai lue dans son regard, cela y ressemblait beaucoup!. Le genre "ma pauvre fille, qu'est-ce que tu y connais au malheur, toi?" je t'assure que ça fait mal de se voir reprocher d'être trop heureuse.

      Si tu es allé voir sur le lien et que tu as lu mon commentaire chez mon amie, tu as vu que sans le savoir, j'ai eu le sentiment que c'était un peu disons "bizarre" de se torturer moralement en imaginant la mort de son enfant. c'est ce que je lui dis, et elle me répond que je suis dans l'erreur. C'est ce qui m'a amenée à lui donner raison dans mon billet, puisque j'ai éprouvé cela avec mon père. Moi qui ne pense pratiquement jamais à la mort, cela m'a perturbée...
      Quelle est la "bonne façon" de se préparer, alors??

      Merci de tes réponses éclairantes, Alain.

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    2. Oui, je sais que tu aimes le Petit Prince (comme moi d'ailleurs....)

      Le "professionnel" prend la "juste distance", parce que c'est la nécessité de l'aide qu'il espère bénéfique, de ne pas fusionner avec le patient. Ensuite, le soir chez lui, il lui arrive de pleurer comme tout le monde....

      C'est certain que ça fait mal ce que tu rapportes de cette personne, parce qu'on est là avec un coeur aimant et qu'on nous marche dessus.... Alors, évidemment, c'est bien plus difficile de se distancier de sa propre douleur pour "voir plus loin" dans le vécu de l'autre... J'ai souvent dit à des "ami(e)s" qu'il ne fallait pas espérer ma "compétence professionnelle" ("toi qui es psy tu vas pouvoir m'aider....") dans des situations où je suis impliqué, même indirectement. Mieux vaut en effet contacter quelqu'un de neutre et compétent.

      Comment faire face à un parent âgé ?
      Partager la Vie d'aujourd'hui ... avec la personne...
      Se dire l'essentiel, gouter le précieux de ces dernières années... mois... semaines parfois...
      S'en réjouir.
      Briser avec le "fonctionnement imaginaire" quand il se présente et frappe à la porte - parce qu'il se présente forcément.... - mais on n'est pas obligé d'ouvrir.... Comme on n'ouvre pas sa porte aux colporteurs-baratineurs qu'on a repérés, ou aux duos des Témoins de Jéhovah ! (désolé j'ai pas vu l'accident...). Sinon ce fonctionnement s'enroule sur lui-même et gonfle nos sensibilités, mais ce sont des baudruches...

      Merci de ce dialogue.

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    3. Du coup, je me suis assise à côté de mon père, on est resté sans rien dire un moment (mon père, c'est devenu un taiseux) puis on a débouché la fameuse bouteille de Pommard et on a bu un coup à la santé du monde. Là, je crois que j'ai bon...

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  4. L'Homme a le redoutable avantage de savoir que tout à une fin, de le savoir dès le départ. Ce qui devrait lui permettre de donner plus de prix aux choses et aux gens aimés le laisse de marbre jusqu'à cet inéluctable qu'il n'a pas voulu anticiper. Alors de "tu peux pas savoir" en "attend que ça t'arrive", il se console de son imprévision.
    Le bonheur est une chose fragile et merveilleuse. Savoir qu'il ne tient qu'à un fil doit le faire aimer encore davantage. C'est dans l'ordre des choses de voir ses parents partir, le savoir rend les moments de partage plus précieux encore, on ne peut que mieux les aimer. Il en va de même pour tous ceux qu'on aime et qui ne suivent pas toujours la logique des statistiques...
    On ne peut pas imaginer une douleur physique, mais avec un coeur en bon état d'émotions, la douleur affective se vit aussi par procuration.
    Que de mots vengeurs dans cette simple phrase: "Tu verras quand ça t'arrivera."Lorsqu'elle est employée à propos d'une douleur. Comme si le bonheur de l'autre était une insulte à son propre malheur... Et pourquoi l'entend-on si rarement pour des choses heureuses. Pourtant ça peut aussi se dire: "Tu verras lorsque tu seras amoureux/se, c'est merveilleux!"
    Une petite chanson, peut-être.....
    http://www.youtube.com/watch?v=pMLl-q4CK0U
    Ti bacio forte mia amica

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    1. Ce qui est étonnant, dans ce que tu dis, c'est cette propension à te prédire le malheur qu'ont certaines personnes...alors que pour ma part, je serais plutôt du genre "ravie de la crèche", à avoir envie de partager mon bonheur avec la terre entière, et à toujours dire aux gens"tu verras, quand tu auras un enfant, ce sera la chose la plus merveilleuse qui existera, ça ne fait pas mal, ça ne fout pas des rides, ça ne déforme pas le corps, ça n'empêche pas de dormir et ce n'est pas que des soucis"...Au contraire de tous ces gens qui te décrivent la grossesse et l'accouchement comme des parcours du combattant, et l'éducation d'un enfant comme une prison qui t'empêche de faire ce que tu veux...Quelle tristesse cette façon de voir les choses!
      Je ne suis pas sûre que mon coeur soit "en bon état" car il bat si fort et si vite...mais en tous cas, il est plein d'émotion, et celles que j'éprouve ici sont formidables (et non "fort minables"!)
      Tenerezza

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    2. Tu as un coeur de formule 1: Hyper réactif et toujours en surrégime. Ton carburant c'est l'empathie et l'amour pour les autres. Une mécanique comme il y en a trop peu....
      Tendresse

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    3. L'avantage, c'est que ça ne pollue pas l'atmosphère, ce genre de carburant...
      Écolo jusqu'au bout des doigts...
      Mais gare aux sorties de route! Et aux pétages de durites...
      Heureusement, j'ai au stand un staff hors pair.

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    4. Croulé de rire......
      Purée ça a de la gueule une Celestina carrossée Gordini. Cugino ne dira pas le contraire...
      Baci

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    5. Je lui laisse le plaisir de me décrire version châssis!

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    6. une gordini , non une ferrari 505 maranello un châssis F1 et les phares d'un bleu..

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    7. @ Andiamo,
      laisse à Célestine un petit quelque chose de français tout de même.... (pour les ceusses qui ne savent pas, Gordini modifiait des voitures françaises (principalement des Renault.))
      Avec ta Ferrari, tu ne fais pas 100'000 bornes, et tu ne la chausses pas de petits escarpins rouge vif avec un coeur dessus... Tu as vu un petit peu les éclaffe-merdes qu'il lui faut à ta F1? L'élégance en prend un sacré coup, non...
      Et puis Gordini, c'était le seul constructeur à contrôler personnellement les prototypes. Il te les caressait des yeux et du bout des doigts, il vérifiait tout, il fallait que tout soit parfaitement accessible, le delco sous les yeux, le démarreur sous la main, tout bien parfait... Il voulait ses voitures belles, racées, pratiques et fonctionnelles. Tu as déjà toutes ces options avec Célestine.
      Non, mais tu vois une F1 grimper sur la colline pour aller admirer les étoiles, le train arrière posé dans l'herbe? Le Commendatore Enzo s'en arracherait les cheveux...
      Impossibilité suprême: une Ferrari n'a pas d'autoradio, car c'est le moteur qu'on écoute lorsqu'il tourne.. Dixit Enzo. Or Célestine est construite en version guitarisée.
      Tu vois bien que ce n'est pas possible...
      Par contre, je te concède les phares xénon bleu....

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    8. Bon mais après tout ça, quid du châssis ? Parce que c'est pas ce qu'on perçoit le mieux, le châssis, Et on nous a promis une description. Je rêvais déjà, moi !

      :o))

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    9. @ Candide
      Pour remettre les choses à leur place et les mots là où ils doivent. Tu es victime d'un abus de langage lorsqu'on dit d'une femme qu'elle a un beau châssis.
      Le châssis n'est jamais visible, ni à la voiture, ni chez la femme... A part Brassens qui fantasma sur le sujet...
      http://www.youtube.com/watch?v=wLUUIFBIW68
      Par contre, parlons carrosserie, moteur, options standardisées ou équipements spéciaux, et là, Cel est sur-équipée, sans même parler de son ordinateur de bord...

      @ Célestine
      Que disais-tu à propos de rester sérieux trop longtemps.... :-D
      Baci bella Ragazza

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    10. Belles châsses ça y est le délire est en branle (si j'ose dire) moi j'ai rigolé en te comparant à une Ferrari, Blutch et même Candide (pas tant que ça) s'y mettent (en tout bien tout honneur j'espère)
      Célestine écoute Chauguise : tu es INCOMPARABLE point barre !

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    11. Ah vous me faites rire mes chouchous ce matin! Et croyez moi, j'en ai bien besoin...trop de sérieux, ça finit par vous plomber le moral...
      Pour en revenir aux métaphores automobiles, me contenterai volontiers d'être une coccinelle, un petit cabriolet vert anglais, ou un taxi mauve...J'ai toujours préféré les petites auberges au Fouquet's. C'est pas pour rien qu'on m'appelle Celest'Inn! ^^

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  5. Il FAUT (sans vouloir donner de leçons j'en suis pourtant certain) se projeter parfois, et bien sûr en parler, dans des situations non vécues qu'elles soient redoutées ou qu'à contrario elles suscitent un rêve ou un désir. Par contre ce que je ne supporte pas lorsque l'on évoque une aventure,surtout lorsqu'il s'agit d'une mésaventure arrivée à un tiers, est que l'on se permettent de dire : "Moi à sa place j'aurais fait ceci ou celà" Il y a moins d'une heure je m'énervais à cause de ça. Qui peut prétendre savoir ce qui DOIT arriver dans une situation précise dont il n'était même pas témoin ? .... Bon ce n'était pas un sujet du bac, juste une discussion au bistrot sur une mésaventure anecdotique vécue par un pote...Discours en son absence bien entendu, mais ou des tas de "copains" expliquaient comment ils auraient eu la bonne solution le cas échéant.
    Ton billet même s'il n'est pas du tout dans le même contexte, me cueille en pleine réflexion sur ces projections plus ou moins illusoires.

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    1. Illusoire? ça c'est sûr! Tout n'est qu'illusion, cher garde, la vie est une parenthèse, un rêve (ou un cauchemar pour certains) entre deux néants comme je me plais à le répéter, et bien sûr, personne ne détient la vérité. Non, on ne peut pas savoir ce que l'on "aurait fait" à la place de l'un ou de l'autre, c'est évident pour les gens qui réfléchissent comme toi et moi...
      Je ne méprise pas les discussions de bistrot, la sagesse populaire est souvent très juste, et respectable...Je crois que la seule chose à garder en ligne de mire, c'est d'avoir l'humilité de savoir que l'on ne sait rien.Et en sourire.Demain sera un autre jour. On retournera en poussière,mais en attendant, j'irais bien boire un petit verre de Pommard en regardant le ciel. Tu me suis?

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    2. Pas l'ombre d'un problème. D'ailleurs je préfère nettement le Bourgogne au Bordeaux contrairement à beaucoup de mes amis. Je le trouve plus fruité et moins chargé en tanin, donc moins rêche. Tans pis si je fais hurler les puristes.
      La vie est effectivement une parenthèse, mais si courte ! Pour moi comme dans mes nuits s'y alternent souvent s'y entremêlent rêves et cauchemar.
      Les discussions de bistrot me plaisent bien (tant que personne n'a trop consommé de produits hallucinogènes) On y entend tout et n'importe quoi il est amusant de faire la synthèse...Avec humilité comme tu le précise.
      Bizzzz

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    3. J'espère que dans ta vie, il y a quand même plus de rêves que de cauchemars!
      Pour ce qui est du Bordeaux, j'hésite un peu...c'est quand même pas dégueu un petit Médoc...
      Enfin, pour moi les vins, c'est comme les hommes. Pourvu qu'ils soient bons, je les aime tous!

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  6. Ho non, surtout, ne jamais souhaiter même sans y réfléchir, un tel malheur... J'ai lu, moi aussi, le texte de Zénondelle (un très beau texte à son habitude). Si j'ai dit que cette douleur est indicible (je ne l'ai heureusement pas vécue moi-même) c'est que chacun, chacune doit la vivre différemment même si c'est douloureusement pour tous. Je suis de ces superstitieuses qui ne veulent même pas y penser!!! Ta musique va joliment à ton texte et quel que soit le moment où la mort survient elle est toujours douloureuse à ceux qui restent...

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    1. Le texte de Zénondelle est en effet beau et interpellant et je respecte infiniment ce qu'elle a écrit.
      C'est sa réponse à mon commentaire qui m'a posé question. Et je la remercie de m'avoir donné l'occasion d'exprimer quelques ressentis.
      Ta réponse aussi est merveilleuse.Je sais, parce que je te connais un peu, que tu souffres, que tu as mal à ton enfant, et ce que tu dis n'en est que plus beau.
      Simplement évoquer la mort, n'est pas la souhaiter, fort heureusement!

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  7. Evoquer... tellement facile parfois nécessaire. Savoir par le vécu est d'une autre densité.

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    1. Le tout, assurément, dit sans condescendance... ;-)

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  8. Je m'en vais donc aller découvrir Zénondelle qui a mis ce débat sur l'estrade :-)

    C'est vrai qu'il m'est arrivé de parler de choses non éprouvées, trop sûre de moi. Mais j'étais plus jeune.Donc je croyais avoir le livre "Recettes des sentiments et sensations en toute occasion".

    Et puis la vie est venue me dire chuuuut chuuuut. Et puis elle m'a appris à regarder comment les autres, ceux et celles dont je connais bien l'âme, réagissent à ce que je ne connais pas personnellement. Il me semble alors pouvoir arriver à approcher aussi près que possible cette douleur, angoisse ou bonheur.

    Et il y a ces expériences que cette coquine de vie me sert malgré tout, et avec lesquelles je dois me débattre. Je réalise par exemple que je pouvais très bien décrire toute une partie de la douleur d'un deuil, sans le noyau, ce précipice incandescent que je ne savais s'y trouver.

    Parce que nous aimons l'écriture, nous aimons aussi l'âme humaine et ses oeuvres. Nous analysons sans y penser. Avec le temps, malgré tout, c'est vrai que même si on n'a pas "connu ça"... on peut le ressentir assez exactement. Et non, alors, on ne parle plus de ce qu'on ne connait pas. Peut-être tout au plus de ce qu'on n'absorbe pas complètement.

    Et te lire jusqu'au bout fut un plaisir...

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    1. Merci pour la finesse de ton témoignage, Edmee.
      La douleur reste quand même quelque chose de très très subjectif, y compris la douleur physique d'ailleurs. Notre expérience personnelle en ce domaine est souvent étonnante. Certaines choses dont nous pensions qu'elles nous feraient très mal, nous les supportons, alors qu'une autre douleur qui nous paraissait insignifiante nous fait soudain un mal de chien...
      Il en va de même pour toutes les souffrances. Je veux bien croire que le deuil est quelque chose d'indicible.Ecouter les autres raconter leur expérience est toujours enrichissant. Surtout lorsqu'ils ont perdu cette trop grande assurance dont tu parles, et qu'ils l'ont remplacée par une juste mesure des choses. Écouter pour comprendre. Et trouver dans les mots des autres, exprimés autrement, quelques réponses à nos propres questions.

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  9. Dire "tu ne peux pas comprendre" et autres phrases excluantes à qui, précisément, chercher à s'inclure dans une douleur par empathie, c'est évidemment manquer de tact. N'est-ce pas aussi, peut-être, une façon de s'enorgueillir de connaître la vraie douleur, celle que personne ne pourra jamais partager, et en tirer une satisfaction bizarre ? J'ai cru percevoir cela, parfois...

    Certes personne ne peut vivre à l'identique un ressenti, par essence intime. Mais on peut tenter de le *comprendre*, de s'en approcher, de se mettre au plus près de celui ou celle qui le vit en en souffre (ou s'en réjouit). Ont peut dire que ce que l'on ressent va au-delà de l'imaginable, sans pour autant disqualifier l'autre, qui n'a que son imagination pour tenter de nous rejoindre. Mais comme tu dis, la douleur peut aveugler et rendre injuste...

    Intéressant billet, Célestine, qui m'a permis de découvrir celui, particulièrement évocateur, de Zénondelle

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    1. Tu exprimes tellement bien dans ton premier paragraphe, ce que je n'ai pas su dire dans mon billet. C'était de cet ordre: quelqu'un qui s'enorgueillissait d'éprouver une douleur plus forte que tout le monde, et qui en tirait un plaisir morbide, malsain. Tu as " cru" le percevoir, moi je suis sûre que tu l'as très bien perçu. Merci d'ajouter ta pierre( si j'ose dire! ) à cet intéressant débat .
      Je t'embrasse

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  10. Il n'est pas un jour qui passe où je ne me lève sans penser furtivement que oui, aujourd'hui, ils (l'Homme, les parents, les enfants, les amis,. ...) sont encore en vie et en plutôt bonne santé mais que peut-être ce soir.... Et comme tu le dis, se projeter dans ces catastrophes, inéluctables pour certaines, permet de se dire que chaque jour qui passe en paix est un bonheur en soi. Merci ce nouveau merveilleux billet, Célestine.

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    1. Oooh! Moi je n'y pense pas tous les jours, mais c'est vrai que furtivement ça m'arrive, et c'est vrai que chaque soir je me dis: quel cadeau m'a fait la vie aujourd'hui!
      Oui, chaque jour qui passe en paix est un bonheur en soi. C'est beau, on dirait du Bobin...
      Je t'embrasse fort miss!

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  11. Souvent, j'entends dire qu'il vaut mieux parfois être ignorant qu'être trop savant, pour éviter de se poser trop de questions! Et comme le monde présent est déjà mal foutu, faut-il encore chercher à percer le futur et ses aléas. Ne dit-on pas "à chaque jour suffit sa peine"?
    J'ai lu récemment un ouvrage très instructif "Vivre en paix" de Thierry Janssen, un ancien chirurgien qui a quitté son métier pour se consacrer à l'étude des liens entre la spiritualité, la psychologie et la santé du corps.Et comme ton thème, Célestine, tombe à point, je t'en cite un extrait ayant je pense une relation avec le sujet:
    "Le problème de l'ego chez l'être humain, et donc de l'intellect qui le définit, c'est son besoin incessant d'être rassuré quant à son existence. Comme je le disais déjà, victimes du refoulement des sensations et des émotions, nous nous identifions totalement à notre intellect".Notre intellect est trop fier de notre belle intelligence, si prompte à calmer toutes ces "peurs" et à résoudre tous ces problèmes.Pauvre intellect devrais-je dire, car sa belle intelligence ne comprend pas que ce sont précisément ses stratégies défensives qui engendrent plus de souffrance, plus de résistance. A force de suivre la logique de notre peur, nous ne vivons plus que dans la guerre. Et à force de vivre dans la guerre, nous ne connaissons rien d'autre que la peur.
    Bien évidemment, certaines de nos peurs sont un signal d'alarme indispensable à la sauvegarde de notre intégrité et à notre survie. Elles surviennent toujours en rapport avec un événement concret, un danger, une menace.Mais la majorité de nos peurs se manifestent en "l'absence"de tout danger. Ces peurs-là, soyez-en assurés, ne sont que des inventions de notre ego intellectuel qui cherche à se rassurer". Thierry Janssen.

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    1. Le texte de Janssen est intéressant, il me rappelle un billet que j'avais écrit à une époque sur toutes ces Fichues suppositions qui nous empoisonnent l'existence...
      On en revient toujours à cet instant présent qu'il nous faut goûter et goûter toujours plus sans se préoccuper de rien d'autre. Pas toujours facile, mais comme tu le dis si bien, s'émerveiller d'être vivant est une occupation merveilleuse, qui nous remplit de gratitude envers la vie.
      Merci pour ce partage, cher Bizak

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    2. Le lien sur "Fichues suppositions" est intéressant et nous ramène à ton thème d'aujourd'hui: "parler sans savoir"!
      A propos de l'ouverture de ton blog en musique, c'est magnifique et sympathique! Ceci n'est pas une supposition et je ne parle pas sans savoir!.
      Bises

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    3. Tu sais, un des fameux accords toltèques dit : "Ne pas faire de suppositions."
      Depuis que j'essaie de les mettre en application, je me rends compte que les suppositions sont source de malentendus, et qu'il suffit souvent d'une parole pour les dissiper.
      Merci pour ta petite touche d'humour, ça fait plaisir, car le sujet du jour est un peu grave, je m'en rends compte.

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  12. Sujet évoqué il y a peu avec une amie qui a vécu une épreuve très douloureuse.
    Les "on sait ce que c'est" des gens qui n'ont jamais vécu cette douleur lui était insupportable. Et puis, le dialogue lui a permis de comprendre cette phrase autrement, même si elle ne la supporte toujours pas.

    Mais même si l'on n'a pas traversé l'épreuve, pour peu que l'on ait un tantinet d'empathie, on peut comprendre le ressenti de la personne (ou du moins, essayer de le comprendre).

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    1. Le dialogue est souvent une façon de dénouer les malentendus. Encore faut-il que la personne qui souffre soit en capacité de dialoguer. J'ai appris que la douleur entrave la raison. Ne dit-on pas souffrir jusqu'à devenir fou?
      Dire " on sait ce que c'est" quand on ne sait pas ce que c'est, c'est maladroit. D'où la réaction de ton amie...Mais dire " je sais que tu as mal et je voudrais t'aider" me semble déjà un peu moins maladroit...l'empathie est une chose aussi mystérieuse que le pays des larmes...

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  13. il me semble qu'il y a des choses assez différentes dans ton billet
    - L'écrivain peut s'imaginer vivre et décrire une souffrance/épreuve qu'il n'a pas vécue... mais il faut pour cela qu'il soit vraiment, non seulement à l'écoute des ses personnages, mais à l'écoute des vraies personnes qu'il rencontre, afin qu'il n’écrive pas "à côté": les lecteurs doivent pouvoir se reconnaître dans une oeuvre qui pour être littéraire, n'en parle pas moins de l'humain!
    - Autre chose est de s'imaginer en tant que personne vivre un deuil terrible (par ex le deuil d'un enfant) Je ne comprends pas trop cela! La vie est déjà bien difficile à vivre dans sa réalité pour imaginer des événements qui il faut l'espérer, n’arriveront pas... et s'ils arrivent, on peut espérer qu'on aura la force d’âme pour affronter l'indicible. A chaque jour suffit sa peine...
    Autre chose: oui, il y a des démarches d'empathie qui tombent à froid, qui blessent plus qu'autre chose... la meilleure démarche n'est pas de consoler, mais d'être simplement PRESENT auprès la personne, sans parler, rien qu'être là, rien que ça...
    On a trop souvent besoin d'intervenir pour consoler, dire de bonnes paroles d'empathie ou que l'on pense telles.

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    1. Ton commentaire est très riche aussi, Coumarine. Je suis entièrement d'accord avec tes deux premiers paragraphes.
      Je prends de plein fouet ton troisième paragraphe, ayant fait la désagréable expérience de l'empathie qui tombe a froid, ou qui blesse. Quand tu vois quelqu'un qui souffre a côté de toi, que tu lui tend la main, mue par une sincère compassion, et qu'il te balance une claque, eh bien tu as beau essayer de l'excuser, de lui trouver des circonstances atténuantes, de te dire que la douleur l'egare, tu en prends quand même plein la tête. Surtout quand cette personne te fait comprendre que les autres, eux, ont les bons mots, les bons gestes, mais que toi non...

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    2. oui je comprends Célestine que ce n'est pas facile à vivre...et on en prend plein la tête (et je sais à quoi et à qui tu fais allusion...)
      Je pense vraiment que dans ce cas précis, ce sont deux personnes qui ne se sont pas comprises...
      La première pour une raison qui est la sienne et que je suis sûre tu ne juges pas... ne s'est pas sentie comprise par tes paroles empathiques... cela arrive, pourquoi? on ne sait pas trop! ce devait être un mot qui l'a touchée à un endroit précis et que tu ne pouvais pas deviner
      Elle comme toi vous êtes des personnes ultra sensibles, alors ça a créé un malentendu douloureux...Et c'est triste qd deux personnes sans l'avoir vraiment voulu se blessent, oui c'est triste...

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    3. Sans l'avoir voulu du tout, oui, d'autant que mes états d'âme en l'occurrence ne faisaient pas le poids évidemment et qu'à la blessure de l'ego s'est ajouté un grand sentiment de culpabilité.
      Cet épisode n'a pas été le seul dans ma vie, et par deux fois, l'on m'a bien fait comprendre que ce que je vivais était sans commune mesure avec ce que l'on vivait en face de moi...
      Pour ce qui est de la personne dont tu parles, je lui ai pardonné depuis longtemps. J'ai juste arrêté de me faire du mal en la faisant sortir délicatement de ma vie. Mais elle n'est pas la seule. Tu sais comme moi que la vie est trop courte pour s'entourer de gens aux relations toxiques pour nous. Même si par ailleurs ce sont sûrement des êtres charmants. Il faut de tout pour faire un monde. Je t'ai parlé de cette autre amie et de la souffrance que cette relation avait généré pour moi.... Bref, rien n'est simple en matière de relations humaines. Merci d'être revenue, cela m'a fait du bien d'en parler un peu.

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  14. Et si "Tu ne peux pas comprendre" ne voulait dire que "je suis incapable / je n'ai pas les mots / la force d'expliquer" ?...

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    1. Bien sur! C'est ce qui me pousse à trouver ces fameuses circonstances atténuantes, à excuser, à chercher à comprendre sans juger...après, tout dépend du ton sur lequel est dit la phrase" tu ne peux pas comprendre" et ce n'est pas a toi que j'apprendrai que dans le rapport direct, avec les regards, les mimiques, les gestes, on ressent bien plus de choses et de manière beaucoup plus authentique que par écrit avec deux pauvres emoticones qui se courent derrière...:-)))

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  15. je voudrais encore ajouter ceci:
    il y a une très grande différence entre une PRESENCE auprès d'une personne qui vit une épreuve terrible (au delà des mots justement, telle la mort d'un enfant) et la présence amicale auprès de quelqu'un qui vit des trucs pas faciles, et que des paroles gentilles et pleines de sympathie aideront à passer le cap! ...
    bises

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    1. J'ai compris que cette présence majuscule doit être silencieuse...il est vrai que la sagesse populaire dit que les grandes douleurs sont muettes. Et pourtant, on nous dit aussi que les mots soignent les maux... C'est peut être la situation où il est le plus difficile de trouver un juste milieu...peut être parce que chaque cas est particulier. Merci de ton témoignage, Coumarine, et merci d'être revenue faire cette précision, j'ai du mal a cicatriser certaines blessures, moi aussi, pardonne moi.
      Je t'embrasse fort

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    2. peut-être que ce serait bien de réfléchir à ce qui en toi a été touché aussi fort... et de l'accepter comme tel... pour pouvoir commencer à cicatriser...

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    3. Je crois que c'est l'enfant qui en moi a été touchée aussi fort. L'enfant qui ferme les yeux, qui étend les bras et qui se laisse tomber en arrière, pleine de confiance envers la personne qui est derrière elle...la confiance trahie, la naïveté bafouée, quand on pense que la bonne volonté, la sincérité, les sentiments justes feront merveille, quand on croit que la bonté efface l'horreur.
      Oui, je crois que ma part d'enfance ne se remet pas d'avoir appris un jour de manière brutale et sans aucun menagement que le père Noël n'existait pas.

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  16. Et si, quand ce n'est pas ponctué de suffisance, "Tu ne peux pas comprendre" n'était qu'un aveu d'impuissance à dire : "Je ne suis pas capable, je ne trouve pas les mots / la force pour le dire" ?...
    Mon père ne m'a pas tout dit de la guerre...

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    1. Chacun porte en lui une blessure dont il croit que personne ne pourra la comprendre.
      Et si c'était tout simplement le fait des êtres humains, de se résigner quelque part à être seul? Seul devant la souffrance? seul devant la mort?
      Pourtant, une main amie...qu'est ce que ça peut faire du bien...

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    2. Candide relève un cas un peu particulier. Ce "tu ne peux pas comprendre" est une façon de préserver l'autre de ce que l'auteur a subi. Il est alors dit avec l'empathie nécessaire pour épargner à l'autre des visions de cauchemar. C'est un acte d'amour.
      Baci

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    3. Certes! Depuis le début de ce débat, parle-t-on d'autre chose que d'amour?

      ^_^

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    4. @ Blutch : ça peut être ça. Mais ça peut être pas ça.
      Il arrive que le vécu soit tellement fort, atroce, qu'il en devient impossible à décrire, peut-être en partie pour ne pas avoir à rappeler trop précisément ces souvenir et les émotions insoutenables qu'ils induisent, en choisissant des mots de toutes façons introuvables, peut-être en partie par crainte de ne pas être entendu, accepté dans cette description.
      Boris Cyrulnik en parle dans ses bouquins sur la résilience.

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  17. Tu sais Célestine, dans mon environnement familial et amical, j'ai toujours voulu être à l'écoute, présente ... Enfin apporter du réconfort en toutes circonstances ... Et un jour j'ai compris que trop bien faire, peut desservir au point d'être blessée à vif et ne plus faire confiance :( mais avec les années j'ai pris du recul et je me sens revivre et être enfin moi même :-) je pense que je prendrai encore "des claques" mais je mettrai moins de temps a les "digérer"
    Nous n'avons pas toutes et tous les mêmes sensibilités, et parfois il faut peser ses mots avant de les dire ????
    Bisous et bonne nuit

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    1. J'aurais pu écrire chacun de tes mots. Merci, Marie. C'est apaisant.
      Il est vrai que j'ai suivi une progression similaire et que j'ai fini depuis longtemps d'être une mère Thérèsa...même si je suis encore un peu Amélie Poulain, mais il est une grande différence entre vouloir soulager la misère humaine comme la première et se contenter d'apporter un peu de soleil dans le quotidien des gens, comme la seconde.

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  18. Je me demande si, derrière les "non, tu ne peux pas comprendre", il n'y a pas une pointe d'orgueil qui ne dit pas son nom ? Moi je souffre, pas toi, et je me drape dans mon immense souffrance : c'est une attitude que j'ai du mal à comprendre autrement. Quand j'ai moi-même été frappé par des deuils, j'ai accueilli toutes les marques de sympathie pour ce qu'elles étaient : de l'empathie, de l'amour, de l'amitié, point barre.

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    1. Merveilleux, TB, tes mots sont comme un baume. Tu n'as peut être pas suivi tous les commentaires, mais je te le dis. Je prends ton commentaire comme de l'empathie, de l'amour et de l'amitié, point barre.
      :-))))

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  19. Une présence discrète, un regard, un geste tendre valent mille mots!
    Les mots peuvent être inutiles, creux, vides de sens tant on se sent meurtrie...

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    1. Certes, je comprends ce que tu veux dire. Pourtant, chacun réagit différemment, d'autres préfèreront les mots... Tant bourrin a raison: un mot sincère, même maladroit, devrait être pris pour ce qu'il est: l'expression d'un sentiment positif.
      Et puis, dans le monde virtuel des blogs, lorsque quelqu'un raconte un malheur, Comment faire passer un regard ou un geste tendre pour répondre a une détresse? Seuls les mots peuvent témoigner de la compassion. Quelle difficulté alors pour choisir les bons!
      Je t'embrasse.

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  20. Je sais pas, ça me laisse dubitatif, ce post. D’un côté, je comprends que ça puisse être mal vécu, de se faire rabrouer par l’une ou l’autre des formules consacrées que tu cites, quand on compatis, quand on éprouve cette empathie dont tu parles. D’un autre côté, les souffrances sont toutes différentes et je ne sais pas s’il existe quelque chose de plus personnel que la douleur, d’où qu’elle vienne. Parler de ce qu’on n’a pas connu à quelqu’un qui lui, le connaît, peut-être dans sa chair, et qui veut peut-être qu’on évite de le lui remémorer, c’est forcément prendre ce risque de se faire envoyer paître. Parler de la rue au SDF sans savoir ce qu’est ne serait-ce qu’une nuit pluvieuse d’hiver sur un banc de parc de banlieue, ça va faire mal. Parler de la faim à celui qui sait ce qu’est toute une semaine avec une demi baguette, ça va faire mal. Celui (ou celle, on va pas pinailler sur la sémantique) qui le sait, qui le connaît, ben souvent il se tait, et souvent aussi il aimerait bien qu’on fasse pareil. C’est même pas une question de suffisance, de « je sais et pas toi », c’est juste ne pas retourner le couteau dans une plaie qui, de toutes façons, ne se refermera jamais complètement. Cette douleur là, cette blessure là, c’est déjà presque trop que les autres en aient conscience. C’est Malraux qui disait que la vérité d’un homme c’est d’abord ce qu’il cache et je pense que ça s’applique tout à fait ici. Un animal blessé se cache, et l’homme est un animal. Alors on a inventé des formules du genre « il y a plus malheureux » ou « ça pourrait être pire »… Ouais, sans doute. N’empêche que l’empathie est un sport à hauts risques, enfin je crois, mais c’est peut-être aussi, comme l’humilité, parmi les choses qui nous rendent humains, donc faillibles.


    Bernard

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    1. Tu soulèves là un problème un peu différent.
      Les grandes douleurs sont, parait-il, muettes.
      On peut être témoin d'une douleur infinie, mais qui n'est pas exprimée. Il faut alors un tact infini pour dire que l'on est disponible si la personne veut faire la démarche d'en parler mais qu'elle n'ose pas par pudeur ou pour ne pas déranger.
      Savoir dire: je suis là, si tu le veux, autrement je respecte ton silence. Pour ça, il faut beaucoup d'amour et/ou d'empathie.
      Je rends hommage ici à une blogueuse qui, un jour de vague à l'âme consécutif au décès de ma compagne, m'a pudiquement offert un effleurement de mon âme par la sienne. Cette blogueuse alors anonyme, est devenue une amie chère.

      Mais dans le cas d'espèce, Célestine relève une autre attitude:
      " Cependant, certaines personnes que j'ai croisées dans ma vie m'ont péremptoirement affirmé que l'on ne pouvait pas parler si l'on ne vivait pas les choses."
      Lorsque ces personnes sont directement concernées par "la chose" en question, il y a tout un panel de sentiments qui ont été exprimés ici:
      - l'orgueil d'être différent par la douleur subie.
      - une forme de mépris ou de jalousie pour ceux qui ne partagent pas des galères semblables.
      - une forme de repli sur soi.
      - une forme un peu particulière de se prouver qu'on existe.
      Il est des douleurs qui se brandissent comme un étendard ou une blessure de guerre, avec la frustration qu'il n'y a pas de médailles à la clef. Pas d'attestation de bravoure pour avoir enduré ces douleurs, qu'elles soient physiques ou affectives.

      Pour le cas où la personne n'est pas concernée directement, du genre:
      "Tu ne peut pas savoir ce qu'untel a enduré", il y a là un forme de mépris qui présuppose que l'auteur de ces paroles est, lui, apte à le comprendre et qui, dans les faits, ne tient généralement pas compte de ce que le récipiendaire de cette accusation a déjà pu vivre dans sa vie.
      Si tel n'est pas le cas, la formule devrait être: "Nous ne pouvons pas savoir....."

      Mais tu as raison dans ta conclusion: l'empathie est un sport à hauts risques...

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    2. Tout ce que je lis ce matin est très émouvant, car le débat s'envole, et comme toujours dans ces cas là, il est de haute tenue. Je vous en remercie. Il est certain que mon billet soulève des questions différentes selon l'angle de vue. Je rappelle qu'au départ, il y avait ce billet d'une blogueuse qui imaginait ce qu'elle ressentirait si sa petite fille mourait. Quand je lui ai répondu très gentiment qu'il me semblait que c'était se torturer inutilement que de se projeter dans ce genre de situation, je voulais juste exprimer le " a chaque jour suffit sa peine" cité ici par Bizak et par Coumarine. Elle m'a répondu la phrase que j'ai mise en exergue: " Ne doit-on évoquer les choses que lorsqu'on les vit? "
      Le débat a dérivé sur l'empathie, et sur l'attitude que l'on doit ou non avoir en face de quelqu'un qui souffre.

      Bernard, je comprends tout a fait ton point de vue. Encore faut-il savoir ce que signifie "parler" de la rue, ou " parler" de la faim a un SDF...si c'est parler pour parler, sans réfléchir, évidemment cela va faire mal. L'exemple du SDF est d'ailleurs bien choisi: avoir de l'empathie, dans ce cas, c'est non seulement un sport de haut risque, mais aussi avoir des couilles, si je peux me permettre. La fameuse "présence muette" le style je suis là si tu as besoin, ce n'est pas très implicant. Mais qui est prêt à recevoir la personne, à partager son repas et sa maison?
      Quant à l'exemple des animaux, il me laisse dubitative à mon tour...la sélection naturelle fait que l'animal blessé est abandonné à son sort, enfin il me semble et pourtant on voit aussi des vidéos ou des animaux s'entraident, comme mus par une sorte d'empathie...donc je ne sais pas trop que dire, quand on compare les humains aux animaux. Voilà un bon exemple de situation ou il vaut mieux ne pas parler quand on ne sait pas...
      Je crois que, tu as raison, personne ne détient l'attitude parfaite devant la douleur. Nous sommes tous imparfaits, faillibles et vulnérables.et la meilleure des empathies serait de continuer à se battre pour un monde où il n'y aurait plus de SDF...

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    3. Blutchiamo
      Je comprends très bien aussi les arguments que tu développes pour essayer de comprendre mon point de vue. Comme je le dis dans le billet, il est difficile de se mettre a la place de l'autre, pour ne pas dire impossible.
      Dans la situation que tu racontes, je crois( mais est-on vraiment certain?) que j'aurais réagi comme cette blogueuse . Je t'aurais proposé un effleurement, une écoute, une main tendue. Une oreille attentive. Je te connais suffisamment pour deviner que tu ne l'as pas envoyée sur les roses a ce moment-là, en lui disant qu'elle ne pouvait pas comprendre.

      J'ai toujours été une écouteuse, une receveuse de confidences, jusqu'à parfois devenir un déversoir de malheurs. Un jour, quelqu'un m'a dit que je n'avais pas à écouter toute la merde des autres, que je n'étais pas une poubelle. Que pour pouvoir donner, il faut pouvoir se remplir, et que lorsque l'on est plein de mauvaises choses, on ne peut plus donner de belles choses. Cet ami-là m'a fait un cadeau précieux. Il m'a appris à me préserver. Il m'a dit que ce n'est pas en se noyant avec lui que l'on est utile à un noyé, mais en restant sur la terre ferme et en lui tendant une main ou une bouée. Que les gens n'ont pas à nous prendre pour la bouée ou le rocher. Qu'aider quelqu'un à porter un fardeau, ce n'était pas prendre le fardeau mais seulement une partie pour soulager ses épaules.Bref, que l'empathie avait ses limites.
      Alors, sport de haut risque, sûrement, mais pas sport de l'extrême.
      Mille baci.

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    4. Selon les bouddhistes, l 'empathie n'est pas de prendre sur soi le malheur des autres. En effet. Le mal que ça nous fait ne lui fait pas de bien pour autant.
      Lorsque les autres doivent se débarrasser de merdes, il est possible de favoriser la vidange, à condition de ne pas être dans la trajectoire... Et pour les personnes toxiques qui veulent nous charger de leurs merdes, on est en droit absolu de les éconduire, en leur expliquant pourquoi. Parce que ça existe aussi ces personnes-là :-(
      Un mot de réconfort, une épaule pour que "l'autre" puisse y enfouir son nez et chialer tout à son aise suffisent souvent pour soigner les peines affectives.
      Pour la blogueuse, bien sûr que non, d'autant qu'elle était elle aussi dans un abandon, plus vicieux peut-être, puisqu'une rupture subie... C'était une sorte d'association de l'aveugle et du paralytique...
      Ton seul tort, à l'époque, était de ne pas me connaître :-) car je suis certain alors que j'aurais eu deux cannes...
      Ti bacio forte

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    5. *_* là je ne peux rien ajouter... (l'émotion ^^ )

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  21. Il m'est arrivé de dire : "Je sais que je ne peux pas comprendre, mais je pense à toi..."
    Etre là, et attendre ?...

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    1. Oui, être là, attendre, sans rien dire, mais parfois cela peut passer pour de l'indifférence aussi...
      On ne se sent pas très actif, on aimerait " faire quelque chose" peut être a-t-on le jugement faussé par l'image du médecin qui, lui, agit au lieu de rester planté...on se dit que les douleurs morales sont du même ordre, et on se plante...
      Je sais, on marche sur des œufs...

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    2. Comme quoi faut pas laisser un p'tit com' vite fait sur le gaz sans y réfléchir un peu avant de courir au boulot :

      J'ai appris à ajouter, depuis peu, "...et si tu penses que je puis t'être utile, n'hésite pas."
      La porte est ouverte, mais l'initiative reste chez l'autre.

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    3. J'avais compris qu'il y avait une suite à ce: "et attendre...".... ;-)
      bises de nuit

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  22. Peut être est-ce l'imagination qui permet de parler de ce que l'on ne connait pas ou la mémoire qui permet de parler de ce que l'on a connu et que l'on ne connaitra plus.

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    1. Bien sur! Tout cela fait partie du mystère de l'humanité. Nous ne pouvons, comme les animaux, rester tranquillement dans un coin en évitant simplement de ne pas être mangé.
      Il nous faut constamment imaginer, faire des hypothèses, supputer, évaluer, se remémorer, atermoyer, réfléchir, débattre...tout cela parce que nous possédons un langage articulé, et un intellect qui prend le pas sur nos émotions.
      Je te renvoie a l'excellent commentaire de Bizak, hier, qui cite Janssen.

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  23. Bah, tout le monde parle sans savoir: quand tu relaies telle ou telle info entendue dans les médias, t'es jamais sure, car tu n'as pas pu (tu n'as pas eu les moyens de ) vérifier par toi-même! C'est la base même des manipulations des masses ...
    "Faits-opinions-sentiments" : les trois sphères du discours qui faussent l'assertivité!
    Des faits, rien que des faits, un peu de sentiments et surtout pas d'opinions toutes faites!!
    Reste ... le doute !!! ;)
    Hou hou, il est bien sérieux ce comm'!! Mais c'est ta faute aussi , na !!

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    1. Tu sais très bien être sérieux quand il le faut.
      Et puis les gens qui rigolent beaucoup sont de grands sentimentaux qui cachent pudiquement leurs sentiments, c'est bien connu...
      Un fait: tu es venu malgré le nombre impressionnant de commentaires "sérieux"
      Une opinion: tu as raison, on est tous manipulés, mais un peu moins dès qu l'on en a conscience
      Un sentiment: ton commentaire m'a fait extrêmement plaisir :-)

      Allez, tu sais bien que je ne reste jamais sérieuse bien longtemps...

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  24. On est partis sur l'accompagnement et sur le "Tu ne peux pas savoir", mais c'est la détresse de ton dernier paragraphe qui m'avait d'abord touché. Je ne savais comment mettre en forme mes idées, et puis, va savoir pourquoi, sans le chercher je suis tombé sur le lien de ce commentaire de Cécile le 25 septembre au billet de Coumarine "La mort est un nouveau soleil" du 22 septembre 2012 (et y'en a qui croient pas aux synchronicités). Il est intéressant parce que Cécile sait de quoi elle parle, et c'est rassurant, apaisant.

    Je la cite :

    "La seule certitude que nous avons dans la vie est bien de mourir un jour... J'ai eu la chance de pouvoir accompagner la fin de vie de mes parents, de ma mère il y a bien longtemps,et de mon père en cette fin d'été. A leur contact et face à leur sérénité, tellement semblable à la tienne Coumarine, je me suis trouvée moi aussi à apprivoiser la mort, la leur et la mienne, à m'y relier, à la vivre plutôt qu'à la dénier. Vivre la mort, c'est vivre pleinement la vie. Après bien sur, il reste le vide de l'autre, mais ce vide est plein de vie. Le message que tu passe est un cadeau inestimable pour les proches. Et pour les générations qui suivent. Ce cadeau, je l'ai reçu, je le savoure et je t'y rejoints."

    Pour ma part, je me souviens avoir lu le témoignage d'une jeune femme venu veiller son père mourant à l'hôpital. Il était inconscient et elle ne savait que faire, mais elle avait le sentiment que sa présence était importante. Elle s'est assise près de lui et lui a pris la main. Au bout d'un moment, elle a découvert que leurs respirations s'étaient synchronisées, et elle a eu l'impression d'une sorte de communion silencieuse. Du temps est passé, et enfin, la respiration de son père s'est arrêté, doucement, sans sursaut, ni bruit ni fureur.
    Et elle, était apaisée...

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    1. Merci pour ce très beau commentaire, et pour ce très beau texte publié chez Coumarine, qui en quelque sorte, faut un peu la synthèse de tous les autres.
      Je suis apaisée ce soir, même si je n'ai pas vraiment éprouvé de trop grosse tempête...
      Mais ce billet m'a donné l'occasion d'exprimer des choses profondes, un peu enfouies, et de les partager avec des gens bien.
      Alors merci.^^

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  25. Non , il me semble que l'on ne peut pas parler de ce que l'on ne connait pas , de souffrance vraiment personnelles, comme du deuil d'un enfant , de l'inceste .Pour une fois je ne suis pas d'accord, il est de souffrances qui relèvent de l'inDicible, je ne parle pas des souffrances collectives, de celles du souvenirs, du devoir de mémoire, je parle de celleS qui font si mal que la réserve, le respect, la pudeur doivent prendre le pas. Mais c'est mon avis . Le billet que tu évoques m'a bcp dérangée.

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    1. Je comprends ce que tu veux dire.Et pourtant le billet de mon amie était parti de la lecture d'un livre. Le livre de quelqu'un qui a peut-être au contraire trouvé un refuge dans l'écriture de sa souffrance plutôt que dans le "taire"...
      Tu as raison, tout est personnel, en matière de souffrance individuelle, y compris la façon dont on la partage -ou ne la partage pas- avec d'autres.
      Ecrire mon billet était sans doute une façon d'apaiser les remous que l'autre billet avait provoqués en moi.
      je t'embrasse

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  26. Jusqu'au bout... bouhhhh l'eau est montée aux yeux, le coeur s'est accéléré. Profite, profite, remplis toi les yeux, le coeur de ces souvenirs qui t'aideront plus tard.

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    1. Merci, Lou. je t'embrasse pour tes mots posés ici délicatement.

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  27. Ce thème présent "savoir sans parler" a réveillé et révélé tellement d'avis et m'a appris beaucoup de choses avec tous les commentaires que j'ai eus plaisir à lire! Célestine , ton blog est un havre de paix, on s'y délecte et on s'y réjouis!

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    1. Merci, c'est très gentil. Havre de paix... Dans ce monde de brutes.

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  28. Promis, la prochaine fois je n'écris pas de billet pendant les vacances !
    Une jolie réflexion sur le sujet des mots qui en comblent en rien... A lire le magnifique roman de Nathalie Aumont, Consolation, édition Arléa.
    Je t'embrasse

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    1. Mais que dis-tu chère? Tu as vu ce que ton billet a permis? Que chacun s'exprime dans le respect et la pudeur sur un sujet sensible. Je ne te remercierai jamais assez d'avoir écrit cette belle phrase.

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  29. Célestine, je ne m'étendrai pas car ça me rappelle trop quelques échanges écrits pas si vieux.
    Bisous

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  30. C'est ton droit. Tu n'es meme pas obligée de lire ou de commenter ma Soene. Chacun est libre.
    Bisous sincères

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  31. Je suis partagée sur le sujet, et là encore on ne peut se fier qu'à sa propre expérience, son propre vécu même si anticiper et imaginer permet aux écrivains leurs plus belles pages, bien souvent... Mais la différence, quand on a vécu certaines choses, la mort d'un parent pour ne citer que ça (sinon la liste serait longue) nous permet une attention aux autres qui vivent la même épreuve que nous n'aurions pas forcément eue avant. On sait heure par heure ce que ressent l'ami dans la peine, alors qu'avant on s'imaginait mais sans la charge émotive qui va avec... C'est comme une infirmière qui te demande une note de 1 à 10 de l'échelle de ta douleur, le matin quand elle s'approche de ton lit : si tu dis 10 parce que tu as vraiment très mal, elle répond : "ha bon vous avez l'impression qu'on vous arrache un bras ?"; Consternation. On ne peut s'empêcher de penser que cette dame n'a jamais souffert et que ce qu'elle "pense" de la douleur reste très théorique. La théorie ne remplacera jamais la pratique, aussi brillante fut-elle... Car les théoriciens et autres donneurs de leçons sont souvent brillants non ? Mais qu'en est-il quand ils doivent faire face à la pratique ? Quand ils se retrouvent confrontés au problème dont ils s'étaient fait "une idée" ? Je reste dubitative et ne me mêle pas de sujets douloureux quand je ne connais pas. L'inceste par exemple me révulse mais ne l'ayant pas vécu (Dieu merci), je ne me permettrais jamais de donner mon avis sur le sujet à quelqu'un qui en a été traumatisé... Pour ce qui est de la mort, nous sommes tous confrontés à elle un jour ou l'autre, mais ce n'est pas parce que nous avons perdu un être cher que nous sommes prêts pour en perdre un second, par exemple... Mais nous "savons" que quand ça viendra (si ça survient avant notre propre disparition) que ce sera tout aussi terrible que la première fois...
    En revanche, les grandes horreurs du passé et les guerres du présent qui ne nous touchent pas parce qu'elles n'ont pas lieu dans notre pays, qu'elle ne nous privent donc de rien, je pense que l'imagination ne suffit pas pour se mettre à la place des gens qui subissent ça, on peut juste être compatissants et souhaiter que ça ne nous arrive pas justement !
    Et pardon pour ce looong commentaire... C'est un sujet qui suscite le débat et, comme souvent dans ces cas-là, difficile de ne pas être à côté de la plaque, il faut rester à l'écoute et oublier son nombril ! Pas toujours facile, je l'admets...
    Bonne fin de soirée ;)

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    1. Merci d'avoir apporté ta pierre au débat. Il y a tellement de choses dans ce que tu dis.
      Je crois qu'il y a une différence importante entre "donner son avis" qui est du domaine de l'intellect, et tenter d'apporter du réconfort qui est du domaine de l'affectif.
      Je crois que chaque être humain fait de son mieux et que les galères, les chagrins, les épreuves n'épargnent personne.
      Bises

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  32. PS.S : je n'avais pas vu les commentaires si justes de Coumarine ! juste un petit mot sur l'empathie qui fait flop, ce n'est qu'une impression mais il peut arriver (c'est assez rare) que certaines personnes ne supportent pas l'empathie venant de tel ou tel, ne me demande pas pourquoi c'est ainsi, c'est injuste mais il est des amitiés qui ne "prennent" pas. Telle parole dite par certains n'aura jamais le même impact que dite par d'autres. Je pense (sans certitude) que nous sentons à dix kilomètres quand les mots de sympathie sont téléphonés, très beaux certes mais creux ... Il faut une réelle sincérité dans nos échanges, les mots mentent ou alors les mots ne sont pas en accord avec les actes, les gestes, quelque chose cloche ! A chacun de comprendre pourquoi sans se rejeter la faute à la figure... Il n'y a pas de mauvaises paroles d'empathie, il n'y a que des mauvaises personnes qui ne les pensent pas en les disant et c'est peut-être ça qui fait la différence... Mais je n'ai pas de réponse "universelle" , rien que du subjectif...

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    1. Tu as raison, certainement, on est tous, à certains moments, de mauvaises personnes. On gaffe, on met les pieds dans le plat, on ne dit pas ce que l'on aurait aimé dire, on croit être juste et on tombe à côté de la plaque. Dans le cas d'espèce, c'était moi, la mauvaise personne. C'est une souffrance pour moi. Il me faut apprendre à l'accepter.
      Merci de ton témoignage miss!
      A bientôt pour les plumes. ^^

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  33. Les "y'a qu'à" et les "faut qu'on" m'exasperent... Mais des "bien-pensant" il y en aura toujours alors... Ma philosophie: faire le tri entre ceux dont l'avis m'importe et ceux dont l'avis m'indiffere.

    Je t'embrasse Célestine, ton texte m'a fait penser au jour de l'enterrement de ma grand-mère où j'ai pleuré, non pas pour celle qui venait de décéder, mais pour celle qui était encore en vie. Comme toi, la fragilité de l'existence m'a heurtée de plein fouet...

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    1. Bonne philosophie,il me faut apprendre à ne pas sur-réagir à une parole, à un mot, je progresse mais c'est super long. Et sur les sujets sensibles, j'oublie la théorie et je m'écroule comme le jour d'un examen...
      Merci Stella pour tes mots.

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.