Ce matin, je me suis éveillée au chant du coq, comme tous les jours depuis que le nouveau voisin a installé son poulailler au bas de la colline.
Contrairement à certains fâcheux qui râlent contre cette prétendue « pollution sonore », j'adore ce premier bonheur du jour. Ce sont les mêmes qui rouspètent après les cloches. Des grincheux qui préfèrent sans doute le doux ronron d'un aéroport ou les effluves d'une station d'essence.
On en apprend de belles sur ce volatile en musardant sur la toile. Sa symbolique, son histoire, son caractère chinois... Saviez-vous, par exemple, qu'un animal ailé fabuleux, à tête de coq et à corps de serpent, s'appelle le coquatrix ? Son prénom ne serait-il pas Bruno, par hasard ?
Moi, ce que je sais, c'est que l'emplumé du voisin annonce le lever du soleil de manière naturelle et joyeuse. Et que ça me va bien.
Tout à coup, je réalise que cela fait dix ans que j'ai abandonné le réveille-matin quotidien. Dix ans que je fêtais ma jubilacion, avec je dois le dire, une certaine allégresse...et sans me retourner, prête pour ma nouvelle vie. Je n'ai jamais regretté d'avoir quitté le métier avant d'en être lassée. Pas un jour, dans cette décennie, où je me sois morfondue, ennuyée, pas une minute où j'aie envié ceux que j'ai laissés sur le grand bateau de la vie dite active...
Fin août, les ombres des acacias et des chênes s'allongent sur l'herbe encore jaunie. La lumière prend cette teinte inimitable qui fait le bonheur des photographes et des peintres.
Les gynériums lancent leurs plumeaux vers le ciel. Septembre s'annonce.
Chaque année, à cette période, je rêvais d'une école toute fleurie de pervenches et de liserons bleus. Aux fenêtres des rideaux de mousse blanche flottaient au vent du matin.
De petits chemins herbus serpentaient dans le jardin, et les balançoires transformaient aux récréations les enfants en métronomes.
Je rêvais que les professeurs s'appelaient Jean Rivet, Pierre Gamarra, Jacques Prévert.
Des bouquets d'hirondelles poussaient sur les arbres de la cour, les couloirs sentaient la myrtille et la châtaigne en automne, et sur le poêle, l'hiver, chaque flaque d'eau était un bonhomme de neige évanoui. Au printemps le jasmin y embaumait.
L'été incendiait les soirs.
Sur le tableau, un coeur était tracé dans un peu de poussière de craie. Toute ma vie...
Je rêvais que les cahiers et les leçons avaient des noms étranges.
Livre d'étoiles, cahier de bonheur simple, leçon de rosée du matin, petit carnet de résolutions courageuses, manuel de rouge aux joues.
Je rêvais en préparant mon cartable.
Je ne comptais plus mes rentrées des classes. Mais rien ne m'empêchait de compter les battements de mon coeur quand je me retrouvais pour la énième fois devant mes chers élèves.
Désormais chaque année, à cette période, j'ai une pensée pour vous. Oui vous, les « actifs ». Pour ceux dont les vacances ont passé trop vite, et qui se retrouvent dans ce vortex incroyable, ce tambour à essorage appelé rentrée des classes. Qui ne génère pas que de doux rêves, d'ailleurs...
Avez-vous toujours ce léger vertige avant le jour J, cette peur diffuse et intrinsèque qui saisit le ventre, faites-vous toujours ces « cauchemars d'école » dans lesquels le réveil ne sonne pas, vous loupez la rentrée, ou alors vous avez 52 élèves qui montent sur les tables sans qu'aucun son ne sorte de votre bouche ?
Je pense aussi à mes petites étoiles qui retournent à l'école, remplies des bonheurs de l'été, les yeux plus clairs que jamais.
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite la meilleure des rentrées à tous, jeunes padawans.
Cette petite souris avec son cartable sur le dos me fait craquer... Tout comme votre rêve d'école, tout en douceur et en poésie.Vos passages trop rares se dégustent comme de friandises.
RépondreSupprimerBien à vous, belle amie
~L~
J'étais et je resterai une amie des poètes inconditionnelle... J'ai essayé toute ma carrière de mettre de la poésie dans ma pratique. Pour que les enfants aiment apprendre. je crois que cela ne m'a pas trop mal réussi.
SupprimerMerci pour vos mots toujours bienveillants, cher Lorenzaccio.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Comme je suis un inactif (un test de personnalité m'a un jour classé parmi les non actifs, non émotifs, primaires) je ne me sens pas concerné. J'ai néanmoins fréquenté une école dans le genre de celle que tu vois en rêve. Je te l'ai déjà dit, mais comme avec l'âge je radote...
RépondreSupprimerhttps://presquentrenous.canalblog.com/archives/2008/06/30/9765633.html
J'ai relu avec bonheur tes souvenirs d'école. C'est beau. On dirait du Pagnol version belge...
SupprimerTon maître devait pratiquer la methode Freinet pour vous avoir fait découvrir la vie à ce point !
Non émotif, toi ? ça reste à prouver... ;-) ;-) ;-)
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
"Contrairement à certains fâcheux qui râlent contre cette prétendue « pollution sonore », j'adore ce premier bonheur du jour."
RépondreSupprimerCa alors ! Toi aussi tu es dans les bonheurs du jour ! ;-)
Je pense que le chant du coq au petit matin me plairait aussi :-)
Depuis 2009, date canonique à laquelle ce blog a vu le jour, je n'ai cessé de chanter les petits bonheurs quotidiens...
SupprimerBisous ma Biche
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
J’ai beaucoup aimé la profonde respiration de ton texte, une légère émanation de sereine quiétude.
RépondreSupprimerMerci beaucoup cher Jean Luc.
SupprimerJ'aime beaucoup ton ressenti, que je trouve très juste. :-)
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
"En sortant de l'école nous avons rencontré..." des tas de gens qui nous enchantent même si les plus âgés d'entre eux ont décidé de ne plus rien apprendre ou de ne plus travailler !
RépondreSupprimerMoi par contre, je profite de ma "jubilacion" pour bosser comme un malade.
Tant qu'on ne m'interdit pas d'acheter des crayons de bois 4B, de noircir des pages et de ramener de mes virées chez mon octogénaire préféré des livres qui traînaient dans sa cave et dont j'ai oublié ce qu'ils racontent, ça va !
Voici les deux derniers ;-) :
https://manuelsanciens.blogspot.com/2014/10/remi-et-colette-methode-de-lecture-cp.html
Je suis bien dans le thème, hein ? ;-)
Tu es parfaitement dans le thème. Rémi et Colette, ça date un peu, si je puis me permettre cet euphémisme.
SupprimerMais des générations d'élèves ont bien appris à lire avec la méthode syllabique, et non la fameuse méthode globale qui a généré tant de dyslexiques...
J'apprends toujours. Je bosse toujours mais autrement. Pour mon plaisir. Je suis très active, et parfois contemplative. J'aime cet équilibre. Et si tu regardes bien, j'ai mis de petits guillemets au mot « actifs ». Marre d'entendre des ministres dire que nous ne servons à rien et que nous sommes des parasites...
Bisous mon oncle adoré
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ah ! Le chant du coq, des bons souvenirs de vacances d'enfance à la campagne, le poulailler de mon oncle, la récolte des œufs, qu'on faisait cuire à la coque et les délicieuses mouillettes dans une tartine beurrée de pain de quinze cents !
RépondreSupprimerPour ce qui est de la rentrée des classes je me prends à espérer que les chers professeurs des écoles chrétiennes qui sévissaient contre moi, avaient la trouille au ventre à exercer leur métier et surtout la rentrée. C'est sans doute pour ça qu'ils étaient méchants, la baguette à la main, les coups de règles sur les ongles de trois droits réunis, et les punitions qui dégringolaient comme à Gravelotte.
Que de souvenirs délicieusement exécrables…
Heureusement, tout cela est du passé effacé comme sur un tableau noir ou la craie ne crisse plus. Je le faisais volontairement pour énerver le prof ! Petite vengeance enfantine aux grands effets.
Allez ! Je vais aller boire ma soupe d'une cuillère tremblante, prendre mes cachets, un suppôt et au lit…
Tu m'as trop fait rire avec ta dernière phrase ! Toi un petit vieux croulant ? J'y crois pas une seconde... ;-) ;-)
SupprimerJe sais que tes souvenirs d'école sont exécrables. j'ai pensé à toi lors de mon voyage au pays basque : visitant la maison natale d'Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des Jesuites. Comment peut-on se réclamer de Jésus (qui n'était qu'amour) et être si sadique avec les enfants ? Je n'ai jamais rien compris à la religion. Enfin, je sais que toi c'étaient plutôt les Lasalliens, ou les Maristes, bref les frères des écoles chrétiennes...Mais tout ça c'est bonnet blanc et blanc bonnet...
Je préfère tes souvenirs olfactifs et gustatifs de tes vacances chez ton oncle. Les mouillettes...Hmmm ! Tu me donnes envie de manger un oeuf à la coque, tiens. mais est-ce que je vais trouver un coquetier ???
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Dix ans de jubilacion déjà ? Le temps file :-). Moi, je fais partie des râleuses contre les coqs, je rabats rageusement l'oreiller sur ma tête pour ne pas l'entendre, c'est beaucoup trop tôt pour moi. D'ailleurs, un de mes plaisirs inconditionnels de la jubilacion c'est de ne plus devoir me lever à 6h30. Mais en même temps, au grand jamais, je ne bannirais les coqs ni les cloches des églises. Les coqs m'énervent mais je les aimeuh, quand mêmeuh .....
RépondreSupprimerTu entends des coqs à Bruxelles ? Wouaou c'est pas commun ! ;-) ;-) ;-)
SupprimerLa dernière fois que j'étais dans un endroit où les cloches sonnent toute la nuit, c'était à Sisteron. J'ai entendu sonner minuit, et après, plus rien. J'ai dormi comme un bébé.
Tendres kiss, sister
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Non non pas ici :-) mais à la campagne, dans la maison de mon papa :-)
Supprimer:-) je te charriais... :-)
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Merci Célestine pour cette publication.
RépondreSupprimerCe soir, en ramassant des pommes de pin pour les futures flambées automnales,
j’ai savouré le passage du faisan. Son cri et ses quatre petits juste derrière lui : un moment de bonheur avant de reprendre le chemin de la maternelle..
J’aime les suivre le matin sur le tout petit chemin avant de retrouver les élèves …
Alors , demain dans mon cartable , il y aura de belles images mentales , les odeurs de l’été qui viendront compléter les odeurs des cahiers neufs ….des gommes …puis celles de la prochaine saison …
Je pourrai transmettre au quotidien, ces petits bonheurs de la vie pour remplir d’étoiles les yeux des enfants …
Le végétal dans une école c’est une évidence …..surtout avec tous ses appartements dans ses grandes tours qui n’ont pas le privilège d entendre le coq le matin !
Alors je vais savourer les moments dans ce lieu de vie privilégié !
Enfin , je suis à ma place dans ce lieu de vie provisoire pour être pleinement guérie. Et je fais confiance à la vie pour un jour être dans un lieu aussi apaisant avec la bonne personne pour remplir de joie et de douceur mon quotidien ..
Un plaisir de te lire avant de partir au pays des rêves
Usurpation d'identité incessante!
Supprimer@AnneSocoquelicot
SupprimerJe ne doute pas que tu sois une maîtresse d'école telle que je l'ai été.
L'odeur des cahiers neufs m'a toujours enivrée...Et j'ai passer toute ma carrière en respectant cet aphorisme:
les enfants ne sont pas des vases que l'on remplit mais des feux qu'on allume.
Voir briller leurs yeux, leur apprendre à voler de leurs propres ailes, les ouvrir à la beauté du monde, voilà toute la magie de ce métier quand on le fait avec le coeur.
Bonne rentrée ma belle
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
@Anonyme
SupprimerRavissant ce commentaire. Et courageux.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Zut, j'avais oublié le coq ! Dans mon quartier du patelin précédent, Jette pour ne pas le citer, (où j'ai vécu pendant 40 ans), il y avait une école dans la cour de laquelle il y avait un... poulailler ! Et dans ce poulailler un coq qui chantait tous le matins, en pleine agglomération. Je l'ai entendu pendant des années sans trouver cela dérangeant. C'était pas l'avis de tout le monde, mais bon, des chi(can)eurs, y en a partout...
RépondreSupprimerJ'aime bien ta dernière phrase. Tu as tellement raison...
SupprimerVoilà le texte d'une pétition engagée contre une chi(can)euse qui se plaignait des cloches
Nous sommes dans une commune française, en milieu rural, où les cloches des églises sonnent depuis des siècles, où les coqs chantent très tôt, où des troupeaux vivent à proximité, certains ayant même des cloches autour du cou (...) Si cela vous dérange ou vous incommode, passez votre chemin, la route est longue et large...Si cela vous empêche de vivre ou de dormir, allez habiter dans un centre-ville au milieu des voitures, pour votre plus grand bonheur et le nôtre également.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ah, Célestine, je suis heureuse que tu aies une pensée pour les actifs.....j'en fais partie. Être à la retraite ne m'a pas transportée dans l'inactivité, loin de là : moins de loisirs, davantage de responsabilité et, je colle tout à fait au vieil adage qu'une "femme n'est jamais vraiment à la retraite". Cette petite foumi du foyer t'embrasse chaleureusement.
RépondreSupprimerJe sais combien tu aimes bouger ma Chinou.
SupprimerMais le mouvement c'est la vie. Je ne connaissais pas ton vieil adage, mais je crois qu'il peut s'appliquer à certains hommes aussi, j'en ai un bon exemple à la maison...
Je t'embrasse
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ainsi donc dans une autre vie tu étais prof.
RépondreSupprimerDans une autre vie, bientôt, je ne le serai plus. Et ce sera sans regret. Là, je sens, je sais que je dois arrêter.
Je serai marcheur, artiste à temps plein, écouteur de vagues et du vent et regardeur de gabians qui jouent avec Éole. Et je serai baigneur aussi. Nu, il va de soit. Et en étant baigneur nu, je pourrai être tout ce que j'ai dit ci-dessus en même temps !
Beau programme non ?
Quand au coq, il ne me dérange pas. Je suis un fils de la campagne. J'ai eu un poulailler toute ma jeunesse et les voisins aussi. Alors, je connais non pas le chant du coq mais leurs chants polyphoniques, leurs conversations orchestrées ! Ça rendait fou mon poète de beau-frère.
Merci de m'avoir fait goûter par avance ce qui m'attend quand je serai.... inactif !
C'est incroyable : je suis tout ce que tu rêves d'être à la retraite. Marcheuse, artiste, musicienne, écouteuse de vent dans les arbres, jardinière, regardeuse d'écureuils et d'étoiles. Et baigneuse nue aussi, bien sûr.
SupprimerFaire tout ce qui nous chante au moment où ça nous chante, si c'est pas ça le secret du bonheur ...
Dans mes bras, collègue !
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Hello, chère Miss W. Quelle merveilleuse lettre de rentrée en couleurs et en parfums comme tu sais si bien le faire. Une assez longue absence écrite ne m'a jamais empêché de t'imaginer souvent en ta lande bienheureuse. Et ça me fait du bien. Ton long time companion ès mots et notes est toujours là. Bien sûr le réveil dont tu t'es débarrassé clique un peu vite et le gâteau est plus qu'aux trois quarts digéré. Mais la musique et les livres sont bien là. Les sentiers aussi. A ce propos je les trouve un peu plus montants, sablonneux, malaisés mais quelqu'un l'a déjà dit.
RépondreSupprimerContinue d'écrire et de chanter, de danser, de vibrer. D'aimer la vie mais pour cela tu n'as pas besoin des conseils d'un docte et grisonnant homme du Nord, fût-il (et je crois qu'aucune femme ne m'a aussi joliment qualifié) un gentleman des plaines. ATTB Angel Baby, still on my mind. 🎸🎶🍃☘️🤩🌺😘
Mets un grand coup de pied dans l'horloge du temps, oublie là un peu, déguste le gâteau par petits bouts (façon puzzle) continue à enchanter le réel avec tes notes de musique, lis, encore, beaucoup, toujours plus, et pense toujours à moi, forget me not, mon fatal picard.
SupprimerVoilà le secret ! Ecrire, chanter danser vibrer, bref aimer la vie et tout ce qu'elle nous apporte.
Forever
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
très chère
RépondreSupprimerTu rêvais de sacrés professeurs
Figure toi que j’ai eu le même d’entres eux tu devines ?
le Jacque dont je ne me lasse pas ☺
lever de soleil
le chant du coq lève-tôt
revigorant
gros bisous à toi
Jacques Charpentreau le maître du haïku, peut-être ?
SupprimerSais-tu que je l'avais fait venir dans ma classe une année ? Comme quoi les grands esprits etc etc...
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ah, le chant du coq qui déplait tant à ma soeur...Là, elle n''en a pas un, mais deux, la maison de sa voisine, la vielle dame décédée ayant été vendue. Ma soeur, tout comme moi, a le sommeil très fragile...Elle maudit ces coqs qui la réveille pile au moment où elle arrivait à trouver le sommeil...Moi, au contraire, je me rappelle enfant l'avoir attendu avec impatience, comme les cloches..Là, je savais que le jour allait se lever, mes cauchemars et ma peur disparaître.....
RépondreSupprimerLes ressentis des gens sont toujours très variables d'une personne à l'autre...
SupprimerTa soeur n'a jamais pensé à déménager ? ;-)
Bisous Julie
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ce matin, mon fils, celui dont la compagne l'a jeté à la rue comme une vieille chaussette, a repris le chemin de l'école, oui, un jour avant les écoles publiques...Là, toute la journée, ce seront les discours des curés, prêchant la bonne parole, prodiguant de bons conseils, préchi-prêcha, mais, au fond, pas méchants, rien à voir avec les curés d'antan qui savaient manier la baguette comme de bons chefs d'orchestre..Quand il nous a appris qu'il n'avait plus de toit, j'ai eu peur qu'il n'ait quitté aussi l'enseignement..Ouf, non, au contraire...Ayant trouvé à se loger (bon, pas sur place, à la montagne, son ciel commence à s'éclaircir....Sa directrice, une femme formidable, hélas, qui va bientôt prendre sa retraite, a refait tout le planning des profs, pour lui aménager ses horaires pour lui simplifier la vie, sinon, il avait des cours à trous, une ou deux heures par ci, par là. Les autres profs peuvent bien lui renvoyer l'ascenseur...Mon fils a hâte d'aider un enfant autiste qui l'a à la bonne, à passer le bac...Il dit que ce sera son grand défi...Heureusement, mon fils est apprécié par les élèves, enfin, presque tous....Oui, il faut savoir que, dans les écoles catholiques, se côtoient les familles aisées et ceux qui ont été virés de l'école publique..Mon fils a eu 100% de réussite encore au Bac..Bon, faut bien dire que 8 élèves ont été virés, car, ingérables, dangereux...Madame la ministre dit que les portables doivent être éteints, récupérés pendant les cours...Je voudrais bien qu'elle le fasse elle-même, voir comment vont réagir les élèves de lycée. Mon fils me disait qu'effectivement, certains élèves ne se gênaient pas pour téléphoner en cours, pour insulter les profs, ont même fait des barbecues en classe (bon, pas dans sa classe)...Parfois, j'ai peur pour mon fils..Là, encore plus, à le savoir sur les routes de montagne, enfermé dans son petit studio, à ruminer dans son coin. Ouf, il ne sera pas sans boulot, c'est déjà ça, il aura ses cours à préparer....Il dit aimer beaucoup ce qu'il fait. Malheureusement, l'année dernière, il n'a pas pu préparer le Capes, ayant trop de boulot, à donner des cours particuliers, à assister à ceci, cela...Le salaire d'un prof contractuel n'est pas digne de la responsabilité que les profs ont, 2200 euros au bout de 4 ans, vous trouvez ça bien ? Avec sa compagne, ils se sont perdus à bosser comme des dingues, à gérer des problèmes insolubles, habiter une ville frontalière coûte la peau des fesses.. Bon, je suppose, Célestine que tu sauras qui je suis, je suis, sur les blogs, tout est permis, permis, hi, hi....Au fond, c'est aussi ma rentrée, puisque demain, ma fille prendra aussi le chemin de l'école, ses enfants aussi lundi..
RépondreSupprimerJ'ai pas mal de lecteurs et trices dont le pseudo commence par J...Alors je ne me risquerai pas à émettre des hypothèses. J'ai ma petite idée, compte tenu de la longueur de ton commentaire. Cela dit, je te remercie pour ton témoignage émouvant de maman qui s'inquiète pour son petit : je suis comme toi, j'aime bien que mes enfants aillent bien. Le boulot de prof, surtout en collège et lycée, n'est sûrement pas une sinécure... L'école est dépassée par les technologies, et les parents sont dépassés par leurs enfants qui perdent pas mal de repères. En arriver à insulter les profs, à téléphoner en classe ou à faire des barbecues...On a touché le fond.
SupprimerLes effets d'annonces des ministres en période de rentrée sont rarement suivis d'effets tout courts. Hélas.
Pas folichon tout ça.
Bref, garde le moral, malgré tout : tant que ton fils dit qu'il aime ce qu'il fait, tout ira bien.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Quelle belle image" Les balançoires transformaient aux récréations les enfants en métronomes." Et oui c'est la rentrée, un temps nostalgique pour moi. J'aimais bien les vacances et le calme parisien. Tout le monde rentre, les trains sont bondés et les embouteillages poussent comme des champignons!
RépondreSupprimerMerci Daniel, d'apprécier ma prose poétique...
SupprimerBon courage pour affronter le retour des vacanciers...
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
C'est curieux, ton titre, et le passage qui s'y réfère, révèle un phénomène que mes enfants ces jours récents au Danemark ont expérimenté sur le sable, sur de gigantesques dunes de sable : l'ombre qui s'allonge. Ils en ont ramené de pittoresques traces photographiques.
RépondreSupprimerLe lien avec ton sujet demeure : au royaume du Danemark la rentrée scolaire a lieu plus tôt en août.....
Nous n'avons pas vécu directement cette rentrée chez les descendants des Vikings.
Par contre, grâce à notre second fils et à ses amis ( Hollandais d'origine) mais également intégrés dans ce beau pays, j'ai pu imaginer la rentrée de leurs deux filles, deux petites têtes blondes pleines de vie et de sagesse.
Bises d'un Boomer qui aurait à coup sûr adoré ton enseignement
Eh oui, je sais que tu aurais adoré être en classe avec moi, petit prince... ;-) ;-)
SupprimerJe constate avec joie que tu ne t'es pas ennuyé pendant tes vacances.
Toujours pas de billet sur ton blog ? Pourtant il y aurait matière...
Je t'embrasse cher Petrus
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
J'y songe chère Céleste
SupprimerJe te lirai avec plaisir !
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Vous avez bien de la chance maîtresse, de savoir vous passer de votre école. Moi, ma maîtresse me manque tellement souvent quand le soir tombe….
RépondreSupprimerLe petit nouveau
Ah cher Petit Nouveau...J'ai dit que je n'avais pas de regrets, je n'ai pas dit que je n'avais pas de souvenirs... Et je caresse le tien avec une douce nostalgie. J'aimais quand tu te lançais dans de longues rédactions pleines de respect et d'admiration. Tu n'avais pas peur, à l'époque, de tacher d'encre tes doigts pour me plaire. Et tes textes me faisait frissonner de plaisir. Tout cela, j'y repense comme à une époque agréable, satinée, délicieuse... Je suis toujours là, la même au fond de moi même si l'eau a coulé entre les rives de la Sorgue ou d'ailleurs...
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
😘
Supprimer🥰
SupprimerBonsoir ma chère Célestine,
RépondreSupprimerJ'ai lu avec le sourire aux lèvres ton joli texte ...
J'habite la campagne et chez nous les coqs commencent à chanter vers 2 à 3h du matin, heure à laquelle je vais me coucher étant insomniaque ... C'est le meilleur moment pour moi, car j'aime les entendre ... Je préfère ça aux bruits des motos ... Mais les gens de la ville qui viennent s'installer se plaignent de tout comme s'ils ne s'attendaient pas aux chants des coqs, aux bruits des vaches, des ânes et même au son des cloches ! Je trouve ça totalement aberrant !
Comme toi, j'ai passé des années dans une école mais comme secrétaire et j'ai aussi quitté mon poste plus tôt pour des raisons de santé ... Je ne regrette rien, ni le travail, ni les collègues ... Je ne m'ennuie pas !
J'aime écrire, m'occuper de mes petits-enfants, j'ai cette chance que d'autres n'auront peut-être pas vu l'âge des futures pensions ... Mais il m'arrive parfois de repenser à mes premières maitresses d'école, elles étaient formidables !
Passe une agréable soirée, bises et amitiés, Laureen
Merci pour ce joli témoignage. Bien sûr que "ne plus travailler" ne rime pas avec "s'ennuyer".
SupprimerBien sûr que la vie vaut d'être vécue à chaque âge, et en cultivant cette joie profonde qui anime toute chose d'une lumière magique.
Je sens dans tes mots le même optimisme que le mien, et cela me fait du bien.
Bises chère poétesse
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ah tu m'as fait marrer belles châsses ! les grincheux, les nouveaux ruraux qui pensaient trouver le calme à la cambrousse, sont emmerdés par les cloches des limousines, et autres normandes, les coqs insomniaques, et l'âne qui braie pour réclamer sa ration d'avoine !
RépondreSupprimerMoi en ville peinard, les bagnoles sont de plus en plus électriques, une patinette c'est très silencieux et les vélos itou !
Les grincheux ce sont les mêmes qui respectent le poulet dominical, et qui reprennent volontiers une tite cuisse !!! ];-D
Allez un bisou d'un mec de la ville ,avec les pieds bien plantés dans le bitume !
Te faire marrer a toujours été une activité réjouissante pour moi. Puisqu'on en est à la nostalgie, je repense souvent aux riches heures des Blogbos... Qu'est-ce qu'on a pu se marrer !
SupprimerEt ta ferveur pour le bitume et les hydrocarbures m'a toujours éclatée. Tu es bien le seul de mes amis qui n'aime pas la chlorophylle au profit du CO2...
mille Baci
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Au 36, Chauguise aime voir s'allonger les ombres mais pas que, hein, Doyen?
SupprimerCe bon vieux Chauguise… toute une époque !
SupprimerMerci de me l’avoir remémoré, mon petit Bof si gentil 💋
Dix ans ! Mais tu fais tellement jeune ! Tu as pris ta retraite à trente-cinq ans, ou bien ? :)
RépondreSupprimerBises
Angela
Tu es mignonne...Trente-cinq ans c'était hors taxes, évidemment ! ;-) ;-)
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Voilà, qu'est-ce que tu veux, "c'est comme ça" (lol) j'ai fini par trouver le bon port ! (voir commentaire sous ton texte du 9 août )
RépondreSupprimerJe souris en enviant tes petits élèves, devenus "grands" maintenant. Comme tu as dû les rendre heureux et...réciproquement. Pas étonnant que tu aies pu tourner, sans regrets, cette page. Contente et fière de ton travail et passage de relais à de jeunes professeurs tous aussi bien intentionnés.
Tout en te lisant, je pensais à ce livre si bien planqué dans ma bibliothèque que j'ai eu du mal à le retrouver. "Chagrin d'école" de Daniel Pennac. Je l'ai ouvert, j'ai lu les premières pages et un peu plus, j'oubliais que j'avais eu l'intention de laisser un commentaire sous ce texte, si frais, si joyeux, si joli.
Voilà qui est fait mais il n'est pas dit que je ne retourne pas à ma lecture. Le temps si prête, il pleut assez fort cet après-midi, peut-être y trouverai-je un peu de sérénité en pensant à mon petit-fils qui retrouvera le chemin du lycée lundi ! On ne refait pas un coeur de mamie !
PS : "Ils (les professeurs de Pennac) étaient confrontés à des enfants en péril...il y avait urgence...ils ont plongé, m'ont raté puis ils ont replongé...ils ont fini par me sortir de là. Et bcp d'autres avec moi. Ils nous ont littéralement repêchés. Nous leur devons la vie.." (sic)
Combien de parents et... de professeurs devraient relire ce livre ?
Bises, maîtresse préférée
Oui je l'ai lu en son temps. Un gros succès de librairie...Et une image sensible de ce qu'est l'école, de ses failles, et de ses succès dus souvent à quelques professeurs qui ont la conscience de ce qu'elle devrait être. Je n'ai jamais écouté que mon coeur durant quarante ans. Et si j'ai suivi un programme, c'est celui que je me suis forgé au fil du temps, faisant le tri entre les choses utiles, indispensables et les broutilles rajoutées ça et là par des ministres en mal d'effets de manches...
SupprimerBref, mes élèves ne s'en sont jamais mal portés, et beaucoup me remercient encore quand je les rencontre.
Mais tu sais cela, déjà, mariejo, non ?..
Merci pour tes commentaires à rallonge et ton indéfectible sens de l'humour.
Tu es comme un bouquet : rafraîchissante !
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Du bonheur serein entre les lignes... 10 ans déjà... moi 17 ... depuis 2008... c'est pas possible..
RépondreSupprimeret il reste tant de choses à tenter... sans regret...pour cette vie sans chrono'maître... et continuer d'écouter le chant du coq qui nous réveille...
doux week-end à toi Céleste !
bisou.
Merci pour ta fidélité dans mes allées, ici ou là...
J'aime tes fulgurances lexicales : un chronomaître...c'est juste génial !
SupprimerBisous chère Den.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆