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06 mai 2026

Cultiver le temps

 


Dans un coin de ma colline, il y a cette vieille bassine en fer blanc, où les oiseaux ont pris l'habitude de venir boire. Mine de rien, observer chaque matin ce pigeon à l'œil rond m'apprend beaucoup sur la vie. Il suit un rituel immuable, se perchant toujours sur la même branche, s'inclinant vers l'eau claire pour y tremper le bec. Puis, demi-tour en se dandinant et envol gracieux, en suivant une trajectoire prévisible. Toujours la même.
Il m'apprend à me réjouir des petits rituels ponctuant l'existence, surtout quand ce sont de douces habitudes. Il fait lui-même partie de mes rituels. Il m'apprend aussi à me réjouir de pouvoir, à l'envi, déroger aux rites et inviter l'inattendu. Choisir de tracer des lignes régulières, ou de laisser courir les gribouillis de l'imagination .
Ainsi, il m'apprend à structurer mon temps, comme on cultive un beau jardin. En préservant des zones où les folles herbes poussent sans frein, et des endroits où l'harmonie exige de la méthode, et du travail. Quelques allées tirées au cordeau, des massifs exubérants, des arbres touffus et d'autres taillés en nuage. 
Ainsi en est-il d'un agenda d'amoureuse de la vie.
Ces dernières semaines ont été riches en événements. J'ai quitté plusieurs fois ma colline, pour aller m'étonner ailleurs. L'étonnement est mon moteur. J'ai à jamais six ans dans les yeux : aussi émerveillée que mes petites étoiles Sibylle, Alba et Thaïs devant les lumières magiques de Terra Nocta. 
J'ai fêté mon anniversaire avec mon amie Anne-So Coquelicot, pour une belle pause nature au coeur du Diois. Et une autre fois avec Hélène, ma jumelle de coeur.
Une balade intense dans le Vercors et ses abîmes, ses routes en lacets, jusqu'à la grotte-cathédrale de Choranche, célèbre pour ses stalactites (tombent) fines comme des aiguilles de cristal, et pour ses « protées », incroyables bestioles répugnantes d'aspect, mais fabuleusement intéressantes scientifiquement.
Un séjour chez ma fille, au soleil d'or d'Antibes, à flaner dans les ruelles jusqu'au marché provençal, et à manger en terrasse. Un autre à Lyon, chez mon fils, le musicien, pour découvrir son nouvel appartement « tellement mieux que le précédent ! » et déguster un plat réunionnais préparé avec amour par Marion. 
Un troisième enfin chez mon autre fils, l'architecte, dans la douceur angevine, pour fêter l'anniversaire de la petite dernière. 
Le coeur empli et la tête bourdonnante, j'ai retrouvé avec bonheur mon ami le pigeon. 
Et la douce tranquillité d'une semaine ouverte à l'imprévu. A juste profiter du ballet entre orages et soleil.

Au bord du Lac Bleu


Sur le sentier de l'Echelle

Dans les vignes de Châtillon



Avec ma prunelle à Antibes

Dans le vieux Lyon chez Arthur

Au pied des falaises du Vercors

Les fameuses stalactites aiguilles de Choranches

Les protées, animaux étranges

Sibylle, Alba et Thaïs sur les épaules des tontons

Terra Nocta et sa magie

Et mon karesansui, dernière nouveauté de notre jardin japonais.



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7 commentaires:

  1. Quel périple varié et enchanteur !
    Tu as retrouvé ton petit monde relationnel, familial et amical.
    C'est sûr que ça fait du bien.
    Qui plus est au pays de mes premières amours… avant qu'elles ne m'emportent ailleurs…
    ça fait… ça fait… très longtemps… le Diois, Châtillon, la Clairette, le Vercors impressionnant… et puis les délices des baisers et plus si affinités…
    Jeunesse ravivée sans nostalgie… car le meilleur était encore à venir ailleurs et autrement mais je ne le savais pas…
    (pour ma part ce sont les pies qui sont l'objet de mes observations quotidiennes…)

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    1. J'avoue que mes enfants sont quand même très disséminés au quatre coins de la France... J'espère que je pourrai toujours aller les voir quand ils me manquent. remarque, certains de mes amis ont leurs enfants aux quatre coins du monde... Quelle époque épique !
      Je me souviens que tu en as parlé plusieurs fois, de tes amours drômoises... C'est en effet une région très romantique. Giono ne s'y était pas trompé.
      Je t'embrasse, mon cher observateur de pies. J'espère qu'elles ne tracassent pas trop les merles chez toi.
      Ce sont quand même des enquiquineuses, ces pies.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  2. Tu respires le bonheur Célestine ! :-) Et tes photos sont très réussies. Je me suis retrouvée dans ton passe-temps favori en observant, pendant mon petit déjeuner, un pigeon ramier perché dans un immense bouleau devant la terrasse. Tu sais, celui que l'on nomme aussi palombe avec sa strie blanche au niveau du cou. Celui dont le roucoulement est si apaisant ; probablement une histoire de fréquence et de hertz :-) Enfin bref cette palombe essayait et réussissait à couper à l'aide de son bec des branches terminales et tendres de bouleau pour construire son nid. Et elle s'arcboutait en tirant de toutes ses forces. Et la branches souple sur laquelle elle était posée s'affaissait ! Cette palombe allait-elle tomber en perdant l'équilibre ? Mais non ! Ah, je vois qu'Alain observe les pies lui :-)

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    1. Intéressant la théorie sur le son apaisant des pigeons. Et ta petite anecdote sur la palombe bâtisseuse est craquante. La nature nous offre tellement de joies...
      Pour le bonheur, j'avoue, je le respire à grands traits. Pourvu que ça dure ...
      Je t'embrasse ma Biiiiche !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  3. J'ai même pas besoin d'y aller : tu racontes si bien !

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    1. J'adore te faire voyager, mon Boss.
      Tu es si bon public...
      Un gros bec
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.