projet,
dimanche, emmerdement, penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie,
savoir, morosité, panne, créatif, silence, bâiller, fatigue,
mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide et whisky, xyste,
zigzaguer.
Longtemps je me suis pieuté
comme les poules. Surtout le dimanche. Ah... Malbray!... Le dimanche... jour de
l'emmerdement maximum. La morosité de ces après-midis de silence
où, petit garçon obéissant, je bâillais à décrocher la lune et toutes les étoiles,
m'apparaissait comme une épreuve suprême accentuant ma fatigue
plutôt que l'effaçant. Le jour de « repos »...
Laissez-moi rire ! Et riez, si vous ne connaissez pas l'affreuse
routine des dimanches, figés dans le vernis collant de l'habitude.
Celle des repas de famille, où la rigidité des ancêtres oppresse
le repas du haut de leurs portraits sentant la mort et la naphtaline, celle des
promenades dans le jardin couvert, sorte de xyste grec entouré d'une
pompeuse et pompéienne colonnade, celles des madeleines trempées
dans le thé écœurant des vieilles tantes poussant des soupirs sur leur jeunesse perdue.
Dans le wagon qui me ramène
de Malbray, aujourd'hui, je retrouve, je ne sais pourquoi, cette
sensation oubliée et pourtant intacte d'extrême mélancolie,
cependant que la pluie gifle les vitres du train et que le vent
échevelle les arbres le long de la voie. L'ennui est créatif,
dit-on. Bof. Pour moi, c'est la panne sèche. Je tapote piteusement sur mon clavier trois pauvres mots. Je dois rendre mon projet lundi.
C'est à dire demain.
Quand soudain, je
L'aperçois. Elle vient de pénétrer dans le wagon. Putain qu'elle est belle! Plus rien n'existe, plus rien n'est important. Je pourrais mourir. Elle bouge avec grâce et comme au ralenti. J'aimerais que
ses yeux d'eau pâle croisent mon regard. Je vide mentalement le verre de whisky qui me fait défaut. Dans mon film personnel, j'en suis aux jambes en
coton et au palpitant qui zigzague.
Elle hésite, choisit la place en face de moi. Puis se ravise et le temps de lever les bras pour reprendre son sac dans le panier à bagages, j'aperçois, en une fraction d'éternité, une fraction de son intimité, un petit morceau arrondi de sa peau. Un morceau de promesse. Je vais me jeter sur elle et lui demander de m'épouser. Mais comme un con, je la laisse partir sans savoir où elle va. Ma passante s'évapore. Ma passante est passée. J'ai raté ma vie.
Elle hésite, choisit la place en face de moi. Puis se ravise et le temps de lever les bras pour reprendre son sac dans le panier à bagages, j'aperçois, en une fraction d'éternité, une fraction de son intimité, un petit morceau arrondi de sa peau. Un morceau de promesse. Je vais me jeter sur elle et lui demander de m'épouser. Mais comme un con, je la laisse partir sans savoir où elle va. Ma passante s'évapore. Ma passante est passée. J'ai raté ma vie.
Ce soir, les poings serrés,
en rage contre moi, je ne vais plus penser. Je me coucherai de bonne heure.
O rage, O désespoir, tes billets sont terribles chère Célestine. Je me sens toute morfondue.
RépondreSupprimerAlors là, bien désolée d'avoir trop bien traité le thème de l'ennui, mais bon, c'était le thème.
SupprimerEt terribles, tu le prends dans quel sens?
effrayants?
tristes?
ou sensationnels? :-)
Mauvais aiguillage : elle a pris un chemin de traverses. Gare aux coups de boutoir des regrets à venir !
RépondreSupprimer(beau texte, encore une fois ! :~))
Merci TB, j'aime bien ta métaphore SNCF...
SupprimerJe savais bien que tu t'appelais MARCEL !
RépondreSupprimer(private joke)
sinon, encore un texte à déguster comme un petit cake fondant....
Hé hé, oui, je préfère les cakes aux madeleines!
Supprimersigné MarCel.^^
Quelle belle histoire!
RépondreSupprimerLa vie est faite d'une multitude de petites occasions que l'on ne sait pas toujours saisir...
Merci belle Stella. La vie nous apprend peu à peu à saisir les occasions qui ne repassent jamais deux fois (ou alors c'est très rare)
SupprimerTe rencontrer a été une de celles-là.
Je te retourne le compliment :-D
SupprimerMerci ^_^
SupprimerL'histoire d'une possible rencontre qui n'a pas eu lieu. Quelquefois, on laisse passer ces instants magiques qui resteront gravés à jamais dans notre mémoire. Joliment raconté, avec de petits clins d’œils espiègles, comme à ton habitude.
RépondreSupprimerS'il est une leçon à tirer, c'est bien d'accorder de l'importance aux instants magiques. Parce qu'ils font le sel et le miel d'une vie. Tout le reste n'est que billevesées.
SupprimerC'est si vrai tous ces instants fugaces qui agacent. La surprise nous fait faire la bêtise de les laisser partir vers un autre avenir. Mais quels beaux souvenirs ............................
RépondreSupprimerJoli, Lauriza. En rimes et en émotion, tu résumes bien la situation.
SupprimerA la compagne de voyage
RépondreSupprimerDont les yeux charmant paysage
Font paraître court le chemin...
(Antoine Pol)
Exactly, Sir.
SupprimerC'est en pensant à ce merveilleux poème, un des plus beaux à mes yeux, que j'ai écrit ma petite fiction.
Dommage pour cette rencontre ratée. Il faut parfois saisir sa chance.
RépondreSupprimerParfois? Je dirais toujours, et si on ne la saisit pas, assumer ses regrets. pas facile!
SupprimerMerci cher Chat!
Excellent ! Quel talent...
RépondreSupprimer(pssst, dis-moi, tu as été homme dans une vie antérieure ?)
Peut-être,qui sait? J'assume de me sentir homme par moment. Il est bon en tous cas, dans ces temps troublés où l'on dit tout et n'importe quoi, de se souvenir que l'on fait tous partie d'un seul genre, l'humain. Et je crois que ma part de masculin est égale à ta part de féminin, tu ne crois pas? Cela fait une palette de nuances bien éloignée des stéréotypes manichéens.Et au final, ce qui rend les gens passionnants.
SupprimerMa chère Célestine, je te crois volontiers quand tu te dis composée à parte égales de masculin et de féminin et il me semble que cela ajoute incontestablement à ce qui me plaît chez toi :)
SupprimerJe me sens faire partie du même genre (humain), qui tient de l'un et de l'autre sans se reconnaître dans les stéréotypes de son sexe biologique. Comme dans beaucoup de domaines je suis plus souvent attiré par les nuances et la subtilité des différences que par les polarités binaires.
CQFD. Vive la diversité, à bas la binarité. ;-)
Supprimerpetite précision: j'ai dit que ma part de masculin était égale à ta part de féminin, ce qui n'implique pas forcément que nous ayons cinquante pour cent de chaque! Mais foin de ces considérations bassement mathématiques, quand on aime on ne compte pas.
Ouaps, tu as raison ! Je me disais bien que 50/50 était un peu ambitieux mais, porté par mon élan, je me suis dit « et pourquoi pas ? ». J'adopte donc sans réserve ta précision et ne chercherai pas davantage à émettre le moindre pourcentage de l'un et de l'autre, dont chacun est libre de faire le dosage qui lui convient ;)
SupprimerJe me sens effectivement beaucoup plus femme qu'homme, disons alors que nous avons des dosages complémentaires et n'en parlons plus!
Supprimer:-D
sacrée Marceline ;-)
RépondreSupprimer(prout ma chère, comme disait l'autre)
Non je rigole, c'est une très très bonne idée que tu as eue là! bravo!
Une façon de me gausser de l'homme aux phrases élastiques et un clin d’œil (appuyé) à notre cher Walrus, qui, comme chacun sait, adore retrouver son temps perdu.
SupprimerSi je t'ai fait rire, tant mieux.;-)
Putain de train de Malbray... Si tu savais combien de fois je ai pris ce foutu tortillard dans ma vie....
RépondreSupprimerBaci
Et à chaque fois, une passante?
SupprimerPas même le temps de poser sa valise, juste celui d'enflammer les neurones...
SupprimerBaci
On va t'appeler Désiré...
SupprimerWouaouuuuuu tu ferais ça pour moi....
SupprimerN'importe quoi pour pouvoir poser le 100e commentaire;-)
Baci Ragazza e buona setimana.
Tu es un spécialiste du 100° comm! c'est fort, surtout que tu n'es jamais là...
SupprimerBuona setimana?
On te revoit plus jusqu'à dimanche?
Bouhou!
Molto baci
Je trouve ma réputation d'absentéiste très nettement surfaite. En plus que tu auras bientôt de mes nouvelles chez Blogbo, alors.....
SupprimerIl m'est avis que présentement, c'est Candide qui se les roule....
Baci
"Celestine, c'est ma cousine"; Après avoir lu ce texte je crois que "Celestine c'est plus que ma cousine". L'insolence des coïncidences, des occurrences, le temps retrouvé pour "Celestine et moi, ma plus que cousine et son grand frère d'armes, de larmes, de charmes (au sens sortilèges), comme une recherche du temps perdu, des madeleines desséchées du côté de Guermantes". Merci pour tout,Albertine, disparue, fugitive, Celestine si proche.
RépondreSupprimerP.S.Jamais lu Marcel...
Jamais été plus loin que la moitié de Swann. Phrases trop longues, et langueur qui ne correspond pas à mon tempérament. Mais imprégnée de l'atmosphère de ton billet, du mien et de ce commentaire extraordinaire, je m'esbaudis encore de cette concordance d'inspiration.
SupprimerOn va faire un tour en forêt pour s'aérer?
;-)
Toi et Eeguab êtes très proustiens aujourd'hui ! :) C'est incroyable ! J'adore ! ^_^Tu te mets à la place de cet homme avec une aisance déconcertante ma chère Célestine !!! C'est tout à fait ça ! Après tout n'est-ce pas cela l'ennui : rechercher le temps perdu et s'étonner de ne jamais le retrouver ? Bises
RépondreSupprimerOui,j'en suis, comme je dis, épantelée.
SupprimerJe crois qu'une grande compréhension due à une longue fréquentation des personnes du sexe opposé me permet de me mettre facilement à leur place. Comme je le dis plus haut à Pierre, j'assume ma part de masculinité.
Bisous, je file chez toi découvrir ton ennui à toi.
Madre de Dios, je croirais, je jurerais que c'était moi à qui cette épopée était arrivée! Oui je l'avais vue en face, regardée, de mes yeux hypnotisés à jamais, mort sur le coup mais ressuscité après! J'en garde encore des séquelles....de ma non assistance à âme évaporée! Merci Célestine de partager ces rêves inassouvis, enfin... je pourrais en guérir maintenant! , il fallait que quelqu'un le sache et surtout quelqu'un le dise et ce n'était pas moi, j'ai encore rater le coche, madre de dios!
RépondreSupprimerMais c'était toi, et c'était moi sans doute, moi à qui il est arrivé plein de fois de voyager seule en train, et de croiser le regard d'un bel et sombre inconnu. Seulement il y a la vie, seulement il y a le temps, et le moment fatal...mais je m'égare.
SupprimerEt si on pensait plutôt à tous les possibles à venir?
Merci, Célestine de répondre comme tu as répondu: "c'était toi, c'était moi, c'était toujours quelqu'un qu'on aurait pu connaître, seulement c'est la vie!..."
SupprimerJe pense à cette chanson de Brassens que j'aime souvent fredonner: "les passantes!", dont je te donne quelques couplets:
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main.
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas sur retenir!
Oui tu as mis dans le mille cher Bizak.
SupprimerComme je le dis à Andiamo, c'est un de mes poèmes préférés et il est d'Antoine Pol, remarquablement mis en musique par Brassens.Merci pour ce partage qui parlera, je pense à de nombreux lecteurs...
Un texte ou l'on ressent bien le thème de l'ennui. Bravo
RépondreSupprimerMerci Violette. J'espère que tu ne l'as pas TROP bien ressenti... hi hi ;-)
SupprimerElle descendit. Elle trouva dans sa poche un petit papier : " appelez-moi, s'il vous plait. " suivait un numéro et une heure. " samedi 15 h". Il avait osé. Elle s'en réjouit et trouva tout à coup sa valise bien légère.
RépondreSupprimer...On peut toujours changer la fin d'une histoire. Non?
Tiens, un incorrigible optimiste.
SupprimerChanger la fin d'une histoire,c'est le principe d'une collection que mes petits schtroumphs adorent: "les histoires dont vous êtes le héros".
Chaque lecteur choisit son aventure à chaque chapitre.
Mais pourquoi pas?
15 h passées, il se dit qu'il faudrait qu'il ressaie.
SupprimerAprès tout elle avait bien écrit : "pourquoi pas ?"
L'ennui naquit un jour gris, d'une uniformité que je sais invincible...( je n'ennuie de Mylène Farmer très inspirée par je ne sais plus quel écrivain dont elle reprend presque mot pour mot les maux...).
RépondreSupprimerJ'aime vraiment beaucoup ce texte là, j'ai l'impression qu'il parle un peu de moi quand j'étais tout jeune...
Les yeux d'eau pâle, quelle jolie formule...quand au petit bout de peau qui révèle l'intimité de la jolie jeune femme en photo...on imagine, on imagine.
Bravo Célestine !!
Je savais que ce passage-là était vraiment bien, pour reprendre à mon tour Alain* qui me manque autant que ce que tu t'ennuies de Mylène.
SupprimerEt je savais donc qu'il te plairait. ;-)
*Alain Souchon bien entendu...
Juste un mot : " Je m'ennuie " est le titre d'une chanson de Mylène Farmer mais vu comme je l'ai écriy ta réponse est normale. J'aime aussi le morceau de piano que tu proposes !
SupprimerLa délicieuse pluri-interprétation du langage me laisse toujours pantoise.
SupprimerJe trouvais génial que tu t'ennuies d'elle.
Je vais écouter sa chanson du coup.
Hihi ! Célest'in the train en revenant de Malbray, en revenant de ... la digue, la digue...Quand la raison chemine sur une voie de garage. Dieu que j'aile les locomotives. Hein ?
RépondreSupprimerTon lapsus de clavier est charmant. J'aile les locomotives...ou quand un train perd son côté terre-à-terre pour s'envoler pas loin du septième ciel...
SupprimerUne locomotive diesaile, surement...
Non non ailectrique, une BB.
SupprimerJoli!
SupprimerEt oui il faut saisir sa chance mais parfois la balle revient si la boucle doit etre bouclee , regarde le chemin de ta vie et tu sera surprise
RépondreSupprimerun tres beau texte ou passe present et avenir se melent
ps tu te mets bien dans la peau d un homme bravo
Un commentaire plein d'optimisme, merci Miss!
SupprimerAh ! Elle aurait dû lever les yeux ...
RépondreSupprimerL'ennui, ce sont les regrets...à petits coups de conditionnel passé!
Supprimeret il y avait Jean Marc dans le train
RépondreSupprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=6ZxQQdkn01A
désolé je ne sais pas encore mettre un lien cliquable sdans le commentaire , personne veut lui expliquer au petit singe comment faut faire snif !!!
il faut faire comme ça!
Supprimermort de rire!
bon tu l'a chies ton explication ou j'appelle la fourrière !
SupprimerOui oui t'énerve pas , PSV, je te l'envoie par mail.
Supprimer
SupprimerA la vache ça marche
Tu vois PSV fallait pas s'énerver...
SupprimerCe n'était pas son jour de chance : boire mentalement et rater la rencontre de sa vie ...
RépondreSupprimerC'est clair! même pas un petit remontant pour se consoler d'avoir raté le coche...
SupprimerRhôôô, c'est plein de gros mots, Célestine !
RépondreSupprimerAh non, tu ne vas pas faire comme Mme A.G !!
Sinon, un conseil à celui qui a raté sa vie, il faut qu'il reprenne le même train, sa passante repassera sûrement...
Bon dimanche et gros bisous
C'est qui madame AG? une vieille dame indigne?
SupprimerSinon, plein de gros mots, t'exagères! il n'y en a que deux, le premier faisait partie des mots imposés, et pour le deuxième, tu devrais savoir que là où j'habite, c'est même pas un gros mot, c'est une PONCTUATION!
Bisous Miss de la Tour.
En relisant tu as raison, j'en ai trouvé un troisième, mais est-ce vraiment un gros mot? je citerai une fois de plus l'ami Georges dans sa très belle chanson "Le Blason"
SupprimerLa male peste soit de cette homonymie,
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie,
Porte le même nom qu'une foule de gens.
Bisous
Tu as trouvé pour Mme AG ? !
SupprimerUne ponctuation, très drôle, je n'avais pas lu ton mot avec l'accent : ça change tout, en effet !
C'est vrai aussi que le Georges avait la langue bien pendue dans ses chansons et on aime bien ses chansons !
Bisous de ma tour pour ton mercredi au soleil ! ♥
Ben non j'ai po trouvé. J'ai le cerveau en laitue ce matin
SupprimerAh ces voyages en train pleins de promesses, pleins de rencontres éphémères. Tu as très bien inséré les mots d'Aspho.
RépondreSupprimerMerci beaucoup les sorcières!
SupprimerVivement mon prochain voyage en train!
"Longtemps je me suis pieuvré comme les poulpes" ... il y a des fruits de mer dans vos madeleines ou bien ?
RépondreSupprimerGrave! Ce sont des madeleines de Molène.
Supprimerentre l'ennui et la passion , il n'y a que toi pour oser un texte efficace et superbement écrit
RépondreSupprimerLes trains sont des lieux de passage et de vagabondage ..
J'adore ce récit
bravo Célestine
J'adore les trains. Mais tu t'en serais doutée.
SupprimerMerci ma Jeanne. ^^
Oh ! peuchère ! c'est pas malheureux... Pécaïre !! dommage ! mais c'est où Malbray ? suis pas du coin...
RépondreSupprimerdis,Célestine, la dame, elle n'est pas fatiguée de continuer à tourner les pages de son livre ?
Merci pour les regrets....! fallait oser, non ?
Texte magistralement écrit.
Félicitations.
Bonne soirée.
Den
Malbray...c'est peut-être un Combray un peu romancé, sorti de mon imagination...
SupprimerMais j'ai trouvé une "ferme de Malbray" sur internet...
Pour la tourneuse de pages, je ne peux rien faire pour elle, c'est un gif animé...
Merci pour tout Den!
Persévérer serait une bonne chose, dans le prochain train sans doute, la reverra-t-il ? dans le train il y a des rencontres improbables et qui peuvent durer , pour moi c'est le cas
RépondreSupprimerOh que c'est romantique d'avoir rencontré ton amoureux dans un train!
SupprimerT'as raison, l'avenir appartient à ceux qui se couchent tôt, c'est Marcel qui te le dit...
RépondreSupprimerTu vas croire que je le fais exprès pour t'embêter.
SupprimerMais franchement, le thème de l'ennui m'a automatiquement fait penser a lui.
C'est pas une belle preuve que je te comprends?
Tu ne m'embêtes jamais. On n'est jamais assez nombreux pour déboulonner la statue du grand homme ;-)
SupprimerIl était pas mal trouvé mon incipit, hein?
SupprimerEh bien ça me fait penser à ces questions que l'on aurait dû poser, ces rendez-vous que l'on aurait dû demander, ces approches que l'on aurait dû tenter. Et qui, parce qu'on n'a pas bougé, ont gardé caché tout un morceau de notre vie que nous aurions pu vivre.
RépondreSupprimerAie! Une piqure de rappel de conditionnel passé...ça fait mal, ce mode des regrets.
SupprimerEt qu'il est difficile d'écouter son cœur et de faire des choix!
Les trains sont les lieux de fantasmes même si les compartiments sont en voie de disparition...
RépondreSupprimerAprès, pour un louzeur, reste le plaisir solitaire (écouter "les passantes", je veux dire ;) )
Ce que l'on croit être un louzeur comme tu dis, est souvent un homme d'honneur et de principes. Et qui songerait à lui jeter la pierre alors?
SupprimerÇa marche aussi pour les femmes, hein, sinon on va m'accuser de sexisme!
SupprimerParité et théorie du genre sont les deux mamelles de la France...
Cela me rappelle mes 25 ans et mon voyage à Istanbul par le train; 3 jours et 2 nuits, la seconde fût torride avec une Yougoslave rousse dont je n'ai jamais compris le nom...
RépondreSupprimerWouaou un vrai film d'aventure.
SupprimerJe suis heureuse de t'avoir rappelé un bon souvenir.
les voyages forment la jeunesse et déforme la valises, hihihi
RépondreSupprimerBien entendu! C'est ce qui est bon dans les voyages.
SupprimerAh les rencontres loupées dans les trains ! Quel joli texte :)
RépondreSupprimerJe préfère les rencontres réussies, mais là, le thème était l'ennui...
SupprimerVite, vite, qu'on écrive une fanfiction pour que l'amoureux transi de cette œuvre se couche tard ce soir!
RépondreSupprimerTrès joli! J'ai ressenti les mêmes émotions que quand j'avais quinze ans et que je lisais un DELLY!
Pour la fan fiction, a vos plumes! Qui trouvera comment faire revenir la belle inconnue dans les bras de mon antihéros?
SupprimerEuh pour Delly je ne suis pas sûre que ce soit un compliment ma belle Epamine!
Oh, non, non, non ! Je n'ai pas dit que tu écrivais comme Delly !
SupprimerJ'ai bien dit, ma Célestine, que j'avais 15 ans... Alors imagine un peu ce qu'il me faut comme intensité littéraire aujourd'hui pour m'émouvoir autant avec presque 40 ans de plus... ;)
Tu me rassures. Je sais que je suis parfois un peu guimauve mais là il ne me semblait pas. Enfin pas trop...
SupprimerAh?
RépondreSupprimerOh?
SupprimerLe train n'a pas fini de nous en conter et Dieu sait ce que le train m'a donné comme rêve et pour..ma joie et mon bonheur ..comme l'a dit Antony..J´ai pensé qu´il valait mieux
RépondreSupprimerNous quitter sans un adieu.
Je n´aurais pas eu le cœur de te revoir...
Mais j´entends siffler le train,
Que c´est triste un train qui siffle dans le soir...
Je pouvais t´imaginer, toute seule, abandonnée
Sur le quai, dans la cohue des "au revoir".
Et j´entends siffler le train,
Que c´est triste un train qui siffle dans le soir...
J´ai failli courir vers toi, j´ai failli crier vers toi.
C´est à peine si j´ai pu me retenir!
Que c´est loin où tu t´en vas,
Auras-tu jamais le temps de revenir?
J´ai pensé qu´il valait mieux
Nous quitter sans un adieu,
Mais je sens que maintenant tout est fini!
Et j´entends siffler ce train,
J´entendrai siffler ce train toute ma vie...
Quelle tristesse dans cette chanson! Le sifflement lancinant de ce train...et cet amour qui s'enfuit.
SupprimerTrès belle chanson, Bizak, mais pour la fanfiction d'Epamine, ça n'est pas assez joyeux!
Peu importe, je te remercie pour ton commentaire portique et musical.
comme Bizak, j'ai pensé à Brassens à la fin de ton texte. La vie est remplie de tels moments et hésitations.
RépondreSupprimerJoli texte, et belle bannière
Ma bannière est extraite de mes petits croquis. Es-tu allée y jeter ton œil d'artiste pour me dire ce que tu en penses? Pour les hésitations, c'est certain: la vie en est remplie...
SupprimerOn devrait toujours s'en tenir à ça : ne rien dire.
RépondreSupprimerLe délicieux et très célestochien incipit vaut son pesant de wagons à bestiaux pour le préférer aux convois dont l'indélébile remembrance ferait désordre.
on vous refile du coup du Baudelaire, sur l'ennui :
« ...
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;
C'est l'Ennui ! — l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
... »
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Au lecteur,1861
-C'est beau ? Normal, c'est du Baudelaire
Pi ça aussi, encore d'icelui
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins
Oui, c'est beau, très beau.
SupprimerSurtout "Il rêve d'échafauds en fumant son houka". Un vers qui m'a toujours fascinée.
Merci pour cette page de poésie.
Il y a tellement de textes pour cette récolte, que je ne sais plus si j'ai déjà mis un commentaire... J'avais lu ton texte et pensais revenir... voilà qui est fait ! Bon lundi !
RépondreSupprimerTu e connais pas "ctrl+ F" ?
SupprimerÇa te permet de trouver un mot facilement dans une page...
C'est comme cela que j'ai vérifié que tu n'étais pas déjà passée...mais pour ta défense, c'est vrai qu'il y a de quoi se perdre dans les participations!
Merci d'être passée, Marlaguette!
Quelle regrettable idée que de lui demander de l'épouser ! Et il s'étonne, l'odieux, qu'après une courte hésitation, elle se soit éloignée ! Elle a saisi, par intuition et par déduction, qu'il était de ces hommes qui, faute de savoir être des amants, se proposent d'être des maris. Alors qu'il lui suffisait, par une conversation brillante, amusée, élégante, de lui suggérer une brève rencontre, une étreinte furtive, intense, une éblouissante illusion, un signal qui s'éteint lentement, comme seuls les humains mélancoliques et de bonne volonté savent en produire.
RépondreSupprimerElle est là, dans un train, elle lit, elle s'ennuie, elle voudrait l'oubli, l'abandon factice, peut-être le divertissement crapuleux. Toute son habileté, s'il en avait, consisterait alors à lui représenter élégamment une ou deux figures de géométrie dans les spasmes, de lui vanter les mérites, même factices, du délicieux échange des égoïsmes charnels, de la célébration des pulpes…
Bref, je gage qu'elle sortira de la gare sans lui accorder un regard !
Note : avec un peu de retard, je vous souhaite un bel et bon bloganniversaire !
Ah Patrick, c'est une joie que vous me fassiez l'honneur de passer sur mes terres, cher ami! Votre commentaire mériterait d'être mis en exergue comme vous le faites des miens si souvent, chez vous!
SupprimerVous m'avez fait rire, et comme vous avez raison. Les escarpements de la passion ne sont pas donnés à n'importe qui, et souvent l'on préfère rester dans les mornes plaines des sentiers battus...
Oh...la géométrie dans les spasmes, quelle délicieuse matière à réfléchir!
Vraiment revenez quand vous voulez. Et merci pour mon anniversaire.
Juste pour le plaisir, et par pure curiosité, quel mot auriez-vous choisi pour moi?
A vous
Mais c'est tellement plus beau comme cela... elle restera à jamais belle, fraîche, inaccessible et, pleine de possibles (ou d'impossibles). Je rigole! Qui n'e s'est jamais inventé, le temps d'un trajet, de belles aventures?
RépondreSupprimerBelle, fraîche, inaccessible et pleine de possibles...
SupprimerJe peux changer ma bannière, Brizou?
Nan je rigole!
Magnifique texte éphémère ! Qui suscite une imagination de combien de pages de destins différents,si seulement le personnage avait été moins...c..? L 'abrupt de l'epilogue nous fait bien réfléchir....
RépondreSupprimerApparemment, un texte qui a fait réagir beaucoup de monde, si j'en crois le compteur des commentaires. L'amour raté, les rendez-vous manqués, les occasions qu'on laisse s'envoler, les remords, les regrets...voilà des thèmes qui parlent au genre humain!
SupprimerMerci de ton passage Ethunelle.
Ces fantômes du passé réveillés pour l'occasion m'ont redonné le sourire, après ces textes un peu tristounets !!
RépondreSupprimerMerci beaucoup gwendoline! Difficile d'être vraiment gaie sur le thème de l'ennui, mais mon anti-héros a quelque chose de drôle, quand même.
Supprimerun coup de foudre ! le coup de foudre, je dirai même !
RépondreSupprimerbises
C'est trop d'honneur chère amie!
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