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30 mars 2015

Burn-out


Résultat de recherche d'images pour "belle italienne"

Comme vous le savez, depuis le temps que vous me suivez, je pilote un gros rafiot un peu rouillé, et de temps à autre, ce n'est pas de la tarte molle que de manoeuvrer en eaux troubles. 
Le pire écueil, c'est de ne pas sentir venir l'ennemi numéro un : le cramage des circuits. Autrement dit l'épuisement professionnel.
Au fil des années, vous pensez bien que j'ai appris à m'en méfier comme du scorbut, de cette gangrène. Ça arrive par petites touches. L'air de rien. D'abord, on oublie deux trois trucs pas importants. On se dit qu'on aurait dû noter. Puis un matin, on s'aperçoit qu'on a oublié un truc important. Ensuite, les choses s'enchainent à la vitesse grand V. Tout d'un coup, le panier des paperasses en souffrance se met à grossir. Votre cerveau commence à crépiter en jolies petites étincelles...Il vous semble que les hommes d'équipage ont tous dix choses essentielles et urgentes à vous demander en même temps. Les impondérables se multiplient. Les moussaillons se vautrent dans les entreponts, les machines tombent en panne, les avaries et les fissures ne parviennent plus à se colmater. 
Dès qu'on a réglé un truc, trois autres le remplacent, c'est pire que l'hydre de Lerne...
Et l'autre, là-haut, l'amirouille de mes deux cales, qui m' enfonce la tête sous l'eau au lieu de me soutenir...Rien à attendre décidément de ce côté-là. Elle a décidé de me faire boire le calcif jusqu' hallali...Je vais pas lui faire le plaisir de craquer si près du but. Elle n'attend que ça. Je sais, c'est pas bien de jouer les héroïnes. Mais comprenez-moi, mon sang italien en fait une affaire d'honneur. Je suis le Vito Corleone de l'édukknatt. Je cause plus, je flingue.

Après un week-end en escale au pays de la glandure bénéfique, du rien-foutage absolu, un grand bol d'air salutaire, une cure de sommeil, et de longues heures à bichonner mon corps,  l'ombre du mauvais rapace est parti. Au cas où il reviendrait rôder en cercles concentriques au-dessus de moi, je fourbis mes armes habituelles : l'humour, la prise de recul, la relativisation. La niaque, le serrage de dents et de poings. Je vais pas me laisser intimider par des dates butors... Lâche moi le burnous, j'ai envie de lui dire, au burn-out. Ou je vais te niquer ta race.

A Pierre, que j'assure de mon indéfectible amitié solidaire.



Domenico Scarlatti (1685-1757) / Sonata in F Minor, Kk. 466, L. 118: Andante moderato by Vladimir Horowitz on Grooveshark

27 mars 2015

Cosmos




Cher Michel Onfray,

            Certains vont vous dire charismatique, médiatique, sympathique.
D'autres vont vous décrier, vous honnir, vous conspuer. C'est la règle du succès.
Et même, d'ailleurs, quand on est un(e)  illustre inconnu(e), telle une petite scribouilleuse de blog, par exemple. Une règle simple : on ne peut pas plaire à tout le monde. 
      Certains vont ricaner, dire que vous surfez sur je ne sais quelle vague...
Ou que vous cherchez à "faire du fric". 



Laissez-les dire. Le monde n'a pas trop de philosophes. De gens qui réfléchissent puissamment. D'hommes qui pensent et donnent envie de penser à son tour. 
Votre dernier livre porte un nom qui me plaît bien. 
Cosmos.  
Il parle de ce que j'aime. Enfin, pour ce que j'en ai lu, parce que je ne l'ai pas encore ouvert, et pour cause, il arrive tout juste en librairie.
Croyez bien que j'ai la ferme intention de le faire.
Il parle de la vie vraie, des étoiles, des arbres. De l'air que l'on respire et des attaches terriennes. Du vin, des jardins et de l'amour aussi. Du rapport de l'homme au monde, à la nature, des errances de notre civilisation déclinante, de l'urgence de retourner aux valeurs cosmiques ancestrales. De nos vanités citadines et de notre nécessaire humilité de chétifs insectes. Il parle du deuil, et de "vider le ciel du fatras qui l'encombre". De bouter hors de nous les obscurantismes, en quelque sorte. Tous les obscurantismes. Oui, cette idée me plaît bien.
Il parle des animaux, des brins d'herbe, des ruisseaux qui verdoient et qui murmurent. De ces petites choses qui nous apportent la paix pour peu qu'on les admire et les respecte. 
Il parle de l'accord majeur. Celui de notre corps avec notre âme, grâce à l'energie vitale qui vient des astres et nous transfuse. Et nous connecte.
Cliquer pour accéder à une critique du livre
Il parle de la réconciliation de l'esprit avec la rationalité, et de la contemplation. 
Depuis longtemps je vais en rêve transcender mes peurs sur une dune en regardant la mer, sans bouger, pendant des heures.
Et je suis sûre d'en éprouver une profonde et durable joie intérieure.
Cher Michel, votre livre parle de vous, il parle de nous tous. Il parle de moi.


 J'ai très envie de m'y rencontrer.

Célestine
¸¸.•*¨*• ☆






Hope by Yiruma on Grooveshark

23 mars 2015

Les eaux de mars

Photo du net
L'autre soir, j'ai écouté chanter Olga accompagnée de Fred le guitariste.
C'était beau. La musique les transfigurait. J'ai ri, j'ai pleuré...Bref la vie quoi.
Je me suis dit que c'était vraiment une chose que j'avais envie de faire. Chanter pour un public. Mais surtout pour le plaisir. C'est décidé, à la rentrée je m'inscris à un cours de chant.
C'est le printemps du cinéma. J'ai vu «  Big Eyes  », le dernier Tim Burton, magnifique. Demain, c'est «  Un Homme Idéal »  au programme.
On a des ciels somptueux ces jours-ci. Des chariots de nuages à la Sisley, des gris, des mauves.
La pluie glougloute depuis trois jours. « O bruit doux de la pluie par terre et sur les toits...»
Les fleurs explosent dans les amandiers. Des nuées de fleurs.
On a vu passer une centaine de cigognes qui ne se sont pas arrêtées. Elles avaient l'air pressées...
J'ai passé un moment délicieux. Dans un endroit magique, une ancienne fabrique transformée en salon de thé. C'était bon et doux.
Je suis allée voter, et, pour la première fois de ma vie, ce fut sans trop y croire...
Les eaux de mars coulent en moi, je sens la force vitale du renouveau, l'énergie m'inonde.
Je vais en avoir besoin, j'ai une semaine chargée.

 J'ai ouvert un livre, et une lettre avec une petite fleur séchée s'en sont échappées. Souvenir...Grosse bouffée de nostalgie. Le passé nous revient toujours par surprise...




The Girl From Ipanema by Stan Getz on Grooveshark