Une fois de plus j'ai côtoyé l'enfance. Des graines de raison éclose aux éclats de sourires mutins, j'ai été l'humus, la racine, celle qui garde en son sein le précieux du mystère : être née, avoir donné la vie, et contempler le cycle renouvelé. Celle qui sait. Qui sait à quel point tout s'envole trop vite. Celle à qui l'on demande, que l'on écoute, parce que ses histoires ont un goût de vie. Un goût de vrai. Etre grand-mère, c'est une source, un rempart, un chemin de gardienne. Un grelot dans la nuit, une lampe allumée.
Mon séjour chez mes étoiles a tenu ses promesses. Une formidable cure d'énergie. Un creuset d'espoir dans ce monde tremblant. Un tourbillon de rondes, de comptines, et ces regards profonds, innocents, de jasmin et de rose, dans lesquels on se noie, retrouvant les gestes de sa propre enfance : un galet, à cloche pied, de la terre jusqu'au ciel. On y danse, on y sautille. On y perd parfois l'équilibre. On y pleure, on y rit. La vie est une marelle.
Et ce matin, en ouvrant un paquet de café moulu, un pur arabica corseté de velours, dans un rayon d'aurore trouant le chiffon du ciel, c'est le parfum entêtant de toute cette vie si belle qui m'a envahie au profond. C'était un geste anodin, pourtant. Comment expliquer ce ressaut inattendu ? Mes poumons ont claqué comme voile au vent de cette évidence fragile : je suis faite pour aimer chaque parcelle d'existence, chaque grain de vivre.
La vie est une marelle.

Inutile de te dire sister à quel point tes mots résonnent chez moi, non seulement du côté de la marelle, après 2 semaines entières avec mes sept nains, mais aussi du côté du parfum de l'arabica et de tous ces petits bonheurs de chaque jour. Qu'elles sont belles aussi tes têtes blondes.
RépondreSupprimerTes mots sont des merveilles comme tes petites princesses. Que puis-je rajouter de plus.
RépondreSupprimerMerci, Merci Célestine
L'anonyme c'est Den. C'est à n'y rien comprendre !!
SupprimerElles baignent dans un rayon de lumière tes petites filles ! ;-)
RépondreSupprimerBisous ma Célestine
Je ne saurais dire, mais au moins je me suis régalé. Merci
RépondreSupprimerCe qu’elles grandissent tes étoiles! Et la petite dernière elle n’est pas encore née ? :)
RépondreSupprimerBises
Angela
Félicitations et bienvenue à Bébé 💗🐣🍼
RépondreSupprimerChère Madame,
RépondreSupprimerSi vos mots sont des trésors d’émotions, le plus beau et le plus absolu réside dans la richesse d’avoir des enfants et des petits-enfants.
Je vous embrasse.
Doria
Quelle jolie note ! Quel chance de côtoyer l’enfance de temps en temps. Sinon il ne me semble rien de plus important que d’apprécier les instants de nos vies. Et je suis bien d’accord en ces moments là, c'est comme une grande respiration.
RépondreSupprimerCélestine, tu suscites l'enthousiasme pour la vie, alors merci.
RépondreSupprimer"...ces regards profonds, innocents, de jasmin et de rose, dans lesquels on se noie." Voila ce qui me touche le plus dans ton texte. S'il arrive que je tombe sur une photo de moi enfant, "qui je suis" me saute aux yeux. En ce temps là je n'avais pas encore de personnage. Je l'ai construit au fil des événements de ma vie. Il faut bien avoir un personnage pour fonctionner dans le monde. L'erreur est de s'y identifier. Kea
RépondreSupprimerLe jeu de la marelle marqué à la craie blanche dans toutes les écoles de France, Est ce que ça existe encore?
RépondreSupprimerTes étoiles aiment la marelle, devine mes fées...
RépondreSupprimerTon billet m'a fait fondre, une larme au coin des yeux.
Mes fées sont venues se faire un Halloween d'enfer à la maison. De délicieuses petites sorcières.
C'est tellement vrai ton idée de comparer nos vies à une marelle...
Bises complices.
J'étais un garçon, je ne jouais pas à la marelle. Pourtant, dans cette région verrière, il y avait à la maison un disque bombé en verre gris-bleu épais où étaient dessinés des sortes de pétales, destiné à être poussé sur le sol dans ce jeu étonnant où les filles se livraient avec grâce à une sorte de ballet aux pas compliqués. Et je rêvais d'être une fille...
RépondreSupprimerLes enfants ont cette candeur qui nous fait parfois défaut. Mais se rappeler que la vie est une marelle, que parfois, on saute sur un pied et d'autres fois sur deux est une belle leçon de sagesse. Contente de savoir que le parfum d'un café te fait un tel effet! Parfois pour moi, c'est le goût d'un bon Gruyère. C'est moins poétique je l'avoue. :-)) Bises alpines.
RépondreSupprimerC'est toujours un vrai plaisir de découvrir un nouvel article de toi. Chacun de tes mots recèle ta part de poésie, de féminité, d'enthousiasme pour la vie !
RépondreSupprimer"Etre grand-mère, c'est une source, un rempart, un chemin de gardienne."
RépondreSupprimerÊtre grand-père, c'est une source (d'emm...)
Ma première petite-fille est une bombasse de 19 ans.
Tu connais le caractère des filles de 19 ans ?
Elle me pousse régulièrement à me demander pourquoi, à 19 ans, j'espérais toujours être aimé par une fille de 19 ans...
(c'était aussi le cas à 15 ans, à 16 ans, à 17ans, à 18 ans, etc.)
Magnifique rôle que celui de grand mère. Ma femme ne s'en lasse pas et elle à de quoi faire avec 6 petits enfants. Quand ils viennent à la maison, la vie se remplit de joie et on rajeunit !!
RépondreSupprimerQuel beau texte, quelle ode à la vie, au privilège de l'âge. Petit à petit, je retrouve aussi cette poussée de vie, d'enthousiasme et d' émerveillement malgré les tourments du monde.
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