lundi 17 janvier 2011

Attendre

 Petit éloge des préliminaires...

  Alain X nous a écrit un beau billet sur  l'attente. Certes, il faut jouir de l'instant présent , le Carpe Diem, le "Hic et Nunc" sont à la mode. Pourtant c'est vrai que beaucoup d'entre nous passent leur vie à attendre, à languir, à avoir hâte...et ne se rendent pas compte que ce qui fait la Vie, ce n'est pas ce qui est au bout du chemin, mais le chemin lui-même.
Certes, certains instants présents sont durs à avaler, certaines épreuves pénibles, et personne ne songerait à se délecter de séance chez le dentiste, ou de vivre un deuil.
Quand les temps sont durs, il est doux d'espérer en des lendemains qui chantent.
Bien sûr, on aimerait que les enfants ne grandissent pas trop vite, qu'ils ne prononcent pas toujours ces phrases-aiguilles qui nous piquent le cœur: " Vivement les vacances!" , "Quand je serai grand"  , "Quand j'aurai dix-huit ans" , " je languis mon nouvel Ipod"  , "c'est quand Noël? ", "J'ai hâte d'être sur mes skis!" ...Sales gosses! Toujours pressés, jamais contents...Et le pire, c'est  que si on les appelle,  ils  répondent invariablement "Attends!"

On se dit, à juste titre, que les moments où l'on n'attend rien sont des moments de pur bonheur, d'équilibre parfait, où l'on ne regarde ni en arrière , ni en avant...
Mais pourquoi semblent-ils si rares, ces instants merveilleux? Peut-être parce que notre nature profonde fait de nous des êtres toujours en mouvement, toujours en questionnement, peut-être parce qu'attendre fait partie de notre souffle originel. Attendre , c'est être vivant, c'est se dire qu'il y aura un après, à Saint Germain des Prés, un demain,  un ailleurs, c'est se situer dans la ronde folle du temps en ayant l'impression d'en tenir un petit peu  les rênes. De maîtriser notre destin.
Attendre, c'est s'habiller le cœur, comme le renard l'apprend au Petit Prince. C'est l'attente qui fait monter le désir, c'est l'attente du repas longuement mijoté qui en fait la saveur,  c'est l'attente qui prépare à être mère durant neuf longs mois. Certains gestes essentiels de la vie ont besoin de temps.
Attendre du plaisir, c'est déjà du plaisir. 
Mais gardons nous de passer à côté de l'essentiel , et de prendre la proie pour l'ombre en courant après des chimères.
Merci cher AlainX de nous le rappeler.

Photo internet

26 commentaires:

  1. J'ai dit que cette année le mot d'ordre serait ralentir. J'ai aussi clamé haut et fort que ma devise dorénavant serait "hic et nunc". J'essaye, je m'efforce mais c'est dur. Je suis en mouvement perpétuel...

    RépondreSupprimer
  2. attendre a son charme et son importance, quand on se prépare le coeur pour accueillir ceux qu'on aime (par ex)
    Ce qui est dommage c'est de passer à côté de sa vie, parce qu'on en attend une autre...ou autre chose

    RépondreSupprimer
  3. J'aime attendre. L'attente, c'est l'inaction permise. J'aime ne rien faire, regarder, sentir le temps qui passe.

    RépondreSupprimer
  4. Oui, c'est en cessant la fuite en avant, en s'arrêtant sur le bord de l'autoroute, en s'offrant des pauses, en paressant, en prenant le temps de rêvasser, d'élucubrer, de chimèrer que l'on s'offre le luxe de... vivre, tout simplement ! :~)

    RépondreSupprimer
  5. Mais par la suite, nous sommes heureux de les voir prendre soin de nous. Sauf, astreinte au travail, tous les samedis le fiston passe le matin, fait les courses avec sa mère et s'il y a des bricoles à faire, les fait. Les autres viennent aussi mais sont plus loin et moins disponibles.
    Je crois que nous avons les enfants que nous méritons. Bises.

    RépondreSupprimer
  6. Le présent n'existe pas, à peine le vit-on qu'il est déjà passé, et le futur est devant, alors ?
    Concernant les enfants et maintenant les petits, je me dis : mais qu'ont ils à être si pressés ?

    RépondreSupprimer
  7. Bien sûr qu'il y a du plaisir et du désir dans l'attente des bonnes choses qui s'annoncent.
    Mais c'est bien la présence à l'instant même qui fait la valeur et la réalité de ce plaisir-là.
    Ce type d'attente demeure toujours une présence à soi au moment même.
    Autrement dit, savoir goûter l'attente, c'est savoir vivre au présent…

    RépondreSupprimer
  8. C'est beau d'attendre, encore faut-il avoir de quoi espérer... Tu viens donc en Belgique ai-je lu?

    RépondreSupprimer
  9. Ah le temps, on pourrait en parler des heures... Bon, nous en Belgique, on attend depuis des mois un gouvernement mais c'est un autre débat...

    Profitons de chaque moment de bonheur que nous offre la vie. Je t'invite à lire "Célébration du quotidien" de notre compatriote Colette Nys-Mazure qui rejoint l'esprit de ton texte. Tu en trouveras un compte-rendu sur mon blog des écrivains belges.

    RépondreSupprimer
  10. ouais... j'aime trop sentir le monde bouger autour alors que une bienheureuse inertie m'envahit...
    plus ça va , plus je me lève tôt le matin quand je travaille ,pour pouvoir me permettre le luxe de la lenteur ..laisser gonfler le pain, deux fois , remalaxer, attendre.. c'est bon! on a le temps!

    RépondreSupprimer
  11. Mais à trop attendre on peut en oublier de regarder l'aujourd'hui... Attendre en prenant le temps, pas trop, pas trop longtemps. Trouver le juste équilibre et savourer le à venir.

    RépondreSupprimer
  12. Vivre le présent, espérer, attendre, rêver la suite sans regrets du passé...peut-être est-ce cette mixture qui permet de se sentir sur le bon chemin, dans la bonne forêt?

    RépondreSupprimer
  13. Je suis partagée en ce qui concerne l'attente ... elle est inévitable, mais je suis trop partisane de l'action, du bouger pour faire venir ... Parfois on ne peut qu'attendre mais si on a un autre choix ... agir !
    MS

    RépondreSupprimer
  14. quand j'étais jeune et que je disais "je voudrais déjà être à tel ou tel jour" ma grand-mère me disait: "tu es donc bien pressée de vieillir?"
    j'ai retenu la leçon ;-)

    RépondreSupprimer
  15. savourer l'instant présent...apprécier..même quand les zdos disent..."attends"

    RépondreSupprimer
  16. A TOUS
    Je suis très réjouie de vous voir tous vous rejoindre sur la même idée: la vie doit être un juste équilibre entre attendre et foncer, entre l'immobilité et l'action, entre s'enivrer d'avenir et savourer le présent. Les regrets n'y ont aucune place. Et la vie est belle ainsi, faite de cette richesse de moments.

    A DELPHINE oui, c'est un de mes rêves , tu le sais, vous rencontrer tous , et partir à la découverte de votre pays magnifique. Je pense réaliser ce rêve cet été...

    Tendres bises à tous

    ***Célestine*****

    RépondreSupprimer
  17. et si l'attente est chimérique, alors le désespoir est ce qui peut m'arriver de mieux ?! ;-) ... contradiction quand tu nous tiens !!!

    RépondreSupprimer
  18. Comme Coumarine - dont la sagesse n'est plus à démontrer ;) - je pense que l'attente, l'heureuse attente, est délicieuse et positive.

    Mais attendre des étapes, des jours meilleurs, que les choses changent, c'est gaspiller le présent. On peut espérer, bien sûr. Mais dans le présent il y a toujours cette chose incroyable: c'est vraiment là!

    RépondreSupprimer
  19. J’ai passé ma vie à attendre : la fin des souffrances, la fin de l’école, mon père qui ne rentrait pas tous les soirs… puis les amoureux… et plus tard les clients… puis les réponses administratives pour savoir à qu’elle sauce je serais mangée…
    Mais pendant ces multiples et parfois interminables attentes, je rêvais, je cogitais, je créais, je confectionnais, je dessinais, je cousais, brodais ou tricotais… mais aussi je lisais, je chantais, je contemplais la nature, je dorlotais petits et grands, je parlais à d’autres ou… seule… j’écoutais aussi … Ainsi, avec toutes ces activités, l’attente est vivable !
    Gros bisous Célestine et à bientôt ! je t’attendrais !
    Florence

    RépondreSupprimer
  20. Si tu dois monter vers la Belgique, fais étape dans le Vexin.

    RépondreSupprimer
  21. Et oui nous courons tous après nos chimères sans trouver le temps de profiter des petites douceurs de la vie....
    Bisous
    Math

    RépondreSupprimer
  22. ha lala; l'attente. c'est vraiment tout un programme.
    mais encore faut il, pour cela être "droit dans es bottes", je veux dire, sans souffrances à gérer. et ça n'est pas rien que de le dire. car dans ce cas, comme celui de la dépression, alors, c'est l'enfer, puissance dix.

    Mais heureusement, ça n'est plus le cas pour moi.

    Aussi, je goûte, mieux que personne, effectivement, à présent, combien il est bon, précisément, de ne être tout de suite satisfaite, pour mieux encore savourer tous ces plaisirs là.
    en Amour comme en tout, laisser an temps le loisir de nous faire tous fantasmer sur le plaisir à venir, encore plus florissant.

    RépondreSupprimer
  23. J'aime ta manière d'écrire et de verbaliser. Tes mots font sens à celle que je suis. Ils décrivent ce que je pense, parfaitement. Ta plume et tes pensées sont riches.
    j'en profite pour te souhaiter une très belle année 2011.
    Amicalement.
    Mauve

    RépondreSupprimer
  24. @TOUS Merci pour vos mots très doux à mes oreilles.J'ai traversé une zone de turbulence ; Mais me revoilà, telle qu'en moi-même.
    Gros baisers de Célestine*************

    RépondreSupprimer
  25. Mon âme ces jours-ci est comme les cartes de Florence, un peu sombre et consciente que dehors il y a aussi des petites lumières que je trouverai sur le bord du chemin....il suffit de s'appliquer

    RépondreSupprimer
  26. Ma vie a changé récemment et il m'a semblé approprié d'intituler mon message d'adieu à mes futurs ex-collègues : le Bonheur est dans l'Après ..

    L'attente du bonheur vers lequel on bouge sans arrêt ...

    RépondreSupprimer

Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.