Pages

▼

05 novembre 2026

Marelle








Une fois de plus j'ai côtoyé l'enfance. Des graines de raison éclose aux éclats de sourires mutins, j'ai été l'humus, la racine, celle qui garde en son sein le précieux du mystère : être née, avoir donné la vie, et contempler le cycle renouvelé. Celle qui sait. Qui sait à quel point tout s'envole trop vite. Celle à qui l'on demande, que l'on écoute, parce que ses histoires ont un goût de vie. Un goût de vrai. Etre grand-mère, c'est une source, un rempart, un chemin de gardienne. Un grelot dans la nuit, une lampe allumée.
Mon séjour chez mes étoiles a tenu ses promesses. Une formidable cure d'énergie. Un creuset d'espoir dans ce monde tremblant. Un tourbillon de rondes, de comptines, et ces regards profonds, innocents, de jasmin et de rose, dans lesquels on se noie, retrouvant les gestes de sa propre enfance : un galet, à cloche pied, de la terre jusqu'au ciel. On y danse, on y sautille. On y perd parfois l'équilibre. On y pleure, on y rit. La vie est une marelle.
Et ce matin, en ouvrant un paquet de café moulu, un pur arabica corseté de velours, dans un rayon d'aurore trouant le chiffon du ciel, c'est le parfum entêtant de toute cette vie si belle qui m'a envahie au profond. C'était un geste anodin, pourtant. Comment expliquer ce ressaut inattendu ?  Mes poumons ont claqué comme voile au vent de cette évidence fragile : je suis faite pour aimer chaque parcelle d'existence, chaque grain de vivre.
La vie est une marelle.






19 commentaires:

  1. Inutile de te dire sister à quel point tes mots résonnent chez moi, non seulement du côté de la marelle, après 2 semaines entières avec mes sept nains, mais aussi du côté du parfum de l'arabica et de tous ces petits bonheurs de chaque jour. Qu'elles sont belles aussi tes têtes blondes.

    RépondreSupprimer
  2. Tes mots sont des merveilles comme tes petites princesses. Que puis-je rajouter de plus.
    Merci, Merci Célestine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'anonyme c'est Den. C'est à n'y rien comprendre !!

      Supprimer
  3. Elles baignent dans un rayon de lumière tes petites filles ! ;-)
    Bisous ma Célestine

    RépondreSupprimer
  4. Je ne saurais dire, mais au moins je me suis régalé. Merci

    RépondreSupprimer
  5. Ce qu’elles grandissent tes étoiles! Et la petite dernière elle n’est pas encore née ? :)
    Bises
    Angela

    RépondreSupprimer
  6. Félicitations et bienvenue à Bébé 💗🐣🍼

    RépondreSupprimer
  7. Chère Madame,
    Si vos mots sont des trésors d’émotions, le plus beau et le plus absolu réside dans la richesse d’avoir des enfants et des petits-enfants.
    Je vous embrasse.
    Doria

    RépondreSupprimer
  8. Quelle jolie note ! Quel chance de côtoyer l’enfance de temps en temps. Sinon il ne me semble rien de plus important que d’apprécier les instants de nos vies. Et je suis bien d’accord en ces moments là, c'est comme une grande respiration.

    RépondreSupprimer
  9. Célestine, tu suscites l'enthousiasme pour la vie, alors merci.

    RépondreSupprimer
  10. "...ces regards profonds, innocents, de jasmin et de rose, dans lesquels on se noie." Voila ce qui me touche le plus dans ton texte. S'il arrive que je tombe sur une photo de moi enfant, "qui je suis" me saute aux yeux. En ce temps là je n'avais pas encore de personnage. Je l'ai construit au fil des événements de ma vie. Il faut bien avoir un personnage pour fonctionner dans le monde. L'erreur est de s'y identifier. Kea

    RépondreSupprimer
  11. Le jeu de la marelle marqué à la craie blanche dans toutes les écoles de France, Est ce que ça existe encore?

    RépondreSupprimer
  12. Tes étoiles aiment la marelle, devine mes fées...
    Ton billet m'a fait fondre, une larme au coin des yeux.
    Mes fées sont venues se faire un Halloween d'enfer à la maison. De délicieuses petites sorcières.
    C'est tellement vrai ton idée de comparer nos vies à une marelle...
    Bises complices.

    RépondreSupprimer
  13. J'étais un garçon, je ne jouais pas à la marelle. Pourtant, dans cette région verrière, il y avait à la maison un disque bombé en verre gris-bleu épais où étaient dessinés des sortes de pétales, destiné à être poussé sur le sol dans ce jeu étonnant où les filles se livraient avec grâce à une sorte de ballet aux pas compliqués. Et je rêvais d'être une fille...

    RépondreSupprimer
  14. Les enfants ont cette candeur qui nous fait parfois défaut. Mais se rappeler que la vie est une marelle, que parfois, on saute sur un pied et d'autres fois sur deux est une belle leçon de sagesse. Contente de savoir que le parfum d'un café te fait un tel effet! Parfois pour moi, c'est le goût d'un bon Gruyère. C'est moins poétique je l'avoue. :-)) Bises alpines.

    RépondreSupprimer
  15. C'est toujours un vrai plaisir de découvrir un nouvel article de toi. Chacun de tes mots recèle ta part de poésie, de féminité, d'enthousiasme pour la vie !

    RépondreSupprimer
  16. "Etre grand-mère, c'est une source, un rempart, un chemin de gardienne."
    Être grand-père, c'est une source (d'emm...)
    Ma première petite-fille est une bombasse de 19 ans.
    Tu connais le caractère des filles de 19 ans ?
    Elle me pousse régulièrement à me demander pourquoi, à 19 ans, j'espérais toujours être aimé par une fille de 19 ans...
    (c'était aussi le cas à 15 ans, à 16 ans, à 17ans, à 18 ans, etc.)

    RépondreSupprimer
  17. Magnifique rôle que celui de grand mère. Ma femme ne s'en lasse pas et elle à de quoi faire avec 6 petits enfants. Quand ils viennent à la maison, la vie se remplit de joie et on rajeunit !!

    RépondreSupprimer
  18. Quel beau texte, quelle ode à la vie, au privilège de l'âge. Petit à petit, je retrouve aussi cette poussée de vie, d'enthousiasme et d' émerveillement malgré les tourments du monde.

    RépondreSupprimer


Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.