mardi 2 décembre 2014

S'approprier le programme...























Bien sûr, il y a le programme, qui fait parfois dire aux gens : "Je me demande où les maîtres d'école trouvent la foi et le courage d'enseigner de telles choses..." 

Il y a ce  ramassis, ce catalogue de choses abstraites qui semblent souvent inutiles, et qui font souvent dire aux élèves "Maîtresse, ça sert à quoi d'apprendre ça? "
Vastes questions ! Les choses doivent-elles toujours être "utiles dans la vie" pour être enseignées ? N'est-ce pas un peu réducteur ? Doit-on apprendre d'où vient le vent seulement si on veut devenir météorologue ? Ou la musique uniquement si l'on est sûr de faire carrière dans un orchestre ?

Alors, il y a la solitude du doute, le soir, sous la lampe, quand les yeux brûlent à force de corriger les devoirs imparfaits des têtes blondes. Sans relâche. Parce qu'on y croit mais que c'est difficile.

Et qu'on en vient parfois, soi-même, à se poser la question :" A quoi bon leur apprendre à tenir un compas, à faire une division ou à conjuguer au passé simple? A quoi bon savoir par coeur des poésies, des tables de multiplication, ou des règles d'orthographe dont tout le monde se contrefiche ?"

Bien sûr, on peut critiquer le programme. Le faire évoluer, l'améliorer, le simplifier. Le programme est fait par des hommes, donc ni infaillible ni imperfectible. Il résulte toujours d'une volonté politique, alors qu'il devrait être le fruit d'une réflexion philosophique. C'est si important pour une société de réfléchir à ce qu'elle veut apprendre à ses enfants...


On peut ne pas être d'accord, mais il faut quand même, par déontologie de la fonction,  donner l'impression qu'on le respecte. Sans se renier, néanmoins. Pas facile. Suivre l'esprit mais pas la lettre...

Alors oui, bien sûr, il y a le programme.
Mais il y a surtout la méthode. L'art d'enseigner. Quelque chose d'unique, que l'on forge comme un instrument de musique, avec patience et longueur de temps...Quelque chose de très personnel, un mélange de savoir-faire et de passion. Avec une bonne méthode, on peut apprendre aux enfants même les choses les plus austères ou rébarbatives.

Il suffit d'expliquer de façon sensitive, concrète, intuitive. Avec des dessins, des objets, des images, des saynètes, des comptines. Avec humour, avec tendresse. Avec l'amour du savoir en tant que porte de la sagesse. Compter avec des hirondelles sur des fils. Faire du dictionnaire le plus beau des romans d'aventure. Je vous explique pas ma méthode in extenso, sinon on n'est pas couché !


Il y a, enfin, tout ce qui ne se trouve pas dans les programmes. Les leçons d'arbres et de brins d'herbe. Les leçons d'étoiles et de nuages. Les leçons de oh! et de ah! Les leçons de terre, les leçons de Vie.   Et les verbes pronominaux: s'intéresser, s'entraider, se respecter, s'écouter, se dépasser, s'émerveiller, s'aimer.

L'essentiel, quoi.

A Pierre.
Suite à un beau commentaire qui méritait depuis l'autre jour une réponse.
A Mélodie, qui est une de ces extraordinaires maîtresses, et qui n'a pas répondu à Pierre sûrement parce que ce travail est terriblement prenant...
END... by NICOLAS ERRERA on Grooveshark

167 commentaires:

  1. Très touché par cette attention particulière que tu accordes à un de mes commentaires, en effet resté sans "réponse" là où il a été posté il y a quelques jours (et d'où tu as su le débusquer)…

    Tu abordes là un thème qui m'est cher : la transmission du savoir et de la connaissance. Tu exposes parfaitement les enjeux : la nécessité d'apprendre des bases, un "socle de connaissances", dont on peut parfois se demander à quoi elles servent prises séparément. Mais le savoir est une combinaison de connaissances croisées, qui s'enrichissent les unes par les autres et où même l'apparemment inutile peut trouver son utilité en se révélant ailleurs, là où on ne l'attendait pas.

    Sauf que, et c'était la raison de mon commentaire, certains savoirs passent par des méthodes d'apprentissage abstraites qui peuvent ne pas du tout convenir à certaines façons d'assimiler. Il y a alors blocage, donc échec dans cette synergie de connaissances. De plus le système scolaire français (et peut-être ailleurs aussi ?) et fait de telle façon que l'incapacité d'apprendre, d'assimiler, de saisir, d'appréhender certains savoir aboutit à des notes qui mettent l'élève en échec (davantage dans le secondaire que dans le primaire, d'après ma lointaine expérience). Être hermétique à certains apprentissage transforme alors l'élève en cancre, avec tous les effets néfastes, pour ne pas dire désastreux, qui peuvent en découler.

    J'ai été ce cancre, en certaines matières (et notamment en grammaire et en maths), cloué au pilori sur l'estrade devant toute une classe, plusieurs semaines de suite, et sommé d'expliquer des règles qui ne parvenaient pas à entrer dans mon cortex. Cela a fortement atteint mon estime de moi à un âge où celle-ci se construisait. Il se pourrait bien que j'en aie gardé à vie les séquelles et voila pourquoi je reste sensible à cette thématique.

    Mais il s'agit probablement davantage d'erreurs pédagogiques que d'aridité des programmes puisque je garde aussi le délicieux souvenir d'une maîtresse d'école attentionnée qui, par son souci d'aider ses élèves à bien apprendre avait su, jusqu'en fin de primaire, faire de moi un élève tout à fait honorable :)

    Et je suis absolument certain que tu es une maîtresse de cette trempe, Célestine.

    Bises de cancre ;)

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    1. Aujourd'hui nous sommes aux USA, et nous bénéficions d'une toute autre façon d'enseigner (à un coût prohibitif... mais bon)... avec un enfants qui a plusieurs difficultés d'apprentissage, ici il rayonne alors qu'en France on était dans l'impasse totale. Il a repris confiance en lui et continue d'avancer avec du soutien, des méthodes sensibles comme les décrit Célestine... je ne sais pas ce qu'il fera dans la vie, mais j'ai une immense gratitude pour ces enseignants qui regardent mon enfant comme une personne, qui voient ses points positifs et s'appuient dessus pour l'aider à apprendre, autrement... Sa vie ne se résume plus à ses difficultés, elles sont reconnues et acceptées et n'empêchent pas tout le reste de se développer.
      En France c'est toute une culture qu'il faut bouger, c'est pas facile. J'étais très bonne élève j'ai toujours réussi sur le plan scolaire, mais cela n'a pas construit ma confiance en moi pour autant... l'objectif du système de notation français : éviter les erreurs... le message d'ici : c'est grâce aux erreurs qu'on apprend.... il n'y aura ici jamais un zéro en dictée... car on note les mots corrects et on accumule des points, on ne retire pas des points pour les erreurs... la différence est fondamentale, et pourtant bien que je le voie, j'ai beaucoup de mal à l'intégrer, à me donner et à donner à mes enfants le droit à l'erreur... voire même les encourager à en faire !!!!!
      Merci à Célestine et à tous les enseignants qui savent transmettre leur passion, la vie et non pas juste des connaissances académiques... programme ou pas, là est toute la différence.
      Merci pour ces échanges qui font chaud au cœur, et belles pensée à Pierre en souhaitant que ses séquelles disparaissent un jour... il y en a beaucoup des blessés de l'éducation...
      Anne

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    2. @ Pierre

      Ton témoignage est évidemment très émouvant et me laisse un goût amer...Ce n'était pas mon idée de l'école, quand j'étais petite, et ça ne l'est toujours pas à l'aube de tourner cette belle page de ma vie...
      Pour moi, l'école devrait être un lieu d'épanouissement, un lieu de livres, de musique, de belles histoires, un lieu où l'on donne des chances aux enfants qui n'en ont pas, où l'on écoute les enfants à qui personne ne fait attention, un lieu où l'on rit, où l'on chante, où l'on apprend à vivre ensemble.Un lieu qui rattrape les injustices du destin...
      Je me sens de plus en plus décalée dans ce que l'on me demande théoriquement d'enseigner. Je trouve que j'ai de moins en moins de temps pour laisser s'épanouir les graines dans le cerveau de mes élèves. il faut tout faire vite, ils n'ont plus le temps d'assimiler, on est pressé par les résultats, les évaluations, bref, ce n'est plus ma conception de la transmission du savoir.
      Alors, je sais déjà que ma mission va se continuer autrement. Je m'épuise à essayer de convaincre des supérieurs hiérarchiques préoccupés par leur logique comptable et non par l'intérêt supérieur de la nation, qui est de former des citoyens éclairés.
      Mon habit de maîtresse me serre aux entournures, et les moulins à vent sont de plus en plus grands et menaçants. Et je n'ai pas envie non plus de d'être obligée de faire ces constats peu optimistes. Et pourtant, beaucoup d'enseignants sentent le malaise sans avoir l'impression de pouvoir changer les choses et réagir....
      Bref, aux erreurs pédagogiques de certains professeurs s'ajoutent hélas de plus en plus des problèmes sociétaux profonds, et ma baguette magique ne se sent puissante que lorsque la porte de ma classe s'est refermée.
      Bises néanmoins militantes, toujours...

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    3. @ Anne

      Puisque tu as l'honnêteté de dire que tes enfants vont dans une école privée américaine, qui coûte donc cher, je te dirai que tu mets le doigt sur un des problèmes les plus cruciaux en matière d'éducation. La grande idée d'école gratuite laïque et obligatoire, l'école "communale" pour tous s'envole peu à peu en fumée devant le libéralisme galopant. Tout s'achète, tout se vend, tout se monnaye, et du coup, l'éducation devient un gros marché, un gâteau que certains rêvent de privatiser complètement...tout comme les transports, la santé et la justice, les services publics s'effondrent, minés de l'intérieur par des directives ineptes et des agents incompétents...

      Quant àla philosophie de l'encouragement, il est vrai qu'elle fait des miracles, en redonnant confiance à des enfants. Mais comment le ministère de l'institution la plus importante du pays, l'Education Nationale, compte-t-il redonner confiance aux élèves en supprimant les notes, tout en n'accordant aucune confiance à ses professeurs ? Réhabiliter l'image des professeurs dépend évidemment des professeurs eux-mêmes, et je crois avoir rencontré davantage de gens consciencieux que de "branlots" dans ma carrière. Mais cela dépend aussi du langage que l'on tient dans les médias, de l'image d'épinal que l'on trimballe sur les professeurs, (fainéants, nantis, corporatistes) qui ne concerne qu'une minorité et stigmatise pourtant toute la profession.
      Quand je parle de réflexion philosophique sur l'école au sens large, je pense vraiment qu'il faudrait multiplier les tables rondes, et que plutôt que de s'accuser les uns les autres, fédérer toutes les bonnes volontés et tout mettre en oeuvre: parents, enseignants, élèves, pour viser un objectif commun : l'avenir de la société. J'ai toujours été une idéaliste, j'assume.
      On ne fait avancer les choses qu'en visant haut et large. Et il y a de bonnes idées partout.

      Bises Anne et bonne chance aux States

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    4. Au sens ministériel du terme, tu es hélas mia Cara un mauvais élément de l'Enorme Nullité.
      Il y a belle lurette qu'on ne demande plus à l'école publique de former une jeunesse intelligente et réfléchie, mais des bêtes de somme pour l'industrie. Voir des chômeurs depuis une vingtaine d'année où l'industrie française se délite.
      Imagine le danger pour les politocards qui nous gouvernent s'ils se trouvent en face d'une armée de chômeurs instruits et réfléchis... Ca foutrait le boxon dans la République. Ils pourraient se mettre à exiger d'avoir droit au chapitre et de pouvoir décider eux-mêmes de leur avenir. Ce serait la mort de la monarchie gaullienne. Charlot s'en retournerait dans sa tombe.
      Aurais-tu dans l'idée de faire de la France une jeune soeur de la démocratie suisse?
      Former la jeunesse est le privilège des écoles privées, celles qui s'adressent à l'élite financière.

      Mais peut-on blâmer les instits qui font, contre vents et marées, leur boulot à l'ancienne, avec une foi en béton armé....

      Tiens, je ne sais pas si c'est arrivé en France: Mon plus jeune fils a appris à lire avec la méthode globale... Une cata. Il n'y a pas plus performant pour créer un peuple d'illettrés.
      Molto baci

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    5. A te lire je me sens très subversive...Mais j'assume.
      Je sais que je suis un mauvais élément, puisque je fais trop marcher mon cerveau...
      J'ai un public de trente élèves dans ma classe, d'un peu moins de trois cents dans l'école...Sur ce blog, chaque jour, environ six cents personnes me lisent...
      Je me prends à rêver d'écrire un livre qui toucherait quelques millions de gens...avant de quitter cette vallée de larmes, je serais heureuse d'avoir ainsi dispersé au vent les quelques graines de mes espoirs. Juste comme ça. Pour dire. Sans prétention.

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    6. il faut faire cela, Célestine... mettre ce désir en acte
      Tu as les éléments pour le faire, tu sauras toucher les gens...

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    7. Oooh Coumarine, avec une marraine comme toi...je me prends à y croire vraiment !
      Je t'adore!

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    8. Célestine, j'entends ton désarroi de maîtresse désarmée devant les desiderata de ta hiérarchie et du "système éducatif". Je comprends ton envie de passer le flambeau à d'autres avant qu'il ne s'éteigne en toi, avant de perdre cette "foi" qui t'anime.
      Je ne partage pas l'avis de Blutch quant à un supposé dessein de décrébrage généralisé : j'y vois plutôt de l'incompétence de la part des élites, due au fait que ceux qui décident sont trop éloignés du "terrain". Je crois que ce qui manque dans ce système, c'est de la confiance envers ceux qui sont en charge de transmettre des connaissances : en cherchant à baliser de trop près une seule route autorisée, c'est le choix de la méthode qui est ôté, donc l'intérêt du métier. Oui, l'école (et tant d'autres lieux…) devraient être des lieux d'épanouissement, tant pour les élèves que pour les enseignants.
      Je t'encourage, Célestine, à prendre ta plus belle plume (numérique) pour écrire ce livre dont tu rêves. Tu as la fougue et le talent pour cela ;)

      @ Anne : merci pour ces belles pensées.

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    9. Alors si toi aussi tu t'y mets, cela me donne des ailes...
      Merci Pierre pour tes encouragements. Tu as bien saisi la fièvre, un peu âcre par moments, qui m'anime...
      Bises transportées

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    10. @ Pierre
      Dans mon analyse, j'aimerais vraiment me tromper et que ce ne soit que de l'incompétence, car ce serait rapidement réversible. Hélas je viens de l'industrie et je sais quel profil intéresse les patrons. Regarde ce que doivent encaisser les militants syndicalistes et tu comprends qu'un bon salarié est un salarié qui doute de sa propre valeur, qui se tait et qui obéi. Ce profil idéal doit se formater :-(
      Et puis avoue que ce serait un hasard statistiquement improbable de ne voir que des incompétents à direction de l'EN depuis 30 ou 40 ans qu'elle descend aux enfers...

      J'avais eu, en 1978 déjà, une discussion intéressante avec un directeur des écoles en Suisse. Je m'étonnais qu'avec les moyens matériels dont elle dispose, l'école ne soit pas plus efficace pour développer l'autonomie intellectuelle des élèves.
      Réponse édifiante et désabusée de cet ex-prof:
      "Ce que coûte l'école n'a aucune importance, pourvu qu'elle ne fasse précisément pas ça."

      Autrement, tu as parfaitement raison dans ton analyse sur notre hôtesse. J'approuve des deux mains avec preuves à l'appui, puisque j'ai lu "L'orteil d’Apollon" .
      Amitiés

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    11. Ce n'est pas pour minimiser ce que tu dis, Blutchy, mais l'Orteil n'était qu'un petit galop d'essai sans grande importance...

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    12. Voudrais-tu que j'argumente?...
      Sans déc. l'intrigue est originale et intéressante (j'aimerais bien que ça m'arrive un truc pareil (tu vois d'ici le renouveau dans la crasse politique...)), l'écriture est fluide, plaisante et bien faite.
      Ce petit galop d'essai vaut le coup de s'attarder sur la pouliche :-D
      Molto baci

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    13. Tu es trop gentil, Blutchiamo...
      J'en hennis de joie...Mais si tu donnes envie à quelques lecteurs,comment je vais faire? nan parce que tous les exemplaires sont épuisés...A peine en ai-je gardé un pour moi...
      ^^

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    14. Ils ne sauront donc jamais ce qu'ils ont perdu à procrastiner outre mesure, à moins d'une réédition...
      :-D

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    15. @ Blutch
      Il se peut que tu aies raison en disant que tout cela est sciemment voulu mais quelque chose en moi fait que je ne pourrai sans doute jamais me résoudre à voir le monde ainsi. J'aime assez l'adage qui dit que toute personne, en accédant aux postes de décision, tend vers son incompétence. Il ne serait donc pas étonnant de voir nombre d'incompétents (ou du moins aux compétences trop étroites) dans les plus hautes sphères.

      Que certains patrons (beaucoup ?) préfèrent des profils dociles et formatés, c'est possible, mais je ne pense pas qu'on puisse généraliser cette éventuelle attente. L'inventivité demande une certaine dose de non-conformisme. Je ne pense pas non plus que le monde de l'éducation et celui de l'économie se confondent : j'imagine mal un accord patrons-éducation pour produire les "bêtes de somme pour l'industrie". Suis-je naïf ? Peut-être…

      L'éducation nationale n'est, à mon avis, qu'un des éléments des changements sociétaux auxquels nous participons activement et collectivement depuis les 30 ou 40 dernières années.

      Amicalement

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    16. Je suis probablement un type spécial. Je peux faire des constats de la société sans faire interférer mes idéaux. Je vois le cynisme tel qu'il est tout en gardant intact mon âme d'enfant. J'ai aussi eu une autre éducation dans un pays qui pratique la démocratie directe et active, la Suisse.
      Je te parle de la synthèse globale que je fais du naufrage de l'EN et conséquemment de la société. Je sais pertinemment que des patrons et des politiciens ne correspondent pas à ce schéma, comme je sais que des instits restent accroché(e)s à leur idéaux, mais cette minorité peut-elle justifier le reste....

      Tu relates le principe de Peter où l'on fait grimper dans la hiérarchie des individus au delà de leurs compétences réelles.
      Je pose la question autrement: "Fait-on grimper des gens qui ont de réelles compétences?"
      Je regarde la société depuis un demi-siècle et j'y vois de plus en plus une constante: Devient chef celui qui sait obéir à sa hiérarchie. Ses compétences professionnelles n'ont aucune importance puisque ce n'est plus lui qui fait le boulot. Lorsque tu commences comme ça pour les petits cheffaillons, tu te retrouves avec des pontes qui sont les serpillères du pouvoir.
      Et où se trouve le pouvoir?
      Depuis 1945, aucune décision politique n'a pu être prise sans avoir l'aval de la pétro-pharmaco-chimie. Strictement aucune.

      Regarde le désastre socialiste: Le candidat Hollande avait un ennemi: La Phynance. Depuis, il nous prouve qu'il est pour la réconciliation... sur le dos du petit peuple :-(
      Il y a de quoi remplir des milliers de pages avec les compromissions des politiques. Juste une dernière:
      Servier a pu tuer plus de 500 personnes et coûter quelques milliards à la SECU durant 15 ou 20 ans de trop avec son Médiator car c'était un des gros donateurs de l'UMP et il était client du cabinet d'avocat d'un certain Sarkozy.

      Si l'EN suivait les méthodes d'enseignement (je n'ose pas dire pédagogiques) de Célestine, le peuple de France saurait trop bien pourquoi il se fait gruger et il pourrait mettre en cause tout l'édifice politico-financier qui dépouille le petit peuple.
      Je prends date: Après la Grèce, ce sera: le Portugal, l'Espagne, l'Italie, puis la France qui verront s'effondrer le social et les revenus du peuple. Si les petits Français sont conscients de ça, ils seraient capables de reprendre la Bastille ...
      Tiens, au fait, je crois que c'est l'année prochaine que les autoroutes auraient du devenir gratuites si Sarko ne les avaient pas bradées à ses potes...

      C'est vrai que l'inventivité demande une dose certaine d'anticonformisme, mais l'inventivité n'est plus beaucoup française, hélas. Il a fallu, par exemple, attendre 15 ans pour que l'industrie française se préoccupe des hydroliennes.

      Mais c'est vrai que l'EN n'est qu'un élément de la dérive vers l'ultra-libéralisme sauvage. Le maillon qui devrait museler le peuple par incompétence à penser par lui-même. Mais que fait Célestine (et quelques autres) dans cette galère....
      Mais ne va pas croire que je fais là un constat désespéré. C'est comme après une inondation: Il n'y a point de salut sans un constat lucide des dégâts et un grand nettoyage avant de réparer la maison France.

      Je me croyais à cent lieues du billet de Célestine, mais je suis, par l'exemple, en plein dans mon programme éducatif idéal :-)

      Je suis, pour ma petite part de colibri, plutôt dans les changements sociétaux inverses :-)

      Amitiés et baci à la tôlière.

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    17. Tristement, mon Blutchy, fort tristement, moi qui d'ordinaire prends tant de plaisir à te chiner et t'agacer dans la contradiction, et après quelques heures de vol presqu'équitablement réparties en temps entre privé et public, je suis obligé de constater que je suis totalement d'accord avec toi. Et c'est bien triste. Enfin pas d'être d'accord, hein, je parle du constat !

      :o(

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    18. Je vois quand même quelque chose de très positif dans ces échanges riches ( très riches) !
      C'est que l'esprit critique, la capacité d'analyser les situations et la faculté de dire non sont encore présentes au royaume de France...
      D'où vous sont-ils venus, lecteurs et lectrices chéris, si ce n'est de vos " humanités" comme on disait a l'époque. De votre formation de base qui vous a sans doute poussés à avoir l'esprit constamment en éveil, et à aller chercher tous seuls ce que vous n'avez pas appris â l'école , pour compléter votre éducation ?
      Je persiste à croire que l'école doit rester un terreau fertile dans lequel germent les graines de la citoyenneté éclairée. Et qu'on en est loin aujourd'hui, dans les faits.

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    19. ....et quand je parle de citoyenneté, c'est aussi une idée de colibri...
      Citoyenne du monde, je me sens, comme dirait maître Yoda.

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    20. @ Blutch
      Je serais moins en accord avec toi que candide, quoique sur le fond il y ait une large part de vrai dans ce que tu dis. Mais mon mode de pensée, prompt à la nuance, m'empêche d'adhérer vraiment à tout systématisme.

      Dans le monde qui m'entoure au quotidien, je vois des gens qui réfléchissent beaucoup et ont un sens critique intelligemment développé. Un enseignement leur a donc permis d'accéder à cette capacité d'analyse éclairée et l'éducation nationale leur en a sans doute donné les bases. J'en vois aussi qui ont un sens critique, disons… minimaliste : « c'est tout d'la faute des incapables qui nous gouvernent et qui comprennent rien » (formulé de façon plus ou moins habile). J'en vois aussi qui semblent totalement résignés, dépassés par la complexité des interactions d'un système auquel eux-mêmes avouent ne rien comprendre. J'en vois enfin qui, bien que critiques, sont conscients des complexités et ne se sentent pas en capacité d'agir à une autre échelle que la leur. On pourrait dire que les colibris font partie de cette dernière catégorie. Dans mon schéma simpliste, on voit que sens critique et capacité d'action sont deux axes perpendiculaires, dotés chacun d'un maximum et un minimum.

      Ceci pour dire que je ne crois pas que l'éducation nationale soit le principal facteur de "docilisation de la pensée" et que bien d'autres facteurs entrent en jeu à un niveau personnel : il y a des gens qui, devenus adultes, n'ont pas envie de "penser", c'est à dire se "se prendre la tête" à analyser des dynamiques extrêmement complexes (ce mot revient souvent dans mon propos mais je crois qu'il explique à lui seul beaucoup de choses…). Analyser des situations de plus en plus complexes demande un travail conséquent en recherche d'informations croisées, demande d'acquérir un savoir dans diverses disciplines, une capacité à associer ces pensées. Bref, cela demande une denrée précieuse : le temps.

      Qui a envie de passer beaucoup de ce temps, de ses loisirs, à s'informer en continu sur des sujets parfois arides ? Je crains que cela reste une minorité. Ce n'est donc pas que l'éducation n'aurait pas rempli son rôle, mais aussi la motivation de chacun de nous à *continuer* à apprendre sans relâche fait défaut. Si une part de citoyens se sent dépossédée de la connaissance c'est moins à cause d'un système décérébrant que par attrait de la simplification. Or on n'élabore rien d'intelligent avec une pensée simplificatrice.

      Tu as consacré beaucoup de temps pour expliquer la démocratie hélvétique sur Blogbo, parce que cela n'aurait pu se dire en trois phrases. Chacun de nous dispose de connaissances pointues dans quelques domaines plus ou moins étroits, mais relier ces connaissances entre elles dans de multiples champs n'est plus, à mon avis, une question d'apprendre à réfléchir mais de capacités mentales et de temps à y consacrer. Ce n'est pas à la portée de tous…

      Bon, je me suis peut-être un peu écarté du sujet ;)

      @ Célestine : merci de rappeler ce que nous devons à cette éducation nationale qui, quoique imparfaite, remplit quand même correctement sa mission. A nous, devenus adultes, de continuer à apprendre et développer notre sens critique.

      Merci à vous pour ces intéressants partages d'idées :)

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    21. Là où je te rejoins, Pierre, c'est quand tu dis qu'il ne faut pas non plus faire porter toute la responsabilité des maux de la société sur l'école. C'est un peu facile, c'est vrai.
      Il ne faut pas oublier que les élèves sont avant tout les enfants de leurs parents. Le vrai malaise vient en tout premier des problèmes éducatifs, de la perte de repères, des conditions de vie et de travail ( ou de chômage) du manque de réflexion sur l'acte d'éduquer, des difficultés de poser ses valeurs dans un monde de tentations, de facilité, déboussolé par le matérialisme, l'appât du gain...et trop de conseils mal avisés qui font des enfants souvent de petits monstres névrosés et capricieux, dont les parents ne savent plus de rendre maître. ( observer pour cela une scène de vie ordinaire à la caisse d'un supermarché, c'est édifiant.


      Tout cela est bien complexe, n'est-il pas ?

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    22. @ Pierre
      J'ai dit qu'il y a des gens qui ne sont pas parfaitement intégrées dans le système actuel. Le tout est de savoir combien?
      Un million? c'est 1,5% de la population, soit très en dessous du rebut tolérable dans un processus de fabrication... Mais on ne l'entend pas beaucoup, ce million de personnes :-(
      Je pense à une citation d'Einstein:
      "Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire."
      Il y a tant de choses qui paraissent incohérentes entre-elles et qui pourtant sont parfaitement ordonnées lorsqu'on change de point de vue (son angle de vision des choses).
      Pour en revenir à lui, Albert disait qu'il n'y a pas de problèmes insolubles, il n'y a que des questions mal posées...

      Il est vrai que la docilisation de la pensée doit beaucoup à la télé de consommation (genre TF1), mais elle dépend aussi de l'école et c'est la partie la moins acceptable car si ce n'est pas le rôle de Bouygues de développer le sens critique, c'est celui de l'école .
      Ce n'est pas un TRAVAIL (de tripalium) de s'informer (ou alors la vie est une torture), c'est juste le rôle d'un citoyen qui veut être libre.
      Ce qui m'amène à cette citation de Thomas Jefferson (pt des USA 1801-1809) que je verrais bien au fronton des écoles et de tous les bâtiments officiels:
      - Le prix de la Liberté est une vigilance éternelle.
      Amitiés

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    23. @ Célestine
      En toutes choses, il faut voir l'origine d'un mal et non ses conséquences.
      Dans mon analyse, j'ai intentionnellement occulté le volet familial, car il est le résultat des formatages précédents. C'est le microbe qui rend malade, pas la fièvre.
      Puisque tout se tient, j'en viens à ce principe bouddhiste qui conditionne la culpabilité à la conscience que l'action faite est mauvaise.
      Formatés à se taire, on ne peut accuser des parents de ne pas donner à leurs enfants ce qu'ils ignorent.
      Les concierges de luxe qui nous gouvernent ( ben oui, l'ENA est une école de gestion de ce qui existe déjà, il y apprennent donc un travail de conciergerie...) ont bien plus d'éléments en main pour développer leur sens critique, mais au fait, le font-ils vraiment?
      Ti bacio Sorellita

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    24. @ Blutch
      Globalement d'accord avec ce que tu dis et avec Albert concernant les questions mal posées.

      Concernant le travail, je le considère au sens d'effort consenti en vue de produire quelque chose : des biens, de l'argent, de la satisfaction… ou de la liberté de pensée. Réfléchir, s'informer, est donc à mes yeux une forme de "travail" (sans être davantage une torture que le travail qui me permet de vivre dans des conditions de confort et de liberté tout à fait satisfaisantes).

      J'aime bien la dernière citation :)

      @ Célestine
      Complexe, oui, mais tout le plaisir est là ;)
      Sans cela de quoi seraient alimentés les rapports humains ?

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    25. @Blutchiamo

      Mais ces parents de maintenant ont été élevés par des parents qui avaient appris...alors d'où est venu le schisme ?

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    26. @Pierre

      Ah les rapports humains, c'est vrai que c'est irremplaçable !

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    27. @ Célestine
      Il y a eu une république à peu près dans la ligne démocratique des autres pays. Elle a été renversée en 1958 par un coup d'état autoritaire. Depuis, la machine à décerveler se perfectionne à chaque législature. Ubu est roi en pays de France. Chaque élection voit son lot de coups de sabre dans les libertés individuelles.
      Chaque loi infantilise un peu plus les citoyens et ça tourne à la stupidité. L'année passée, Nora Berra n'a-t-elle pas déclaré que les SDF ne devaient pas sortir de chez-eux par grand froid...
      Tu verras que d'ici peu il y aura des campagnes de prévention nous invitant à ne pas oublier de respirer...
      Voilà aussi comment on crétinise un pays, et c'est vachement plus facile que de fabriquer des prix Nobel.

      Déclaration de Patrick Lelay, ex-PDG de TF1:
      "Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit". Avant de poursuivre son explication : "Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible".

      Il n'avait pas osé dire "malléable" ...
      Regarde les indices d'audiences de TF1 et celles d'ARTE, le schisme est là!
      Ti bacio

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    28. C'est imparable comme démonstration...
      J'irai jusqu'à dire hélas.
      Parce que c'est aussi très pessimiste. je sais que tu as raison,mais je ne peux m'empêcher de rêver à un monde meilleur.

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    29. Le premier pas vers la rédemption, c'est avouer ses péchés disait le con fesseur :-)
      C'est à partir d'un constat LUCIDE que l'on peut commencer à reconstruire, pas en faisant de petits bricolages à la con sur un truc pourri.
      Je ne suis pas pessimiste, bien au contraire. Tu vois, là, je me mets à rêver que celles et ceux qui m'ont lu se mettent à chercher les concordances entre les faits vécus.
      Se mettre à se demander pourquoi le nécessaire redressement des finances publiques passe par la suppression de la 1/2 part supplémentaire pour les femmes ayant élevé seule leurs enfants alors que les déductions fiscales pour avoir investi dans une villa luxueuse à Saint-Barth n'ont pas été supprimées... Après tu sais qu'il n'y a pas que Julie Gayet pour tenir le Président par les coui......
      Mais il ne faut pas que le savoir, il faut aussi le transmettre et trouver comment y échapper (au système, pas à Julie Gayet).
      Je ne crois plus aux révolutions collectives car elles débouchent sur des régimes fascistes... 1789 avait fait le lit de Napoléon.
      Par contre, c'est différent au niveau individuel.
      Je sais que la vente des autoroutes a été une arnaque, je ne prends plus les autoroutes. Tout le reste à lavement (merci Béru).
      Tu vois que moi aussi je rêve à un monde meilleur. Il y a bientôt 20 ans que je suis objecteur de croissance et je vis mieux maintenant.
      Alfred nous a raconté des conneries en disant que les chants désespérés sont les chants les plus beaux, tout au contraire. J'ai des utopies plein la tête et je sais qu'elle deviendront réalité si l'humanité ne veut pas crever.
      Baci

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    30. Pardon, Blutchy. C'est vrai que ce discours-là me fait plus de bien que le précédent.
      Je sais que tu vis en adéquation avec tes idées, je me demande juste comment ramener les cerveaux confisqués par Lelay et Coca-cola vers l'objection de croissance...la tâche me semble insurmontable, soudain. Je vais dormir, je serai plus optimiste demain.
      Molto baci il mio fedele amico

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    31. Tu t'emploies tout les jours à former 30 jeunes cerveaux. Je suis sûr aussi que tu sèmes de bonnes graines chez d'autres enseignantes, tu fais ta part de colibri, là où tu es efficace.

      Tu sais, les gens devront venir à l'objection de croissance. Lorsqu'il te manque deux euros pour finir le mois, il vaut mieux réfléchir où ne pas les dépenser...
      Je faisais un jour un petit calcul:
      Il y a 5 millions de sans emplois en France qui compressent les salaires à la baisse.
      Lorsqu'il y a deux salaires à plein temps dans un couple, les frais explosent: garde d'enfants, deux voitures, cantine, etc. etc.
      En faisant le compte de ce qui reste, le 2e salaire rapporte au couple 100 €/mois pour un SMIC.
      Avec un seul salaire (ou deux demis) le couple fait aisément 100€ d'économies.
      Si 5 millions de couple font ce calcul, il n'y a plus de chômage en France et les salaires prennent l'ascenseur...
      Encore une utopie :-D
      Baci Cara

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  2. Je vois que j'aurais fait un bien piètre enseignant, car je n'ai jamais su suivre un programme et une méthode auxquels je ne crois pas.

    Ca me rappelle qu'un jour à la radio suisse, le Pr en sciences appliquées à l'EPFL Jacques Neirynck posait la problématique des math modernes sous forme d'une équation à une inconnue.
    Sachant qu'avec les anciennes méthodes d'apprentissage il y a 10 % des élèves qui n'assimilaient pas les maths, il a fallu faire un nouveau système. Celui-ci laisse 30% des élèves sur le carreau et il faut les repêcher avec les anciennes méthodes. Les 2/3 réintègrent ainsi la compréhension des maths.
    Cherchez la rentabilité du nouveau système, sachant que sa mise en place a coûté des dizaines de millions à la collectivité.

    Ti bacio Sorellita

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    1. Tu mets le doigt,quant à toi, Blutchiamo, sur un des pires fléaux qui se soient abattus sur l'école depuis quarante ans: le pédagogisme.
      Des "chercheurs" éminents, réputés ou distingués (et qui se sont fait des couilles en or aux frais de laprincesse, au passage, en devenant de véritables "gourous" pour les maîtres, les Meyrieu, Ermel, Foucambert et consorts) se sont masturbé la tête dans tous les sens en multipliant les expériences sur les élèves en oubliant qu'ils n'étaient pas des rats de laboratoire mais des enfants, sacrifiant des générations sur l'autel de leurs délires. Les "maths modernes" (dont j'ai fait les frais, étant entrée en sixième l'année où elles ont été mises en place) en sont l'exemple le plus criant. mais il y a eu tellement d'autres pataugeages durant les quelques 20 ministères que j'ai essuyés dans ma carrière, où chaque ministre a pondu sa réforme, ses nouveaux programmes, son "grand plan" pour remonter tel ou tel secteur d'activité commerciale (qui se souvient du plan informatique avec les funestes "TO7 qui étaient tout sauf des ordinateurs, au secours!!!)
      Bref, quelle difficulté de garder le cap dans ces tempêtes pédagogistes, où une pratique encensée un jour pouvait se retrouver conspuée ou vouée aux gémonies le lendemain...)
      Quant à la nomenclature absolument incroyable aboutissant au "pédagol" ce jargon incompréhensible du commun des mortels, elle n'a cessé de se complexifier, (voir mon billet "les temps changent") alors qu'il serait si simple d'appeler un chat un chat...

      Enfin, à propos de ta première phrase, je ne dis pas autre chose: je ne crois qu'à ma méthode et à mon programme. Et mes élèves réussissent, c'est bizarre, non?

      Baci fratellino

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  3. La méthode ? Y'a paaaas d'méthode ! comme aurait dit leguignol d'un homme politique)

    Plus sérieusement, s'il suffisait d'une méthode à suivre pour dispenser le savoir et l'envie de savoir à nos têtes blondes et brunes, ça commencerait à se savoir ! Il n'y a que se qui se transmet avec passion qui peut passionner ! :~)

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    1. Mais si, cher TB. ma méthode n'est peut-être pas académique, mais elle marche.
      Elle s'appelle croire à ce que je fais, porter mes convictions comme un étendard, transmettre avec passion, et se moquer du tiers comme du quart des donneurs de leçons.
      Je vais finir par la faire breveter.
      Bisous

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  4. C'est amusant, ce billet ne parle que de pédagogie et pas une seule fois, le mot est écrit !! Trop forte, Célestine :)
    Je ne pense pas que les programmes scolaires ne résultent que de la politique. Ce serait alors qu'un "simple" endoctrinement!
    A la rentrée scolaire, j'ai assisté à la réunion de classe pour mon petit fils Lino (ses parents étaient en déplacement). J'ai découvert une maîtresse compétente et dévouée, la pédagogie chevillée au corps, à la fois solide et fragile. J'ai pensé à toi...

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    1. Je suis très émue de ton commentaire, Antiblues. Que tu aies pensé à moi me touche beaucoup.
      Des maîtresses dévouées et compéentes, j'en connais beaucoup, même si je connais aussi l'inverse...

      Pour ce qui est des choix politiques, je maintiens que les programmes scolaires résultent dechoix politiques, je n'ai pas dit qu'is contenaient des choix politiques.
      C'est un choix politique d'introduire dans les programmes des mots du vocabulaire de l'entreprise, penons par exemple l'exercice qui consiste pour les élèves à écrire un texte.
      Cet exercice s'est appelé longtemps une "rédaction" il y avait l'idée sous-jacente qu'un élève devait être capable de rédiger correctement pour se faire comprendre.
      Puis après mai 68, cela s'est appelé " expressionécrite"c'était une volonté de développer l'individu, par l'expression de ses sentiments et de son vécu, un choix en ccord avec la libération tous azimuts de ces années là.
      Et puis, avec l'évolution de la société, l'exercice s'est appelé "production d'écrit" là encore, pas de hasard. Produire un texte, comme on produit un Iphone ou une boîte de haricots verts...

      Il y a d'autres exemples de cette influence des choix politiques, comme la disparition progressive du latin, ou le projet de faire disparaître la philosophie en terminale, derniers bastions de la réflexion citoyenne...

      Bises solides et fragiles à la fois ^^

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    2. Ouh...les fautes de frappe...tu me pardonnes, je tape à cent à l'heure, j'ai trop de choses à dire sur le sujet ! ;-)

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  5. tu dis très bien la Méthode :-)
    la seule l'unique et la clé de tout qui est l'amour
    l'amour des enfants et l'amour du travail qu'on fait
    rien à ajouter :-)

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    1. Je sais que tu as la même méthode, Adrienne.
      La seule qui vaille.
      Bisous

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  6. Quel dommage que tu ne fasses pas partie de ceux qui enseignent aux futurs enseignants et de ceux qui établissent ses programmes!
    Je te l'ai déjà dit: j'aimerais que ma fille tombe sur une "maitresse" comme toi un jour!

    Je t'embrasse, je pense à toi.

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    1. Attends,je n'ai pas fini ma vie...
      Peut-être un jour, ferai-je partie d'un groupe de réflexion, on peut rêver...
      Bisous mon étoile

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    2. un groupe Théodule ?
      Tu déchanterais après la première demie-heure....

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    3. Ce que tu peux être encourageant !... ^^

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    4. C'est juste que tu vaut mieux que ça .....

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  7. Le petit nouveau03 décembre, 2014 11:31

    Et moi , dit le petit nouveau, je n'étais pas un bon élève non plus. Et pourtant j'ai tout retenu: son odeur, son souffle, le parfum qu'elle portait, le bruissement doux du tissu de sa robe.
    Tout est encore si présent qu'il m'arrive encore bien des années plus tard de rêver d'elle. Et je dois l'avouer, arrivé à l'âge d'homme, et sachant bien que ce n'est qu'un rêve , je la vois revenir vers moi devenu grand et m'embrasser.
    Mais je sais bien que tout cela n'est qu'un rêve ......

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    1. Le petit nouveau03 décembre, 2014 13:15

      D'ailleurs, comment savoir que ce n'est pas un rêve ?

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    2. Ce n'est peut-être pas un rêve en effet...
      Chez Célestine, la marge entre le rêve et la réalité est fragile.
      Et quel homme ne rêve de l'embrasser?
      ~L~

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    3. Et moi, j'ai mon mot à dire dans tout ça ?
      J'aime la description du petit nouveau, surtout quand on la rapproche de celle qu'Alain X fait un peu plus bas de son institutrice...
      Je vais peut-être essayer la méthode Brassensfinalement...
      ;-)

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    4. Le petit nouveau03 décembre, 2014 22:56

      Des promesses, des promesses.....tant pis ça suffira .....et il soupira

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    5. Bouh ! c'est pas très positif tout ça, petit nouveau!
      Une maîtresse d' école se doit, c'est la règle, de ne pas faire de jaloux parmi ses élèves...
      Et il me semble que tu devrais te souvenir qu'elle tient toujours ses promesses, aussi.

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    6. Le petit nouveau04 décembre, 2014 07:08

      Oh non, madame ! Ne prenez pas a la lettre cette petite impatience d'un baiser mérité.
      Car souvenez-vous des efforts méritoires que fit votre petit nouveau pour sortir de sa noire ignorance.
      Comme à l'accoutumé il rêvait sur son pupitre. Le bruit de la classe le berçait et ce n'était que le premier jour. Soudain il entendit ce silence lourd annonciateur des pires catastrophes. Il eut peur, se retourna. Il découvrit deux yeux, sous une frange noire, ceux qu'on peut voir en bas de votre page. Un peu plus bas un sourire si doux que la peur disparut aussitôt.
      Vous n'avez pas eu besoin de promesses. Le charme avait suffit. Le même qui aujourd'hui attire sur votre blog tant de commentateurs.
      Il se mît a l'étude et n'arrêta pas pour autant de rêver. Son rêve seulement avait changé d'objet. Il travailla si fort et si bien qu'il eut un jour cette première place. Et lorsqu'il entendit le sétois aux accents rocailleux et parfois un peu faux, il comprit que ce baisser-récompense lui avait manqué.
      C'est là, seulement madame, la raison de ce cri échappé, de cet envie exposée.
      Mais aujourd'hui il est devenu sage et sait raison garder.
      Alors de loin, derrière un clavier anonyme, en traversant les ondes, ce baiser c'est lui qui vous le donne....pour se faire pardonner.

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    7. La maîtresse pardonne toujours...

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  8. Comment fais-tu pour trouver les mots,à chaque fois,qui savent à tous nous parler si bien de la chaleur et du goût et de l'entrain et de la foi que tu as mis au service de ta noble tache. Si je dis "exceptionnel" tu vas me taxer d'exagération. Chose rare,tu aurais tort. Bise etATTB;

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    1. La passion que j'ai n'est pas celle du métier,contrairement aux apparences. Le métier est ce qu'il est avec ses contraintes et ses exigences.
      Non, la passion que j'ai, c'est celle de la vie. Je suis une affamée de vivre. Et je transmets cela non seulement à mes élèves, mais à tous les gens qui croisent ma route. C'est comme une espèce de soleil qui me brûle intérieurement. C'est pourquoi je continuerai à avoir cette passion après la fin de cette année. Même si je quitte ce métier. parce que la vie continue, et que je l'aime.
      C'est peut-être ça qui est un peu...particulier chez moi, et que tu trouves exceptionnel.
      ATTB cher Claude

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  9. C'est une jolie façon de parler de ce qui te tient à cœur, comme toujours d'ailleurs. On sent que tu vis ce métier d'ans saignants par le tumulte des remises en question que chaque ministre débarqué remet en question.
    Toi et tant d'autres êtes aux gouvernails et ce n'est pas le poste le plus facile.
    Pour te rasséréner je voudrais te dire que lorsque tu crois que ça n'est pas rentré dans la tête du petit, qui tient ses fesses au chaud près du radiateur, tu te trompes. Il y a toujours un moment où plus tard il va découvrir seul ce que toi ou d'autres lui ont appris mais chacun à sa vitesse, chacun à sa façon. Et peut-être qu'il se dira Célestine avait raison.
    Quand les bases sont posées la vie fait le reste.
    Bises prof.

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    1. J'adore ton commentaire, Choupinet!
      tu as raison, le petit schtroumpf aux cheveux en bataille qui se fout des compléments d'objet directs, c'est celui-là qui m'interesse,c'est pour lui que je me bats chaque jour, pour qu'il lève un sourcil intéressé, l'air de rien, quand je propose une activité autour des livres ou du théâtre et qu'il n'a pas l'impression d'être àl'école. C'est comme ça que j'attrape chaque élève: par ce qui le passionne. Et si ce sont les téléphones ou les bagnoles, eh bien, je l'attrape comme ça. et ensuite, peu à peu, il s'ouvrira à autre chose, parce qu'il aura été ms en confiance.
      Et d'ailleurs, les élèves n'ont plus de verrues quand ils sont dans ma classe. Etonnant, non?

      Bises chouchou

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    2. Je n'étais pas un élève brillant mais je me souviens d'un certain monsieur Limousin, en Ce2 ou Cm1 je ne sais plus, qui a su me faire apprendre les tables de multiplication, du par cœur qui m'a servi toute ma vie. Il a développé chez moi une passion pour les chiffres, pas les maths, les chiffres. Aujourd'hui encore pour ne pas laisser mon cerveau s'encrouter, il m'arrive d'additionner mentalement les chiffres et d'aller le plus loin possible. 1+1=2 2+2= 4 4+4=8 et la ritournelle continue sans cesse.
      ;-) Bisou dirlo

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    3. Cher jean Charles,
      Certains maîtres nous marquent à jamais.
      Lis pour cela mon billet " amadei" dans lequel je parle de ma prof de français de première qui, elle, m'a donné à jamais le goût de la littérature et du beau langage...
      J'espère que tu vas bien, je pense a toi souvent.
      Bises amicales

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    4. Hi Celest'in, don't worry !
      Il y a toujours une issue à tout. Pour l'instant je sollicite les services publics mais c'est assez difficile à faire bouger. J'ai une solution de repli qui m'a été proposée hier soir qui m'évitera d'être à la rue. Dans le pire des cas maman est toujours en vie (90 ans) pas en grande forme physique, je voulais lui éviter des tracas.
      Je suis persuadé que les choses vont s'arranger, ne t'inquiète pas.
      Bises banlieusardes.

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  10. Là où l'efficacité à tout prix remplace le gai savoir sombre l'humanisme et même l'humanité.

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    1. Tu parles d'or, Boss.
      Le gai savoir pourrait être le titre de mon futur livre.

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    2. Faudra négocier avec Friedrich...

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    3. J'adapterai, bien sûr...l'esprit sinon la lettre...
      Pourquoi pas " Le Joyeux Savoir"? ou "la Gaie Connaissance" ?

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  11. quel beau billet!
    tu dis bien que c'est pas l'amour (mais oui! on peut utiliser ce mot! ) et le respect de chaque élève que l'apprentissage même ardu pourra se faire
    Durant la scolarité de mes enfants j'étais plus attentive aux "notes" qui me renseignaient sur la façon dont ils s'ouvraient à la vie, aux autres, qu'aux résultats scolaires proprement dits. Et il y avait des enseignants qui avaient cet art béni d'éveiller les enfants au meilleur d'aux mêmes, à l'apprentissage de la vie en société. D'autres hélas, qui ont enfoncé ma plus jeune, dans ses lacunes, lui faisant perdre beaucoup de sa confiance en elle-même...

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    1. c'est paR l'amour évidemment...

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    2. On avait corrigé, Coum !
      Quand tu parles des"notes" je pense que tu veux dire les appréciations des professeurs. Parce qu'en France, les notes ce sont des chiffres, que l'on a paré au fil du temps soit de toutes les vertus, soit de tous les vices. Les deux positions sont à mon avis outrancières. Les notes ne sont qu'un moyen mathématique (et donc juste) de donner une photographie instantanée du travail d'un élève. Un mmoyen d'évaluation comme un autre, ni mieux, ni moins bien. Là où c'est dramatique, c'est quand l'élève pense valoir lui-même sa note.
      Mais enfin quand je loupe un gâteau (ce qui m'arrive assez souvent, je dois dire, vu mon niveau en pâtisserie! lol) je ne me suis jamais dit que j'étais nulle, cramée et mal levée...
      Peut-être qu'une des premières choses à apprendre à un enfant, c'est qu'il N'EST PAS son problème de maths ou sa dictée. Relativiser, prendre du recul, être capable de se dire: là, je n'ai pas trop bien réussi, mais je sais que je peux le faire, et si je n'y arrive pas ce n'est pas gravissime, j'ai encore du temps pour progresser, c'est peut-être cela la vraie confiance en soi.
      Et ne pas élever les enfants dans l'idée que tout se vaut, et que quel que soit le travail fourni, on doit être récompensé de la même façon...Car ça, c'est effectivement les élever dans un monde de bisounours complètement artificiel. C'est ne pas valoriser celui qui a fait un effort, puisque celui d'a côté aura la même note.
      l'art béni de valoriser les enfants, de les éveiller au meilleur d'eux même, comme tu dis, c'est sans doute cela: rassurer un enfant quand ses résultats ne sont pas bons, et non pas l'enfoncer. Et bien souvent, ce sont les parents qui font ça de façon encore pire que les professeurs...

      Je t'embrasse fort ♥

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  12. Ah l'école !.... le dévouement de l'enseignant(e) !.... Le savoir-faire !... Le savoir-être !....
    Elle avait du poil au menton, un poireau sur le nez, de longs ongles sales, une robe noire sur laquelle on devinait ce qu'elle avait mangé ces 15 derniers jours.... et puis son odeur.... ses relents... ses effluves qui avaient le bienfait de couper l'appétit aux pauvres enfants qui n'avaient pas de gouter pour la récréation....
    Qui dira les mérites de cette femme qui sut me dégouter pour longtemps....

    Nostalgie quand tu nous tiens !!

    Et sinon... ben surement qu'à part note Fée bien aimée qui les transcende toutes et tous, il doit bien exister quelques autres (rares) enseignants valables dans notre bonne fonction publique qui me pompe jusqu'à la moelle pour des résultats lamentables....
    Personnellement, je l'ignore, je n'en ai jamais rencontré en vrai !....
    Le bruit court qu'il en existerait cependant un certain nombre....

    Puisse un jour Athéna visiter les mortels de l'Educ.Nat. et répandre sur eux ses bienfaits....

    Sinon, dans le privé, on trouve des trucs bien (hors catho), faut juste avoir un peu de flouze....
    Et ça c'est pas "républicain" .....

    (un ancien cancre désespéré à jamais....)

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    1. Tu comprends donc ce que j'ai enduré pendant des années: essayer de vider une barque qui prend l'eau avec un dé à coudre percé...

      En lisant les commentaires depuis tout à l'heure, je me dis que je suis passée à côté de mon sujet. En fait, je voulais parler de ce que les enfants doivent apprendre à l'école, des programmes proprement dits...je crois que je vais refaire un billet prochainement où je vais demander à mes lecteurs chéris ce qu'ils verraient d'important à faire figurer dans les programmes. Tu bénéficies d'un avantage, puisque je te fais un petit délit d'initié rien que pour toi...Rféfléchis, mon cher cancre las, je suis sûre que tu as plein d'idées... ;-)

      Merci quand même au passage pour tes mots gentils sur moi.
      J'apprécie un peu de lèche bottes bien placé (je m'entraîne pour quand je serai ministre de l'Enorme Nullité, comme dit Blutchiamo
      Kiss céleste

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    2. Des programmes ?
      Déjà savoir lire, écrire, compter, ce serait pas si mal après 10 ans le cul posé sur les bancs de la raie publique.
      Comprendre ce qu'ils lisent.... l'élite au moins !
      Ecrire une ou deux phrases sensées, pour les meilleurs
      compter... sur les autres... pour la plupart...

      Pour le reste .... la capacité de penser pas soi-même, l'aptitude à la Révolution, le refus de se faire décerveler, la référence à sa conscience profonde, l'expression du ressenti et sa maîtrise pour ne pas dévier ni vivre sous influence, la conquête de sa liberté personnelle, le sens du divin, l'émotion cosmique, le réalisme, la fidélité à soi et à ses convictions, l'exercice de sa liberté, l'engagement militant, les collectifs transformants, le don de soi, la grandeur de l'humilité, la tenacité dans l'action, le respect du différent-de-moi, l'amour de l'altérité, la gratitude absolue, l'intelligence émotionnelle, le comportement intuitif, le management collaboratif, la paix avec son histoire personnelle, les ruptures des chaines mortifères... et j'arrêterai là mes modestes exemples parmi tant d'autre, .... je ne compte guère sur les centaines (milliers ??) de fonctionnaires inutiles de "la non-éducation anti-nationale"....
      Là, ce serait pourtant simple : les licenciements secs pour incompétences professionnelles notoires...

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    3. @ AlainX
      Joli programme, pour le reste:
      Apprendre à apprendre et donner l'envie de le faire.
      Tout découlera de là.
      Pour ce qui est des licenciements secs, Ca devrait se faire dans toutes les administrations et au gouvernement (oui on se retrouverait dans le cas récent de la Belgique, et alors.....)

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    4. Oui le programme d'Alain m'a fait rêver... surtout l'émotion cosmique. ^^
      Dis donc Alain,deux questions :
      1.comment parler de "paix avec son histoire personnelle" et être un "cancre à jamais désespéré" ?
      N'est-ce point un peu contradictoire ?
      2. quand je parlais de groupes de réflexion, pourquoi tu as imaginé pour moi les commissions théodule et pas un collectif transformant par exemple ? Ça me plaît bien, ça...
      je dis ça...comme dirait l'autre.

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    5. ah lala..... comment te répondre sur la Paix et ma citation..... Il me faudrati un looong développement sur ce qu'est la "Paix Intérieure" qui n'a rien à voir avec "mais moi j'rest' trankil" !! (comme chantait chépuki)...

      Un collectif transformant est un groupe d'action.... certes réfléchi en amont, mais prouve le monvement en marchant. Ce sont en premier des gens engagés DE FAIT et non pas de ces comités à bavardage comme il en est tant qui se repaissent de verbiage et s'en vont contents d'avoir refait le monde en chambre.... Ça c'est OK à 15/17 ans..... !
      D'où ma remarque à l'endroit idoine sur ton mérite !
      Le collectif transformant c'est durant la vie active et professionnelle.
      Enfin c'est ainsi que je les ai vécus.... En y laissant bien des plumes !!! et en gardant quelques cicatrices !!

      Ai-je répondu ?

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    6. Ben...bof. Sur la première pas du tout...mais je conçois que ma question était un peu philosophique...

      Et sur la deuxième, ce que je comprends ( et qui me blesse un peu) c'est que je me suis investie toute ma vie, DE FAIT, dans ce dont je ne connaissais pas le nom, puisque tu me l'apprends, mais qui correspond à ce que je perçois de l'engagement militant. Je ne savais pas que l'on ne pouvait participer ni rien apporter à un collectif transformant en étant à la retraite...Du coup mon "mérite" me paraît très relatif...Voilà comment on prend un coup de vieux d'un coup, au hasard d'une phrase... :-)

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    7. Not'fée,
      Tu nous ferais pas une 'tite crise de susceptibilité, là ?
      Ne saurait-on considérer que dans la définition d'AlainX, l'expérience et l'enthousiasme soient reconnus comme "engagement de fait" ? Je ne serais pas surpris qu'il nous le confirme. Youhou, Alain, t'éhoù ?

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    8. Susceptible, moi ? Je dirais plutôt chatouilleuse, mais ça c'est dû à ma peau de fée.
      Je fais partie d'un groupe de réflexion totalement non académique sur la défense de la langue française, et je ne compte pas m'arrêter d'y réfléchir parce que j'aurai quitté mon boulot.( je ne dis pas la vie active, qui est une expression toute faite et complètement con qui laisserait supposer que la retraite n'est pas active...)
      D'autre part, refaire le monde est une activité très saine, avec quelques potes, une guitare et des idéaux, même quand on n'a plus quinze ans, ( ou alors j'ai toujours un peu quinze ans dans ma tête, et j'assume complètement) t il ne faudrait pas la confondre avec ces commissions theodule citées plus haut et qui elles ne servent a rien, si ce n'est engraisser une bande de pisse-vinaigres aux frais du contribuable.

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  13. Et je suis certaine que comme nous tous, tes élèves sont sensibles à la façon dont tu leur parle du respect et des étoiles, du cercle et de la vie, de la conjugaison et du brin d'herbe, du grand Victor et de la souris verte... tout ce qui fait la vie, l'éveil au bonheur et au respect de l'autre. Bises ma belle

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    1. Oui, ils y sont sensibles. Sans quoi, j'aurai raccroché les gants depuis longtemps...
      Bizou ma Brizou ♥

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  14. En lisant toutes tes réponses, je me dis que tu as des choses à dire, importantes, graves...Je me répète: il faut que tu l'écrives ce livre. Le sujet te passionne et tu hisserais les échanges et les réflexions au plan des véritables valeurs humaines. Le "programme scolaire" deviendrait un programme de vie. Riche, ce qui n'empêcherait pas la légèreté, l'humour, la tendresse, la joie. Il n'y a que ceux qui aiment infiniment la vie, comme toi, qui seraient capables de mettre sur pied un tel programme

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    1. Tu me portes chance, Coum, vraiment. je suis très émue de ce que tu dis, ça me donne une force incroyable. Je t'en remercie de tout coeur.
      J'ai bien fait de m'arrêter, un jour, sur le blog de cette longue fille brune en robe rouge au nom si doux...
      Oui le sujet me passionne tu as raison. Et je te promets de faire de mon mieux pour que ce livre voie le jour. Une super consigne d'écriture, finalement...
      Belle nuit ma douce!
      ♥♥♥

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  15. est ce que les fameux programmes changent tant que ça ?
    il y a les bases , les fondamentaux qui ne s'inventent pas ,et puis , surtout donner l'envie , la curiosité d'aller piocher ailleurs
    se dire aussi et accepter l'idée que les acquis sont éphémères et c'est ainsi
    tu aimes ce métier , tu l'as choisi et tu as semé tant et tant de cailloux sur le chemin des élèves qui se sont assis sur les chaises de la classe
    c'est l"essentiel
    et je pense que tu as contribué aussi à transmettre beaucoup de valeurs à la relève , les enseignants de demain
    je me trompe ?

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    1. Tu es tombé pile dans le mille, Jeanne.
      Je m'interrogeais vraiment sur les programmes, je pense qu'il y a des tas de choses qui ne servent à rien dans les instructions officielles. Les fondamentaux n'ont pas changé, c'est vrai, mais ils sont malmenés, faute de temps.
      Il en faut du temps pour apprendre à parler, lire et écrire le français ! Et pour apprendre à compter...Malheureusement, on a rajouté à l'emploi du temps des petits français des tas de choses qui devraient être apprises ailleurs qu'à l'école...et raccourci la semaine de classe... bref, la quadrature du cercle. Quand on casé les matières scolaires comme l'histoire, la géographie, les sciences et la technologie, le sport, la musique, les arts visuels et l'anglais, il faut encore ajouter la prévention routière, les gestes de premiers secours, le tri selectif des déchets, le don du sang, la semaine du goût, le brevet informatique et internet, l'hygiène corporelle et les mefaits du tabac, et autres activités certes très utiles mais très chronophages.Que reste-t-il pour lire écrire etcompter ? Peanuts. Si j'ose dire.
      Bisous ma Jeanne.

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  16. C'est exactement ça! "Quelque chose de très personnel, un mélange de savoir-faire et de passion." Lorca parle de "duende" pour dire l'indicible du talent de certains artistes, et c'est un peu ça, la virtuosité de l'enseignant. C'est ce qui fait que tous mes élèves ont toujours été excellents en grammaire, ce je ne sais quoi d'intérieur qui franchit notre frontière et passe à l'extérieur grâce au talent du maître...C'est ce qui fait que j'ai aimé ton blog lorsque je l'ai découvert, il y a environ 7 ans. Magnifique billet Celestine.

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    1. Voilà des paroles douces à entendre, Marie-Madeleine.
      Ravie d'avoir appris lemot duende que je ne connaissais pas. Eh oui, tu vois, j'aime apprendre depuis toujours, agrandir le champ des possibles et mon angle de vision...
      Il ne m'étonne pas du tout que tes élèves fussent excellents en grammaire...
      Connais-tu la grammaire impertinente de Jean Louis Fournier ?
      Et la grammaire est une chanson douce d'Erik Orsenna ?
      Deux livres qui m'aident énormément à faire aimer cette matière à mes élèves.
      Et je suis sûre que tu jouais aux "cadavres exquis" avec tes schtroumpfs...
      Bises solidaires

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  17. Je me suis toujours emmerdé à l'école ! Désolé,, bon il est vrai que dans les années 40 (qui a dit dinosaure ) ? C'était : "ferme ta grande gueule, écoute ceux QUI SAVENT" !
    Et puis un jour j'ai rencontré les mecs de chez Blogbo ! Eux m'ont écouté, m'ont lu, et ils m'ont ouvert leur (nan; nan pas leur morlingue) leur blog ! Il a fallu tout m'apprendre, mais ils ont eu la patience de m'enseigner l'art de la présentation, et surtout ils m'ont lu et encouragé.
    Ce que l'EN n'avait pas su faire : Saoul-Fifre et Tant-Bourrin l'ont fait !
    J'aurais eu une Célestine comme prof, là peut-être ...

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    1. @ Andiamo
      Rustre, tu aurais pu dire "assurément" non mais.... maleducato

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    2. Dis donc, Andy, ça m'étonnerait que Saoul-Fifre et Tant-Bourrin t'aient appliqué la méthode "Brassens"...^^
      Et "peut-être...tu as failli me vexer !

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    3. C'est vrai, quoi !
      ;oDDD

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  18. Blutch : je te trouve excessif, il faut TOUJOURS laisser planer un doute, en écrivant "peut-être" j'ouvre la porte à tous les possibles...

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    1. @ Andy
      "Assurément" ouvre aussi tous les possibles, mais seulement ceux que Célestine mérite: Ceux du haut du panier.

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    2. Allons, allons, les enfants, ne nous disputons pas...
      ou vous n'allez pas valider la ligne 117-2 du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui stipule que l'élève doit connaître les règles de la vie collective et comprendre que toute organisation humaine se fonde sur des codes de conduite et des usages dont le respect s'impose ...
      Ce serait dommage pour la fluidité de votre parcours scolaire !
      ;-)

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    3. Je t'attendais Blutchy...pour te dire que ton billet chez Blogbo est un chef d'oeuvre du genre, mais qu'il me faudrait trois vies...
      Baci fratellino

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    4. Ca vaut bien la peine que Blutch se décarcasse pour te déguiser en salutiste si tu ne fais pas un commentaire chez Blogbo.... :-)
      Trois vies! trois vies!... vidéos comprises, c'est torché en une petite heure et c'est pas long pour découvrir un poète de l'humour qui arrive à faire rire sans parler de bites...
      Même qu'il t'offre une version inconnue des copains d'abord...
      Ti bacio Sorellita

      Le web master nous refait un caca nerveux avec ses mots cabossés. Il commence à être plus près du pied au cul que du baiser sur le front.

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    5. Dis donc, je rêve où tu te défoules sur la captcha de ton ressentiment contre moi? Mais j'ai pas dit que j'allais pas commenter...j'ai juste dit qu'il me fallait un peu de temps. J'aime pas bâcler.
      Alors j'essaie de regarder les videos entre deux commentaires ici, et trois corrections de cahiers, parce que je ne sais pas si tu t'en es aperçu mais ça turbine non-stop ici...
      Je suis toute estransinée par ton commentaire en forme de reproche vivant.
      Suis pas à la retraite, moi !
      j'ame mieux quand tu fayotes,finalement...
      ;-)

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    6. Eh! lorsque je fayote, j'ai des reproches du mafioso de Pantruche... T'as déjà indisposé un mafioso? C'est dangereux ça...
      Ton usage du conditionnel m'a mis dans l'erreur... ben oui, je crois bien qu'il aurait fallu utiliser le futur :-)
      Bon, ce Sidi j'ai inventé un nouveau style: le fayotage litotien, version 2e degré. J'aurais du t'avertir avant :-D
      Double dose de baci pour me faire pardonner.

      C'est la captcha qui se défoule sur moi, pauvre victime de la dictature informatique.

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    7. Bon , ayé, j'ai publié mon commentaire, fais risette.
      Espèce de tête de litote !
      Va, je ne te hais point.

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    8. PS (enfin, si j'ose employer cet acronyme par l'étang qui court)
      Entre nous, le maffioso de Pantruche, comme tu y vas...t'es dur avec lui !

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    9. A litote litote et demi :-D
      Ton acronyme est vaseux :-)
      che voglio tu ! on m'a dit que tous les ritals étaient peu ou prou mafioso. Si des fois il est plus du côté prou que moi, j'ai du souci à me faire...
      J'attends de le voir pour voir. Je sais déjà à l'écouter que son accent est autant une infirmité que le mien, mais dans un autre genre :-)
      Baci

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    10. Hihi, je n'avais pas vu cette réponse là ! la rançon du succès de ce billet qui déchaîne les commentaires et les passions...
      Vaseux, mon acronyme ? c'est ma fois vrai !

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  19. Les programmes...vaste débat. Pour la littérature en collège et surtout en Lycée, faudrait tout dynamiter. Pour l'école primaire et élémentaire je dirais que ce qui compte c'est de lire, écrire et compter...et j'aimerais qu'on incite à respecter la nature et le vivant et à découvrir les arts...

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    1. Ton programme est sobre et clair.Il me plaît bien, Mind.
      Pour ce qui est de dynamiter la littérature dans le secondaire, que proposes-tu à la place ? ;-)

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  20. Salut Celle.

    Bon: Il y a, enfin, tout ce qui ne se trouve pas dans les programmes. Les leçons d'arbres et de brins d'herbe. Les leçons d'étoiles et de nuages. D'ac, alors je vais te dire:
    - Pour ton billet sur les toits, j'avais envisagé de t'envoyer un film fait par les frappés de l'Autan, genre celui que je t'avais envoyé pour te prouver que ce vent rendait plus fou que le Mistral: j'ai pas su, alors, comme il faut savoir perdre, j'ai abandonné ( surtout que le héros du film est actuellement en Australie et que j'ai pas pensé demander un coup de main à mon Chou ).
    - pour le billet à propos de ta maman, j'ai aussi essayé de dire un truc ou deux, mais finalement, j'ai tout mis à la benne
    - Et là, suite à ma troisième tentative, si c'était un effet de ta bonté, mais bien sûr quand tu auras le temps de faire du vrai social, à la retraite, quoi, je suis preneur de toutes leçons qui me feraient plus parler.

    A une autre fois.

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    1. Il y a en tous cas une chose que je n'aurai pas besoin de t'apprendre : c'est à faire naître de l'émotion par tes mots. Et ça, c'est irremplaçable.
      ma grand-mère disait que c'est l'intention qui compte.
      Je crois que tu as prouvé largement combien elle avait raison ...

      Bises mon cher Bof. Tu m'as manqué, en fait.Et mieux vaut un frappé de l'Autan qu'un agité du bocal.

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    2. Tu vas voter Juppé aux prochaines présidentielles?

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    3. Alors là, mon petit Bof, je ne vois pas du tout le rapport avec ce que je disais...
      ^^

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  21. Un programme quelque soit sa richesse reste un programme. Tous les individus ne répondent pas de la même manière au plus réussi des programmes, encore faut-il avoir des enseignants tous avec les mêmes capacités pour sa mise en oeuvre.
    Je pourrais comparer l'enseignement à la médecine où les médecins font face aux malades qui sont chacun un cas. Et pourtant l'ordonnance faite aux malades n'est pas pour le malade lui-même mais pour sa maladie( encore faut il qu'elle soit bien diagnostiquée!) et Dieu sait que chaque malade ne réagit de la même manière à une maladie pour un même traitement. On peut citer d'autres exemples , d'autres professions et mon avis est que : rien ne vaut la méthode où l'humain est au centre d'une plus grande considération et non un simple numéro des statistiques.

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    1. Si tu savais comme tu parles d'or, Bizak. le tout est d'aller faire comprendreça aux chantres des "sciences de l'éducation" qui ont des réponses stéréotypées à toutes les situations...Non, tu as raison, aucun enfant ne réagit exactement de lamême manière, et il m'est arrivé de reprendrequatre fois la même leçon, une fois pour les visuels, une fois pour les auditifs, une fois pour les sensitifs et une dernière pour les kinesthésiques...
      Tu veux que je reprenne mon commentaire d'une autre façon, ou tu l'as compris ?
      bises espiègles

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    2. Compris cinq que cinq, tout ce qu'il y'a de plus clair!
      Bises non-cornéliennes!!

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    3. Comme le sujet n'est pas encore clos, Célestine, j'aimerais te citer ce qu'avait écrit , en 1989, Liliane Delwass, un féru de l'éducation au journal "le monde"et dont le titre de l'article était "l'école entre deux cultures", il écrivait:- Dans la tradition pédagogique française, l'erreur est une "faute", "un péché", marqué au crayon rouge de l'infamie; l'élève qui se trompe est coupable, il perd des points. Or la science, explique Jacques Perriault (spécialiste des technologies de l'information et de la communication!!),n'est pas autre chose qu'une production contrôlée d'erreurs."
      Depuis, que d'eau a coulé sous les ponts!

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    4. Merci pour cette intéressante participation au débat...
      L'erreur est humaine. Certains ont eu tendance a l'oublier par le passé. Rien n'est jamais acquis me semble aussi un aphorisme important pour comprendre les difficultés des élèves...

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  22. Moi c'est quand je m'adresse à mes géographes que je n'y crois pas. Va raconter les falaises, les baies, les montagnes, sans y mettre les pieds, sans sentir l'air de la mer et des cimes.... Va raconter les continents à celui qui n'a jamais fait 150 km et qui ne connait de "Paris" que Mickey. Sans condescendance, mais làj'y crois pas , je rame .
    A mes mathématiciens, grammairien, historien, géomètre, j'arrive à trouver du sens. Mais la géo...

    Et puis je suis forcément moins douée que toi et parfois j'ai moins envie de me surpasser, de les surprendre , de "jouer" . eT je suis surtout en pleine crises des sept ans. Sept ans mariée avec un mammouth avec de gros soucis cette année: ça m'pèse.LN

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    1. Oh non, je ne suis pas plus douée que toi...j'ai juste un tout petit truc de plus que toi: oh, pas grand chose, juste; moi ça fait trente sept ans que je suis mariée avec le mammouth...Tu te rends compte, ma douce et jeune collègue ? trente ans de plus que toi...Oui, tu as raison, pour la géo, rien ne vaut les voyages. Peut-être alors que notre rôle est de leur donner juste le goût et l'envie d'aller voir par eux-même ce qu'ils ont appris en classe...
      Je me sens démunie pour te répondre, et en colère quand je vois que l'enthousiasme manque aux collègues à ce point. Pourquoi le plus beau métier du monde est-il devenu ce pensum fatigant ?
      Je ne cherche pas à me vanter d'avoir fait une carrière plaisante: je veux juste essayer de dire aux jeunes que cela a été POSSIBLE de s'éclater dans ce boulot. Alors pourquoi ne le serait-ce plus ?
      Je veux juste te donner de l'espoir, transmettre, partager tout ce que je peux, et surtout pas en mettre "plein la vue" de mon expérience...D'ailleurs, si tu as lu mon deuxième paragraphe, de la première à la dernière année j'aurai été dévorée par le doute...
      Je t'embrasse fort♥

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    2. Tu sais que j'attendais impatiemment de lire ta réponse ! Pas trente ans de plus : j'avais une autre vie avant , un autre job, et je fête mes quarante ans dans quelques mois. Moi c'est un élève qui m'use en particulier , car il n'est pas fait pour le système et il me bousille ma classe et encore il n'y est pour rien c'est juste que il est inadapté au moule totalement et qu'il a besoin de soins mais dans nos écoles de France nous devons accueillir tout le monde, c'est louable, mais c'est parfois utopique. Et cela me remet en cause totalement. Bon sur ce, j'ai des EVALS à finir de corriger!!!
      Merci de ta réponse !
      trente-sept ans de mariage, tu as toute mon admiration!!!! CHAPEAU !!!!
      Mais ne me branche pas trop sur l'école, je pourrai en parler des heures, ce qui prouve soit ma grande lassitude, soit ma grande envie (je préfèrerais choisir la réponse deux) LN - H

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    3. Bon d'accord, je ne suis pas si vieille que ça... j'ai seulement commencé à dix sept ans...
      Je ne te branche pas, ok, mais si tu as envie de parler, tu sais que j'ai un mail privé.
      Kiss ma belle

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  23. Non chère Célestine, je n'avais pas remarqué que tu parlais de moi! Je viens parfois te lire. Dans la totalité, sporadiquement mais sur la pointe des pieds. Je n'avais pas remarqué . Mais je ne sais pas si je dois m'en réjouir!
    J'aime ce que tu dis de nous! ça me ressemble mais si je n'ai pas le bleu fou de tes yeux!
    Pierre aura une réponse quand j'aurai trouvé les mots pour apaiser, rassurer le petit enfant en lui qui a été blessé pas une certaine école. La fillette que j'ai été a partagé des douleurs proches.
    Non mon travail n'est pas prenant! Aujourd'hui je dois batailler avec un collège. Avec ce paquebot qui éloigne mes deux grands du plaisir d'apprendre, du désir de savoir! Non ce n'est pas mon travail qui est prenant, je jongle avec mes préparations, j'improvise parfois, je rebondis sur ce que les élèves apportent et les ramènes aux programmes. Je me suis beaucoup simplifiée la tâche ces 2 dernières années. Exit le B2I, les évals tatillonnes pour l anglais, exit le LPC (mort cette année de toute manière), exit la surcharge administrative occupationnelle qui sera archivée, enterrée l'an prochain en 6ème. Je complète à la louche à qques modifs près pour justifier à mon supérieur. Pour moi tout est léger et joyeux ( OUF! je ne suis pas directrice) dès que je rentre dans ma classe. Certainement parce que j'ai retrouvé mon âme d'enfant avec mes petits élèves. Ce que nous partageons Chère Célestine!



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    1. Merci Mélodie d'être venue apporter ta pierre à l'édifice que je tente de construire à travers mes mots.

      J'essaie moi aussi depuis toujours de donner de l'école une image positive aux élèves, de les rendre joyeux et acteurs de leur destin d'écolier. De leur donner confiance en eux pour plus tard. Je sais qu'au collège, ce que nous édifions patiemment est souvent mis à mal par une machine qui broie, par des professeurs qui appliquent sans réfléchir des instructions officielles par peur de...mais de quoi au juste ? Du proviseur ? De ne pas avoir leur paye à la fin du mois?

      Je sais que les enfants blessés comme Pierre ne se remettent jamais vraiment totalement de leurs blessures. Que les dégâts occasionnés sont énormes.

      Mais je sais aussi qu'il existe des gens convaincus qu'une autre école est possible, une école joyeuse, un gai savoir comme dit Nietzsche, et que je me battrai jusqu'au bout de ma vie pour cela.
      Non l'exigeance n'empêche pas la bienveillance.
      Non la bienveillance n'empêche pas l'exigeance.
      Et même en étant directrice, je suis quand même légère et joyeuse au fond de moi.

      Je t'embrasse, chère collègue. La force soit en toi !♥

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  24. Une chose est certaine aimer son métier c’est aimer la vie et je plains ceux qui ne connaissent ce bonheur
    ( soit par dégoût, soit par obligation)
    Et en ce qui concerne la vocation d’enseignant, je peux t’affirmer que les milles choses transmises par mes institutrices restent indélébiles dans ma mémoire, et elles m’ont bien mis le pied à l’étrier !
    Alors j'imagine d'ici l'an 2100 où quelques uns penseront à toi!
    Bises

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    1. Aimer son métier, c'est aimer la vie...
      Je me demande si ce n'est pas plutôt le contraire.
      Je connais un balayeur heureux de balayer. Il aime la vie, et se lève tous les matins en se disant qu'il fait le métier le plus beau du monde...
      Merci pour ce que tu dis du mien de métier...

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  25. Célestine,
    J'aurais aimé avoir une maitresse comme toi ;-)
    Tes élèves ont bien de la chance...
    Bisous Laure

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    1. Merci pour ce cri du cœur, Laure.
      Je crois en la valeur intrinsèque de chaque être humain en tant qu'individu, ce qui ne m'empêche pas d'avoir l'esprit critique sur les pratiques de certains groupes humains.
      Bises célestes

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  26. Mari et père d'enseignantes, je sais les angoisses qui vous étreignent ! On parle de décentralisation mais les programmes et la façon de les enseigner restent très centraux, on est un peu dans le "centralisme démocratique" cher aux staliniens...

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    1. Il n'y a pas de solution miracle, bien sur. Mais je ne suis pas opposée à ce que tous les enfants d'un pays reçoivent le même enseignement. Comme toujours, il faut garder de la mesure: la décentralisation risque de mener vers la territorialisation, et si l'état se décharge de l'école au profit des collectivités locales ( ce qui est en train de se passer déjà peu ou prou) c'est la fin de l'unité du pays. Il y a des communes riches qui auront les moyens de bien payer les professeurs, et des communes pauvres qui seront à la ramasse.
      Je crois vraiment que le but ultime de la Phynance est de supprimer l'école publique, ou du moins de la réduire à la portion congrue, et de développer dans le même temps les écoles privées, beaucoup plus lucratives en terme de marchés. L'égalité de droits entre les citoyens sera alors définitivement mise a mort.
      Cela dit, je suis sûre que les enseignants de ton entourage sont des gens dévoués et consciencieux.
      Les gens changent souvent d'avis sur cette profession quand ils en ont soudain dans leur propre famille...
      Bises citoyennes et solidaires

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  27. ...leur apprendre à s'aimer...

    Je sais, c'est plutôt du ressort des parents. Mais à l'heure où les familles sont de plus en plus incertaines et malemenées, l'école pourrait bien y aider, et j'imagine que ça doit bien se marier harmonieusement avec les propositions déjà citées.
    Izeuntit ?

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    1. Oui, beau programme....
      Un inspecteur avait dit ça de moi une fois, que je " revendiquais " le droit â l'amour.
      Je parlais du moral des troupes, je disais qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, et que pour bien faire son travail, un maître avait besoin d'une certaine reconnaissance et d'un certain respect de sa hiérarchie...
      Je n'ai jamais compris comment ce sacro saint mammouth pouvait nous demander des choses envers les enfants ( écoute, respect, bienveillance) qu'il était incapable d'appliquer à ses agents.
      Un professeur aigri, malmené, chahuté par l'administration plus encore que par ses élèves, peut-il encore transmettre sereinement le savoir ? A moins d'être une fée ou un magicien? Et de croire a la force de l'amour...

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    2. Sans parler d'amour, qui me fait un peu trop penser au message chrétien et n'est sans doute pas à la portée de tous, apprendre à se respecter serait déjà une bonne chose. On est pas obligé d'aimer l'autre pour le respecter en tant que personne.

      Pour ce qui est de l'écoute-respect-bienveillance, je garde toujours en tête un des rêves de Jacques Salomé, bien connu pour la propagation de ce genre d'idées : que l'apprentissage de la relation à l'autre soit un des piliers de l'éducation. C'est du rôle de la famille, mais pas seulement, car c'est hors de la famille qu'on rencontre le plus de "différent de soi". Dans le système scolaire ça passerait évidemment par tous les niveaux, et en premier lieu la hiérarchie...

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    3. Ah la la ! Pierre...ce n'est pas possible pour moi d'entendre que l'amour fasse penser au message chrétien...ni à aucun autre message religieux d'ailleurs...
      Pour reprendre une vieille formule, les chrétiens n'ont pas le monopole du cœur. Je ne croirai jamais au message de gens qui ont autorisé les croisades, les guerres saintes ( funeste oxymore) l'évangélisation, l'inquisition, l'évêque Cauchon, la chasse aux sorcières, la controverse de Valladolid, les Borgia, Belfast, la saint Barthélemy, le parcage des indiens dans des réserves et autres joyeusetés dont est émaillée l'histoire de la chrétienté.
      Mon idée de l'amour est d'une toute autre nature...mais je t'en parlerai de vive voix, je crains que cela me demande un exposé beaucoup trop long par écrit!

      En revanche, Jacques Salomé, excellente base de réflexion, même si je le suis toujours refusée à en faire un gourou.

      Bises fiévreuses

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    4. Ah mais j'ai bien dit qui *me* fait penser à… C'est donc une appréciation toute personnelle :)

      L'important, à mes yeux, c'est qu'il n'y a pas besoin d'aimer pour enseigner ou être en relation avec autrui. Mais tout dépend du sens qu'on donne à "aimer", bien sûr. Alors ok pour en parler de vive voix ;)

      Gourou ? Certainement pas au sens couramment péjoratif qu'on donne à ce terme. En revanche, au sens littéral de "enseignant" ou "professeur", je crois qu'il a joué un rôle majeur dans la propagation d'idées en terme de dynamiques relationnelles positives. Il a été un très bon vulgarisateur.

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    5. Pour moi, le respect est déjà une forme d'amour.
      Tu vois que je donne a ce mot un sens très large !

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    6. @ Cel : Tafd'ac !

      Jdirien

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    7. Dans cette largeur, le mot me convient parfaitement :)

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    8. J'en suis fort aise !
      Et cette réponse vaut aussi pour Jdissa.
      Bises à tous les deux.
      Merci pour votre fidélité extraordinaire.

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  28. Une bien piètre idée de la chrétienté.
    Je vous souhaite un jour d'en rencontrer un qui vous convainque du côté caricatural de votre point de vue.

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    1. Cher Julien, vous savez très bien que je ne suis pas une polémiste, et que je vais vous demander de me pardonner de m'être laissé emporter par ma fièvre. Mais justement , voilà le problème.
      J'aimerais bien rencontrer un chrétien qui reconnaisse que tout ce que je cite dans mon commentaire n'est pas caricatural, mais l'expression d'une vérité historique. Je serais chrétienne, je ne serais pas fière de me réclamer de l'héritage de ces sinistres personnages, qui ont perverti plus que de raison le message du Christ. Je n'attaque pas la chrétienté, ni les hommes de bonne volonté qui vivent leur foi au quotidien en essayant de mettre en adéquation leurs actes et leurs idées. J'attaque les donneurs de leçons, qui se sont cru investis d'une " mission" auprès des " pauvres sauvages" , ceux qui ont tué, torturé, massacré, emprisonné d'autres êtres humains au nom de je ne sais quel dieu soi-disant d'amour, ou plutôt au noms de dogmes parfaitement ineptes.
      Alors oui, la saint Barthélemy, ou la guerre fratricide d'Irlande entre catholiques et protestants, c'est peut être caricatural à vos yeux, cher Julien, mais pour moi cela reste une image de violence inacceptable qui m'a fait perdre la foi dans des enseignements que j'ai pourtant reçus, enfant, quand je croyais naïvement à la belle phrase " aimez-vous les uns les autres" . Je ne suis pas chrétienne, et pourtant j'aime mon prochain comme moi-même. Et même parfois plus que moi-même.
      Et cela n'enlève rien à mon admiration pour des mères Teresa, des sœurs Emmanuelle, des abbés Pierre et tant d'autres ...

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    2. Je ne sais pas ce qui vous rend triste. Si c'est moi, je vous en demande pardon. Car telle n'était pas mon intention. Chacun exprime ses idées librement ici.
      Si c'est l'évocation de tous ces désastres historiques, c'est que vous êtes donc globalement d'accord avec moi, et je m'en réjouis.

      :-))

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  29. Croyez vous donc que l'homme ait besoin de religion pour être barbare ?
    Oubliez-vous la terreur, la commune, les guerres mondiales , le nazisme , le communisme etc....
    :-((

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    1. Je n'oublie rien. Et vous me prêtez des pensées que je n'ai pas.
      La barbarie est la chose du monde la mieux partagée, hélas.
      Rien n'excuse la violence. Cependant mettre sur le même plan la commune et le nazisme me paraît un peu rapide.
      L'idée de base des révoltes paysannes qui ont mené les hommes a changer de système politique résultait d'une volonté de davantage de justice et d'égalité.
      Après mille ans de servage, que le peuple en ait eu marre de s'entendre dire par les "seigneurs" qu'ils devaient accepter leur sort docilement et qu'ils auraient le paradis plus tard ne me semble pas illogique ni démesuré.. Au bout d'un moment quand on vous tape sur la tête, vous avez envie de réagir.

      Les idées de liberté, d'égalité et de fraternité ne me semblent pas inhumaines, quoi qu'en pensent certains.
      Après, comme toujours, je suis prête à le reconnaître, les hommes ont perverti ces belles idées pour régler leurs petits comptes personnels, et la terreur est un épisode bien peu reluisant de la révolution française. Il en va de même pour le communisme. Les idées de base, partage des ressources et de l'outil de travail, ont été largement perverties par une bande d'apparatchiks cupides et violents, je ne vous refais pas l'histoire.

      Mais le nazisme...est quand même fondé sur une idée de base d'exterminer un peuple entier. C'est quand même très différent.
      Cela dit, j'en discuterai bien volontiers de vive voix avec vous.

      Bon, on est bien loin des programmes scolaires...quoique.
      Bises célestes.

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  30. Pardon. Je ne voulais pas polluer votre blog mais je n'aime pas voir la religion accusée de tous les maux.
    C'est vrai qu'il faudra en reparler sereinement.
    Peut être l'occasion de faire connaissance.
    :-))

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    1. Bien volontiers, cher ami.
      Et vous n'avez en aucun cas "pollué" mon blog. Chacun s'exprime librement ici, la rose comme le réséda.
      bises célestes

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    2. J'ai enlevé mon fils à l'Ecole à l'issue de son année de CP. Il ne savait pas lire et on voulait quand même le faire passer en CE1. Il avait perdu toute confiance en lui et somatisait à l’extrême le lundi matin et le dimanche soir particulièrement son angoisse de l'école. Travaillant à la maison j'ai fait le choix de l'instruire moi-même (ou tout du moins de lui apprendre à lire dans un premier temps)
      Maintenant mon fils sait lire, et très bien. Très honnêtement et sans vantardise cela m'a pris trois mois à peine, à raison de moins de deux heures par jour (à la cool oui) et avec une méthode simple et adapté au fonctionnement naturel du cerveau humain, à savoir, cette bonne vieille trouvaille du B.A. BA.
      Bizarrement, mon fils, bien que ce ne soit pas non plus la panacé à mon sens, mais j'ai evité pire_ est aujourd'hui plus doué que les autres en orthographe! ;)

      J'ai du batailler dur avec ce con*ard d'inspecteur académique qui venait m'inspecter donc dans ma propre maison et en terrain conquis et ne se cachait nullement de sa farouche volonté à remettre mon fils dans le droit chemin à savoir l'école.
      Défendre mes droits à ce que mon enfant soit correctement instruit et selon en l’occurrence mes convictions : il faut du temps pour savoir bien lire, bien écrire et bien compter et c'est essentiel primordiale de savoir bien lire bien écrire bien compter. Cela ouvre les porte à la culture qui viendra ensuite naturellement de son propre désir de connaissanceS.

      (....)

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  31. (suite) désolée je me suis laissée emporter!

    J'ai donc répondu à ce Monsieur qui me réprimandait l'air de rien avec ce petit air supérieur parfaitement insupportable, de ne pas apprendre à mon fils les matières "transversales" (c'est comme ça qu'on dit? et qui me mettait sous le nez les trois pages du programme régulièrement : "Monsieur, j'ai bien lu votre programme (qui soit dit en passant et je vous le rappelle doit être acquis à l'age de 16 ans et mon fils n'en a que 8) oui j'ai bien lu votre programme et je dois dire que je suis époustouflée par sa grande ambition qui frise à mon sens le ridicule. A ce programme je préfère l'humble et difficile travail auquel je me suis attelée : les mots et les chiffres, ces petits signes qui virevoltent et ouvrent des mondes magiques à l'étendue infinie (enfin surtout les mots à vrai dire mais bon je fais l'effort des chiffres aussi parce que je sais que bien connaitre ses tables de multiplication peut être vraiment utile pour le coup!) Ce travail laborieux fait de répétitions, de récitation, de ligne d'écriture, de règles intransigeantes mais o combien délicieuses qui quand on les maitrise vous donne cette jubilation inégalable d'une liberté subtile mais réelle! Oui je préfère ce travail laborieux, patient (très patient) de la répétition jusqu'à voir naitre l’automatisme chantant des mots invariable correctement orthographiés, du MBP sans impasse, d'une lecture fluide et intelligible, du sourire qui nait dans la poésie, de l'écriture impeccable qui serpente dans les rêveries d'une rédaction(et non d'une putain de production d'écrits) anticipatoire où l'imagination débordante peut se faire comprendre à l'autre (celui qui lit et qui n'a pas à s'échiner à déchiffrer le gloubiboulga produit-justement- par certains enfants à l'école et dont la plupart des instituteurs se satisfont hélas faute d'autres possibilité on le sent bien..

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  32. promis c'est fin!

    Bref! je vais m’arrêter là, parce que..enfin vous comprenez... Oui il faut du temps pour savoir lire écrire et compter et je suis heureuse d'avoir pu l'offrir à mon fils. D'autant plus, hélas, qu'il a souhaité retourner à l'école (trop isolé seul à la maison il avait besoin de voir d'autres enfants)

    Cette rentrée en CE2 a été pour moi une grande souffrance et une grande culpabilité aujourd'hui. Car même s'il m'assure être très contente, j'ai l'impression de livrer en pâture son innocence et son essence magnifique d' enfant, je sais qu'ellse sont perverties, massacrées à l'école. Le pire c'est qu'il n'y voit que du feu, que beaucoup de parents n'y voient que du feu. Les prof le savent, ils savent que tout ça est une mascarade un massacre organisé. La plupart le savent, mais ils continuent et ça je ne comprends pas pourquoi alors parfois je leur en veux, je ne leur fait pas confiance, j'ai du mal à les respecter même si je m'y oblige en façade. Pourtant je sais que c'est dur pour eux.
    Mon discours peut paraître excessif mais c'est ce que je ressens. Je me sens coupable de donner mon enfant à l'école. Et je me sens usée de cette lutte chaque soir que je dois mener pour "détruire le travail de sape de l'école tout en donnant l'illusion affin que mon fils reste respectueux et ne soit pas déstabiliser par cette incohérence monstrueuse qui me fait l'envoyer dans un lieu auquel je ne crois pas.. (ceci est encore plus valable pour le collège qui est à mon sens l'apothéose!)

    Hier devoirs : les articulations. (leçon issus de l'immonde dissection d'une grosse et sanguinolente cuisse de cochon-issue sans doute de l’élevage industriel qu'il serait plus judicieux de disséquer à mon sens!)
    joli leçon très étayée de mots "savants" très compliqués à prononcer, à retenir et à écrire : ligaments, synoviale etc..
    tous très mal écrits et orthographiés justement, mais lisibles phonétiquement (d'ailleurs mon fils sait écrire "cochon" mais pas "humain" (Umin) mais apparemment ça ne perturbe pas l'instit qui n'a pas corrigé les fautes et a mis "vu" pour la qualité du dessin sans doute(?) car mon fils a représenté de façon très réaliste la réalité d'un cochon mort (sic) avec une patte arrachée!
    Ceci dit, je suis pas sure que ce matin il se rappelait du nom du liquide contenu dans la capsule articulaire..?

    P.S.1 : j'ai peut être fait des fôtes.. lol, mais la flemme de me relire ;)
    P.S. 2 : j'aimerais vraiment que tu écrives des billets moins poétiques et plus..concernant ce sujet, car c'est vraiment intéressant d'avoir ton point de vu concret d’idéaliste qui bataille!
    P.S. 2 : je pense que tu es une instit rare, bien trop rare..et j’espère que tu feras un peu de militantisme une fois libérée du mammouth..ou un truc dans ce genre..

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    1. Julie, je te répondrai, promis. Laisse moi juste un peu de temps.

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  33. Chère Julie

    Plus je te lis dans ce cri du coeur, plus je me rends compte que tu as tout compris à ce qu'il faut enseigner aux enfants.
    Entre nous, quand tu dis " les mots et les chiffres, ces petits signes qui virevoltent et ouvrent des mondes magiques à l'étendue infinie " tu te laisses comme moi emporter par la poésie de cette mission. Je continuerai donc à faire mes petits bilets poétiques, mais sache que si je te donne raison sur tous les points à peu près, il en est un sur lequel je ne suis pas tout à fait d'accord.
    C'est ta généralisation à partir de ton expérience.

    Si je fais lire ton texte à mes parents d'élèves, ils ne vont pas comprendre.Parce que je m'échine depuis toujours à donner une autre image de marque de l'école. Tu es tombée sur des instits qui n'ont peut-être pas le recul, le niveau de reflexion que j'ai acquis au cours des années, ni les convictions, ni le feu qui me brûle. Ton enfant n'a pas eu la chance d'avoir mon collègue D. au CP. les enfants avec lui font un départ tout en douceur et en bienveillance, et il axe tout son enseignement sur le B.A. BA, mais sans traumatiser les élèves, et il n'en a aucun qui fasse une phobie de l'école le dimanche soir. Par contre, il n'est pas très bien noté par Jargonos...mais il s'en fout, il est en fin de carrière. C'est plus difficile pour les jeunes instits de sortir des clous, parce qu'il y a la marmite à faire bouillir, les gosses à élever, et que les promotions se font quand même à la note.(même si on croit que tous les enseignants avancent à la même vitesse) le problème est qu'un "bon enseignant" pour l'administration c'est celui qui est dans les clous, c'est ça qu'il faut revoir urgemment !

    En revanche, ton fils a eu la chance d'avoir une maman comme toi.
    Mais quid de tous ces enfants qui ont la double peine ? Une maîtresse incompétente et une famille qui ne peut pas suppléer, soit parce qu'elle ne sait pas, soit parce qu'elle n'a ni le courage ni les moyens financiers de le faire?
    Ceux-là m'arrachent le coeur. C'est pourquoi je voudrais écrire ce livre, un cri d'espoir et de passion, avant de tourner définitivement la page. Pour les enfants, pour les parents, pour les collègues...

    Après, quand tu dis que tu as mis trois mois pour apprendre à lire à un enfant à raison de deux heures par jour, imagine que ma collègue A. a 24 élèves en double niveau, CP-CE1, qu'elle est seule devant la difficulté d'apprendre à lire à 10 CP pendant qu'il faut faire travailler les 14 CE1 qui ne sont pas autonomes et ont besoin d'elle tout le temps. C'est juste la quadrature du cercle. Elle ne peut pas consacrer deux heures par jour à chacun de ses CP, c'est mathématiquement impossible.
    C'est pourquoi, même si c'est une excellente maîtresse, et qu'elle apprend avec la methode Boscher, elle ne pourra pas avoir le résultat que tu as eu toi en travaillant dans le calme deux heures avec un seul enfant.
    Le sproblèmes d'efectifs sont un vrai problème récurrent depuis longtemps. Tu imagines apprendre à lire à 9 autres enfants comme le tien, tout en t'occupant de 14 autres élèves ?

    Enfin voilà. Ce que tu dis sur la maîtrise du français, la rédaction et l'ineptie de vouloir faire entrer dans la tête des enfants des tas de trucs inutiles, chronophages et trop ambitieux, je suis d'accord à 200 pour cent avec toi!
    Un jour, on se rendra compte qu'on fait n'importe quoi en haut lieu. je vis de cet espoir.

    Pourvu qu'une instit rare te redonne un peu confiance dans l'école, en rendant ton fils heureux et impatient de se rendre en classe, comme le sont mes élèves depuis toujours !

    je t'embrasse.
    Merci de ta participation.

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  34. Merci Célestine pour ta longue réponse. :) Tu as raison pour la poésie ;) Juste une précision, mon cas personnel et ma seule expérience, certes ; mais une expérience hélas sur 20 ans et avec 4 enfants..y'a de quoi être pessimiste non? Surtout que j'ai largement vu les choses se dégrader.. Je pense réellement que le système éducatif actuel est une broyeuse. Que la logique de l'entreprise rentre de plus en plus au collège et que tout ça est politiquement organisé dans un but précis qui est est de satisfaire à l'appétit vorace du capitalisme à qui il faut de la chair à canon (les canons étant productivité profit rapidité mobilité et surtout pas trop de libre arbitre, de jugement personnel et beaucoup de peur dans la tête des futurs employés ouvriers) Les plus chanceux et les plus résistants auront la chance (?) de rejoindre bientôt les belles et luxueuses école privées qui ne manqueront pas de fleurir selon le modèle américain et dans lesquelles ils recevront une éducation raffinée et complète pour aller rejoindre ensuite l'élite. Voilà ce que je pense. et notre exception culturelle, l’héritage des Lumières etc..tout ça ne sera plus qu'un très vieux souvenir dont seulement quelques érudits ou nostalgiques pourront parfois évoquer.. On peut aller se rhabiller pour espérer voir se mettre en place la seule éducation valable, celle qui favorise la véritable culture et l'humanisme!
    Il n'y a qu'à regarder comment sont formés et par qui surtout, la future génération d'enseignants lol des gamins éventuellement passionnés qui auront vite fait d'être décérébrés ou de craquer sous le joug des pédagogues pompeux et débiles qui mettent en place leur programme d'études!!

    L'espoir que tu as, je l'ai encore un peu..mais je ne crois pas que ça viendra de là-haut mais plutôt d'une révolte du peuple!! :)

    (p.s. : pour la lecture je sais bien qu'une instit ne peut pas accorder la même qualité de temps à 24 voir plus d'enfants..c'était juste histoire de dire encore que la méthode est primordiale et que la seule bonne est le B.A. BA et surtout préciser que combien de gamins comme le miens finirait plus ou moins analphabète à l'école -passer en supérieur sans savoir lire du tout quelle chance on li donne vraiment??- alors qu'en fait il était parfaitement capable de lire malgré l'alarmisme de son instit!!?)

    Bon courage pour la suite ;) et merci encore

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    1. @ Julie M.
      Nous vivons une époque charnière où la réussite financière ne sera plus le but d'une vie. Ce n'est pas nouveau que l'école ne répond plus à une attente légitime de développement de soi. De par mon expérience, le seul conseil que je peux donner à un jeune qui commence dans la vie, c'est de ne pas attendre que les autres, les collègues, le patron lui donnent les connaissances. Pour les avoir, il faut aller les prendre, les leur arracher parfois car chacun protège son futur en protégeant ce qu'il sait. Ce que je sais a beaucoup de prix pour moi, car j'ai du le voler, y compris à ceux qui avaient la charge de me le donner.
      Si tu as donné à ton fils l'envie de savoir, la curiosité, ce sont des valeurs indélébiles et ce que ne lui donnera pas l'école, il saura le trouver ailleurs. Sachant lire et compter, il connait l'essentiel pour apprendre le reste.
      Le plus important de ce reste étant les valeurs civiques, c'est à dire les droits et devoirs de chacun et le sens du respect des autres et de soi. Avec ça on entre de plein pied dans la philosophie appliquée...

      Donc, débarrassé de cette course à l'aisance devenue impossible, les humains devront se retourner vers l'autonomie, qui demande certes beaucoup plus de connaissances qu'un seul et unique métier, mais qui n'a besoin d'aucun diplôme pour réussir sa vie, une vie beaucoup plus riche et généreuse, faite dans le partage et non plus la compétition.
      Si j'ai pu paraître pessimiste dans mes commentaires précédents, je ne le suis pas du tout et j'ai de grands espoirs pour une civilisation qui se détournera de l'AVOIR au profit de l'ETRE.
      Une société qui prendra conscience que le partage offre pluss de bonheur que la compétition.
      Bises

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    2. Blutch: je suis à 100% de ton avis. Et moi aussi, en dehors de mes moments de colère d'amertume et de découragement, je partage cet espoir d'une révolution de pensée pour "pour une civilisation qui se détournera de l'AVOIR au profit de l'ETRE." ;)

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    3. @ Julie M.
      André Malraux aurait dit: "le 21e siècle sera spirituel (ou mystique) ou ne sera pas. L'a-t-il réellement dit, c'est sans importance, au vu du merdier actuel, il la revendiquerait certainement....
      Quoi qu'il en soit, cette prophétie rejoint nos espoirs communs:
      Voir l'humain accéder à l'humanité :-)

      @ Célestine:
      Mais pour toi, ce n'est pas un scoop.... Tu as, dans ce domaine, une grosse avance sur le peloton.
      Bises et Baci

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  35. à Blutch...
    "Une société qui prendra conscience que le partage offre plus de bonheur que la compétition."
    Cela existe t'-il sur cette planète ? Je n'ai pas souvenance d'un peuple qui aurait fait cela... Et nous sommes au XXIe siècle...
    On ne doit pas vivre sur la même planète, apparemment...
    ;-)

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    1. Tout un peuple je ne sais pas mais des individus qui partagent, sont solidaires, à l'écoute, sans ambition démesurée j'en connais plein et j'essaye de ne fréquenter que cette "élite" et boycotter les autres, "nombrils de ouf". En se recentrant sur les valeurs, on a presque l'impression que le monde tourne rond, ce qui est faux, bien entendu d:^)

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    2. J'ai vu le reportage sur les Quechuas, l'autre jour à la TV, et il m'a semblé que leur mode de vie était plus solidaire que compétitif...
      Mais il est vrai que l'humanité a encore des progrès à faire dans ce sens...

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    3. Ca existe dans les contrées où la solidarité est la seule chance de survie.
      Sur le plan institutionnel, c'est vrai qu'il faut beaucoup chercher.... Peut-être le Bhoutan qui a instauré un indice de bonheur national brut en lieu et place du produit du même bois.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonheur_national_brut

      Dans l'histoire:
      La république de Makhno dans l'Ukraine de la toute neuve URSS. Cette république anarchiste fut détruite dès l'arrivée de Staline au pouvoir. Les résultats économiques de cette organisation collectiviste de paysans pauvres faisait de l'ombre aux méthodes du petit père du peuple...
      Autrement, je ne vois pas... Le fric amène la compétition et la destruction de "l'autre".
      Le fric disparaissant, les humains deviendront peut-être pluss solidaires pour ne pas crever.... Spero
      Ti bacio
      et serrage de paluches à SK et SF

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  36. Célestine,
    J'ai la flemme de lire cette flopée de commentaires, mais j'ai quand même lu ta news...
    Moi, je n'ai pas d'instruction, j'ai "glandé" à l'école pour diverses raisons et donc je suis nul en math, très moyen en français, géo et histoire : nul... bref, je fais avec ce que j'ai, c'est à dire pas grand chose...
    Mais !
    Ta façon d'écrire ta news me fait penser à quelqu'un de passionné, rêveur, et intelligent...
    Je me doute que tu peux virer l'assaisonnement du "programme" et refaire la vinaigrette sans sortir des lignes, en donnant l'envie aux enfants de s'intéresser à ce qu'ils font...
    Le peu que j'ai lu ces dernières années m'a effaré quant au programme. Tellement de références françaises disparaissent... Quant je vois les gosses tout le temps dans la re "parce qu'il n'y a pas cours, pas de profs, grèves, etc... j'ai pas 'impression qu'ils dont grand chose...
    C'est juste une impression, hein ? Et puis c'est un autre sujet...
    Bonne journée sous le soleil...

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    1. Il en va de l'ecole comme de chaque entité humaine: si on fait des généralités, les individus qui essaient de nager à contre-courant se sentent amalgamés, et découragés d'être tous mis dans le même sac...
      Dis donc, pour quelqu'un qui "glandait" à l'école je te trouve remarquablement bon en français !
      Bises pluvieuses...

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    2. Ben quand tu penses que j'ai même pas le brevet des collèges...
      J'aime lire, mais je ne sais pas conjuguer... J'utilise souvent les mots sans les connaitre vraiment, juste par intuition... Heureusement que j'ai un dico...
      ;-)
      Bisous et je ne t'amalgame pas aux autres...

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    3. Jamais je n'ai imaginé ça de toi, que tu m'amalgamais...il faut dire que je suis une chèvre: je ne me laisse pas amalgamer facilement!
      Le dico, c'est un bon ami. Et l'intuition un excellent moteur.
      Au fait, chouette ton avatar. C'est mieux que le B de blogger...
      Bisous célestes

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  37. Oui... L'avatar est amusant... Il y a quelques années je me déguisait en Japonais... (rires). J'ai pensé que ce serait plus sympa qu'un "B" ou qu'une photo d'un visage qui n'est pas photogénique comme tes beaux yeux...
    bises je dois me préparer à bosser (je suis de journée en ce moment et cela ne m'enchante pas)...

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    1. oups la formulation est incorrecte.. Il s'agissait de mon visage qui n'est pas photogénique, et non tes beaux yeux ! arf arf arf...
      bisous again...

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    2. J'avais quand même goûté le compliment a sa juste valeur, ne t'inquiète pas!
      Bon ben bonne journée alors. Je vais me préparer pour la mienne...
      Bises encore endormies.

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.