vendredi 11 septembre 2020

Une lettre


« Lorsque le coeur a parlé, il n'est pas convenable que la raison élève des objections. »
Milan Kundera











Aujourd'hui une lettre m'a émue aux larmes.
Son auteur tentait d'expliquer à son propre frère combien la dispute qui déchirait leur famille était vaine, combien il était peiné de cette situation inextricable. 
En réalité, vous aurez remarqué sans doute comme moi que les disputes qui déchirent les familles sont souvent vaines.  Souvent des rivalités d'ego, des histoires d'argent, des théâtres d'ombre.

Ce qui m'a touchée, ce ne sont pas les tenants de l'affaire. Je vous la résume. Comme dans un roman, on y trouve une aïeule un peu déboussolée et ne voulant blesser personne, un frère éloigné dont on ne connaît ni le jeu ni les raisons, un jardin bien mal en point depuis que ladite aïeule en est partie, une voisine irascible arc-boutée sur des points de détails notariés, selon lesquels il faudrait murer une fenêtre ou une porte gênantes à cause du vis-à-vis. La maison étant vide, on se demande bien de quel vis-à-vis on parle, si ce n'est celui de quelques fantômes ou araignées...Mais bon, admettons.
On y voit le propriétaire de la maison à qui incomberaient lesdits travaux de  murage, afin d'apaiser la voisine, et qui ne fait rien. Mu par cette force formidable que l'on appelle l'inertie.  Cette voisine, une Anglaise venue de ses brumes humides, à cent lieues de comprendre l'âme de la Provence, menaçant pourtant de couper l'eau à toute la famille si on ne lui rend pas raison. Tu te rends compte, Galinette ? Couper l'eau ! Au pays de la soif...On se croirait dans du Pagnol. Entre nous, on se demande par quelle diablerie Albion la perfide peut détenir la clef de l'eau. Mais bref, admettons encore. 

Non, ce qui m'a touchée, ce sont les mots de ce frère, lancés comme de petites balises de détresse, des étincelles d'espoir, des cailloux de petit Poucet.
Il parlait un langage doux et clair. Celui à côté duquel les calculs d'apothicaire et les comptes à dormir debout devraient faire pâle figure. Il évoquait leurs parents qui n'étaient plus là, et qui n'auraient pas aimé les voir se déchirer, il rappelait leurs liens de frangins infrangibles. C'était beau. D'aucuns trouveront ça dérisoire, peut-être... Moi, un coeur à nu, qui s'expose sans peur, je trouve ça beau.
 Je l'ai admiré pour son courage et sa sincérité. Ça sonnait juste. Et j'ai croisé les doigts pour qu'il soit entendu et que se renoue le dialogue, telle la douce musique d'une fontaine dans le désert.
Il parlait le langage du coeur. 



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51 commentaires:

  1. C'est hélas le triste lot de beaucoup de familles, et lorsque la fratrie reste soudée, ce sont souvent "les pièces rapportées" qui sèment la zizanie.

    Dis, tu ne crois pas que les frérots devraient en référer à Jehanne ? Bouter les British hors de France, ça la connait.

    Ti bacio Cara mia

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    1. Jehanne avait des méthodes expéditives...et je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure façon de régler le différend...En revanche c'est vrai que ça soulagerait de pouvoir le faire ;-)
      baci caro
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  2. Ce que j'admire, c'est la ténacité des gens calmes et raisonnables à essayer de convaincre de l'inanité de leurs dissensions nombre d'esprits incapables d'envisager un compromis.

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    1. C'est un peu comme deux caissons étanches qui essaieraient de se parler... ;-)
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  3. Il y a les disputes vaines, il y a aussi les lettres vaines. Les tentatives de réconciliation qui, par les réponses apportées, marquent encore plus la distance irréfragable. Lorsque la tentative n'est pas comprise ou rejetée. Ce peut-être très perturbant de se voir repoussé.
    Je parle de lettres ou tentatives vaines mais elles ne le sont jamais : elles posent un acte et clarifient une situation. Même si ce n'est pas dans le sens souhaité.

    Quant au côté "dérisoire" il ne pourrait être jugé que relativement à autre chose de plus important. Or quoi de plus important que ce qui compte vraiment pour soi ? En la matière, chacun est seul juge, en son for intérieur.

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    1. Tu veux dire que le dérisoire est une notion relative ? Bien évidemment.
      D'ailleurs, si je n'avais peur de dire un pléonasme, je dirais qu'en matière de relation tout est relatif...Je sais aussi que pour un esprit froid et cartésien, le langage du coeur a quelque chose d'irrationnel, d'incompréhensible et même parfois gênant...
      Mais tu as raison : ce n'est pas vain d'essayer d'exprimer les choses en toute sincérité, et sans les artifices du politiquement correct. Avec le coeur, donc.
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  4. Comme je comprends qu'une lettre te touche. Toi qui sais si bien percevoir les balises de détresse. Et les Letter(s) to you. Je t'embrasse ma chère Miss W. ATTB;

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    1. Oui, les lettres me touchent toujours beaucoup. Certaines, incendiaires, m'ont profondément blessée. D'autres, magnifiques, m'ont réconciliée avec l'espèce humaine...
      Kisses my friend.
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  5. Pour s’exprimer il faut des mots
    Et des mots je n’en puis plus ; tant de mots qui s’étalent et de pensées louches qui les soutiennent, tant d’opinions, tant de questions, tant de points de vue, tant de douleur, tant de colère et ce cri primal, issu de tous les temps, qui n’en finit pas de hurler sa misère.
    Que ne puis-je me tenir face à vous, laisser doucement la pluie laver les mots, tous les mots, lettres par lettre, puis vous ouvrir mon cœur d’où sortiraient, des colibris, des papillons nacrés, des roses roses et odorantes, un doux zéphyr, des perles d’opale, des eaux cristallines... mais aussi des éclairs fulgurants, des marées hautes, des nuages sombres, des braises ou de la glace, des coups de tonnerre et des étoiles d’or.
    Tout ce qu’un cœur sur la terre peut offrir en silence à d’autres cœurs...Elisabeth Kuhn

    Cette longue citation pour illustrer ton post du jour,car
    qui n'a pas vécu , connu , éprouvé, souffert une telle situation ?

    Alors puisse l'auteur de cette lettre douloureuse à son coeur , pardonner à son frère , pas forcément parce que celui ci le mérite, mais parce que lui , l'auteur de la lettre mérite la paix, et que peut être s'être exprimé lui aura permis de ne pas exploser....

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    1. Cet extrait est magnifique. Bien sûr, les mots sont des armes à manier avec précaution.
      Les choisir, les faire briller comme des bijoux précieux, les offrir comme des présents...ce n'est pas donné à tout le monde, et bien souvent les mots dépassent les pensées...
      J'aime beaucoup ta conclusion. Je crois que le pardon est aussi un mot qui fait d'abord du bien à celui qui pardonne...
      Je t'embrasse chère Lucile
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  6. Des mots qui devraient faire réfléchir les intolérants, ceux qui s'arc-boutent dans leur colère... C'est tellement triste.
    Je connais un cas où c'était trop d'eau venu des hauteurs, tu vois celle là non plus on ne doit pas la couper, juste tenter de lui faire un autre chemin mais l'eau est têtue, elle suit sa route... En ce moment c'est une grande richesse une source qui continue à s'offrir...
    Ecoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire,
    Elle est discrète, elle est légère :
    Un frisson d'eau sur de la mousse !

    Ecouter son coeur ... Mais parfois le coeur est bien triste

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    1. Il y a toujours des raisons d'être en discorde. Des détails, des choses vécues différemment, des points de vue divergents, l'harmonie est un don précieux mais certains n'en ont pas le sens.
      Composer, chercher des solutions, remédier, temporiser, arbitrer...Mais pas jusqu'à se nier et ne plus s'y retrouver...Alors un jour le coeur est triste et le chagrin lâche la bonde...
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  7. Espérons que le langage du cœur sera entendu....

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    1. Je croise les doigts comme toi, Manou.
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  8. Avec ce texte Célestine, j'ai l'impression de lire ceci :
    http://www.msc.univ-paris-diderot.fr/~phyexp/uploads/Noeuds/intro.png
    Chacun en général ne voit qu'un côté de la sphère...
    Cette semaine j'ai longuement parlé avec une personne perdue de vue depuis une quinzaine d'année. Elle a évoqué ses relations avec ses parents que je connais bien (enfance, adolescence) et je me suis aperçue que je n'avais pas la même vision d'eux qu'elle même. Elle a en quelque sorte élargi ma perception :-)
    https://www.mathieumare.fr/storage/cache/images/000/200/lune-070422-m21,medium.2x.1382354862.jpg

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    1. J'aime tes illustrations, Biche.
      Elles sont parlantes.
      Le sac de noeuds des relations familiales, ce n'est pas nouveau..
      Quant à la subjectivité des perceptions, c'est bien là le drame : personne n'est véritablement sur la même planète...
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  9. Comme je te comprends, ce genre de lettre pourrait m'emouvoir aux larmes aussi ! Je cois qu'il y a les doux et bons qui peuvent exprimer et ressentir leurs émotions et dans la même fratrie ceux qui ne sont pas forcément moins bons mais qui ne savent pas dire, ressentir. Il y a ceux dont la sensibilité remue fort sous la peau et ceux qui l'ont enfermé à double tour et ont jeté la clé de la fraternité. Les enfants de mêmes parents n'ont pas la même enfance et évoluent différemment en fonction de leur caractère mais aussi de leurs blessures propres. J'aurai envie de dire à cet homme bon et doux n'abandonne pas, qui sait si tu n'arrivera pas à percer l'armure de ton frère ...
    Bisous petite sœur.

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    1. Savoir dire ses émotions est en effet une richesse. J'en ai connu tant, des gens tapis derrière leurs piquants, leurs murailles, leurs forteresses blindées...
      Des armures, tu as raison.
      Bisous grande soeur
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  10. Les limites d'un terrain ou simplement le cadastre, génèrent autant de querelles qu'une frontière séparant deux pays. Plus on approche des bornes, plus la tension est élevée, même chez des gens qui se connaissent depuis longtemps et qui ont toujours eu de bons rapports. C'est étrange.

    Et puis, tout ce qui se passe de l'autre côté de la haie ou de la clôture est un peu suspect. Cela aurait-il un rapport avec quelque trait de l'homme ancien? Le sens de la territorialité serait-il impliqué? J'ai l'impression que des peurs viennent jouer dans la tête de ceux et celles qui ne sont pas solides.

    Je retiens cette phrase: « ...Mu par cette force formidable que l'on appelle l'inertie. ». Cette force je la connais très bien. Moi qui devrais mieux entretenir ma maison et mon terrain et que n'importe quel prétexte empêche d'aller de l'avant, je viens de réaliser que je me bats contre une « formidable force ». Je me pardonne donc.

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    1. Il est vrai que c'est étrange, ces histoires de limites de territoires...
      Pourquoi les êtres peuplant cette planète ont-ils tous peu ou prou ce sens inné de la territorialité ?
      Etranges étrangers...
      Quant à la force d'inertie, je sais bien que nous avons tous des domaines où il nous paraît insurmontable de lever le petit doigt. Vous faites donc bien de vous pardonner...
      Bien à vous, ami du bout du monde
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  11. Les tenants de l'affaire, j'avoue ne pas avoir tout saisi. Mais qu'importe. L'essentiel du billet est ailleurs.
    Les disputes qui déchirent les familles me semblent le plus souvent être les symptômes de profondes maladies chroniques issues de souffrances relationnelles remontant loin dans la fratrie, installées depuis longtemps. Et souvent dans le silence. Elles ont l'apparence d'être vaines, mais les souffrances qu'elles cachent ne le sont pas.
    La tentative du frère de bonne volonté est louable et touche. Elle n'est pas dérisoire si elle est facteur déclenchant. Ce qui n'est pas garanti en tant que tel.
    Un petit oasis dans le désert ? Cependant parfois les séjours silencieux dans les déserts relationnels durent longtemps. Trop longtemps.
    Espérons pour les personnes concernées qu'il n'en sera pas ainsi.
    J'ai souvent constaté que dans ce genre de situation bloquée, de telles initiatives produisent des effets. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Prendre en considération ce réel évite la désespérance d'un rapide happy end que l'on ne rencontre que dans les contes.

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    1. Les tenants et les aboutissants, si tu veux.Je n'ai mis que la première partie de l'expression, et du coup c'est vrai que cela nuit à la compréhension...
      J'aime beaucoup ton analyse (toujours très fine) des enjeux de telle ou telle démarche. C'est vrai que rien n'est gagné, et que le succès d'une telle lettre reste très aléatoire.
      Et pourtant, tu sais que je crois aux petites graines semées ça et là.
      Wait and see comme disent les Grands Bretons...
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  12. Bonjour Célestine
    Ceux qui laissent parler leur cœur, il faut absolument les écouter...
    Bisous,
    Mo

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    1. Oui, il faudrait...
      Le monde irait sans doute mieux.
      mais voilà...
      Bisous ma belle
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  13. J'imagine cette lettre au vu de ce que tu dis de la situation. J'imagine l'émotion devant ces mots. J'imagine que l'on ne peut parler et écrire qu'avec le coeur quand il s'agit d'amour fraternel et de souvenirs familiaux.
    Bises Célestine.

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    1. Et tu imagines très bien cher Patrick.
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  14. C'est parfois avec les plus "proches" (frères, soeurs) que les mots de tendresse sortent le plus difficilement...
    Pudeur ou vieux contentieux...les raisons en sont multiples...
    Et puis, on nous a tellement habitués, dans nos métiers, dans nos médias, dans nos "affaires de justice" (ou d'injustice), à un langage "objectif", presque froid...que quand les mots se font clairs et tendres, cela touche en nous un espace qui n'a pas souvent "droit de cité"...

    Enfin, heureusement, il y a encore, de ci de là, sur internet ou ailleurs, des endroits reculés où l'on peut encore trouver et lire des mots qui viennent du coeur...;-)

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    1. Tu parles juste, chère Licorne.
      Cet insupportable langage froid, de la raison, qu'on nous assène à longueur de temps, nous fait oublier qu'être humain, ce n'est pas cela.
      Bien sûr il ne s'agit pas de céder à la sensiblerie, mais qu'est-ce que ça fait du bien de laisser parler son coeur !
      Les sentiments, y compris au coeur d'une même famille, sont bien trop souvent ficelés, ligotés.
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  15. C'est étrange. Mon cours de théâtre jouaot ce soit sa pièce. C'était un patchwork sur le thème des fratries. Et c'était d'ailleurs son nom.

    Et en revenant, je lis ce billet.

    Les fratries, c'est très déchirant.

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    1. Oui, c'est une bien étrange coïncidence, en effet.
      Le théâtre aide-t-il à comprendre les tragédies familiales ?
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  16. La lettre exprime le symbole du mystère de l'être..elle exprime le langage du coeur !
    chaque trait est un agrégat de nuages en bancs guerriers, chaque attache une arcature bandée d'une force clairsemée ; chaque point chaque phrase une pierre tombant d'un piton élevé : chaque minois, un lacet bruni ; chaque aboutissement de ligne, une pousse aimée et chaque trait libre et délié un éclaireur prêt à bondir...
    ainsi l'écriture arrive tendre quand la parole se retire pour tenter de comprendre... c'est un effort pour encapuchonner l'esprit et l'inspiration... elle demeure le mot, l'écrit absent... le manque ...la présence parlante celle qui dit, exprime, révèle.
    "on n'écrit pas dans les âmes avec une plume" disait Joseph de Maistre...

    Je frissonne et espère.

    Merci chère Céleste !

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    1. Tu écris toujours de belles choses un peu mystérieuses, et j'aime beaucoup.
      Je prends tes mots d'espoir avec joie.
      Merci Den
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  17. Les frères et soeurs sont souvent très différents et l'entente cordiale n'a pas toujours cours en famille.

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    1. Cordiale...c'est à dire du coeur, n'est-ce pas ? judicieuse remarque, donc !
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  18. Oui, "le cœur a ses raisons que la raison ignore"... c'est bien connu :)
    Ce frère en détresse Maitresse, doit vous être très proche pour vous avoir montrée sa lettre.
    Texte émouvant et belles mains d'intellectuel. Photo du net ? :D
    Bon dimanche Celestine.
    Bises.

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    1. Photo du net, oui.
      Je crois qu'il me fait tout simplement confiance.
      Belle semaine ma Julie
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  19. L'essentiel est invisible pour les yeux...
    Il se cache au fond des coeurs,  au fond du coeur de chacun des membres de la fratrie.
    Chacun réagit avec sa sensibilité en fonction de son point de vue ( sens littéral ).

    Cette situation me rappelle celle que j'ai vécue en août 2017  . Nous étions mon frère cadet et moi face à la maladie dégénérative de notre mère.
    En cet instant précis nous n'avions pas le même point de vue : j'étais à côté de ma mère pendant que mon frère s'était rendu à un étage inférieur de l'immeuble pour solliciter l'aide d'un voisin.
    Peu après mon frère revint et m'invita agressivement à l'écart en m'apostrophant : "Le respect, sais tu ce que c'est que le respect ?"

    C'est là que j'ai réalisé combien nous étions fragiles face au spectacle du vieillissement,  de la perte d'autonomie de notre mère.....

    Au lieu de répondre par une autre agressivité à celle de mon frère, j'ai posé affectueusement ma main sur son épaule et lui ai demandé pardon de l'avoir choqué... J'ai reconnu ma propre fragilité face à la maladie de notre mère.

    Bref, à partir de cet instant nos coeurs étaient à l'unisson pour prendre les décisions de la journée.
    Je raconte ici cet épisode de ma vie personnelle pour témoigner de l'importance de parler avec son coeur, c'est-à-dire en vérité avec nos forces et nos faiblesses....

    Comme Toi, comme St Exupéry, je crois au langage du coeur , et je comprends pleinement pourquoi et en quoi cette lettre t'a émue aux larmes.....

    Amicales pensées

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    1. Je retrouve dans ton récit le souvenir de cette période où les difficultés avec nos mères nous avaient rapprochés.
      Cependant je ne me rappelais plus cet épisode avec ton frère. En quoi avais-tu été maladroit ? En quoi l'avais-tu choqué ?
      Je sais que tu parles le langage du coeur, tu n'es pas un Petit prince par hasard...
      J'espère que tes relations avec ton frère sont restées apaisées.
      Je t'embrasse
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  20. Il me semble avoir remarqué que certaines personnes s'accrochent aux choses matérielles comme à une bouée de sauvetage par peur de leurs émotions. Le domaine émotionnel peut représenter un vaste monde mystérieux et dangereux à leurs yeux, pour des raisons qui leurs sont propres(mauvaises expériences, trahisons...?).
    Dommage de se priver ainsi du langage du coeur !

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    1. La peur des émotions, des débordements...La peur de perdre le contrôle...
      La peur, sans doute, de montrer une quelconque faiblesse...
      Toutes ces peurs qui paralysent et enlisent...
      C'est très bien vu, Aube !
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  21. A propos de mots, un gars que j'aime beaucoup a eu bien du mal avec les siens...

    https://www.qwant.com/?q=Chelon%20les%20mots&t=videos&client=ext-firefox-sb&o=0:37d614ef0526bfd57f78533927534b0b

    Baci Cara

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    1. Merci pour cette chanson que je ne connaissais pas. Jolie mélodie et texte superbe.
      Ti bacio forte caro mio
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  22. Le langage du cœur ne ment pas, d'ailleurs, est-ce-que le cœur sait mentir ? Il a un langage vrai et celui qui l'entend ne peut le comprendre que s'il a le même.
    C'est parce que le cerveau s'en mêle, ou s'emmêle, que cela se complique.
    Nous ne sommes pas tous égaux devant la capacité de se syntoniser sur la bonne longueur d'onde.
    Les mots devraient faire leurs effets, la voix de la raison finira, je pense, par l'emporter.

    Les histoires de succession ne sont pas toujours simples, surtout qu'elles se passent dans des moments difficiles. Mais cela arrive que cela se passe bien. J'en veux pour preuve chez nous.
    Nous sommes huit frères et sœurs, et cela fait plusieurs point de vues. Beaucoup convergeaient dans le même sens, ça aide. À la fin du rendez-vous, chez la notaire, elle a tenu à souligner le fait que cela s'était bien passé, que ce n'est pas toujours le cas. Elle est bien placée pour le savoir.

    Pour ce peuple d'outre manche, nous en avions un spécimen, dans mon village ; un type sympa, mais qui a importé tous les matériaux dont il avait besoin d'Angleterre.
    Un manque de confiance dans la gente française...

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    1. Oh la la j’ai failli louper ton long commentaire Cher Didier
      Pendant que je me désolais sur l’autre billet que tu ne saches pas quoi écrire...
      Pardonne moi.
      En parlant de succession nous sommes en train de régler celle de ma mère
      Ça se passe plutôt bien. Et pourtant nous sommes cinq ( certes ça fait moins que toi)
      Mais nous sommes tombés d’accord sur la vente de la maison...
      Quant aux grands bretons, ils ne sont pas les seuls à débarquer ici avec tout leur matos : les hollandais font de même, notamment en Ardèche où ils achètent pas mal de vieilles fermes...
      Bisous du soir
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    2. Tu es toute pardonnée ! Hier, en te rendant visite, j'ai été surpris de lire un nouveau billet, alors que je n'avais pas encore commenté celui-ci. Heureusement que j'avais griffonné quelques idées... Mais écrire deux commentaires, dont un sur un sujet "difficile" m'a paru au-dessus de mes forces. J'ai pourtant une idée, mais je dois laisser mûrir la chose... Peut-être qu'il n'en sortira rien.

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  23. C'est beaucoup plus difficile de faire un pas vers l'autre que de rester enkysté dans sa colère, et c'est aussi courageux. Hélas, souvent, des personnes semblent trouver comme une raison de vivre à être dans le conflit comme ça ils restent bien fermés en eux-mêmes et ne prennent pas de risque.
    Bonne journée !

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  24. Tendre la main se résume toutefois à peu de choses, l’empathie n’est jamais que la capacité à vivre selon le cœur précieux de celui qui a mal pour qu’enfin nous donnions à notre tour un peu du nôtre, tant qu’il s’avère bien portant…

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  25. C'est vrai que ces disputes familiales sont souvent vaines et stériles.
    Mais parfois il est salutaire de rompre quand le cœur a parlé mais évidement pas à cause de petits comptes d'apothicaires...

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    1. Merci mes amies pour vos commentaires fins et bienveillants.
      Je vous embrasse
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.