Pages

30 décembre 2016

2017













Faut-il que l'on se complique la vie, nous autres les Zhumains, pendant que la Terre, inconsciente de nos folies, fait palpiter son coeur de braises, grossit ses rivières et gonfle ses ramures... Préparant en silence la grande explosion spermatique printanière. Glissant doucement dans le souffle de la nuit sidérale, nimbée de son halo bleu. Et puis,  les nuages qui passent... là-bas...les merveilleux nuages! 
Il ne se sera rien passé pour notre chère planète dans la nuit du 31. 
Si on le leur demande, les poissons aimeraient bien continuer à baiser dans la mer, si c'était possible. Et les oiseaux à perdre haleine dans la nature, où l'on entend, dans les champs, se masturber les éléphants...
Une année, pour la terre, ce n'est qu'un pet de mouche enrhumée, quand elle en a cinq milliards au compteur, la vieille dame rigole...
Ce n'est qu'un concept, une abstraction, un chiffre.
Chiffre d'affaires pour certains, il est vrai. Huîtriers et gaveurs d'oie se frottent les pognes, en Champagne ou en Monbazillac, les yeux pétillent quand les bouchons sautent. 
D'autres, seuls devant leur bizarre lucarne, vivront leur vie par procuration en donnant du vieux pain à des pigeons idiots. Devant une boîte de pâté aux truffes. Et une bombe glacée de chez Mikogel.
D'autres encore mourront de froid sur leur carton.
Là-bas, loin, trop loin, les bombes brûlantes, elles,  éclabousseront les premières lueurs de l'aube du sang des innocents. Comme toujours.

Et nous, on fera tout bien komifo. 
On se souhaitera tout plein de bonnes choses, pour conjurer la magie noire des chiffres. On dansera sous le gui. On rira en mangeant. On boira en riant. On oubliera. On espèrera. On se serrera très fort les uns contre les autres, pour faire du chaud dans nos coeurs à corps. On croisera nos doigts jusqu'à blanchir nos jointures. On fera comme les poissons dans la mer ou comme les éléphants dans les champs.
Et l'on suivra du doigt les frissons de givre de janvier sur les vitres aux lumières de fête.

2017 éclora comme un oeuf dans un cri de stupeur que cela soit allé si vite. Coup de minuit, coup de massue, coup de chance...Chacun recevra au hasard ses petits sacs de joies et de souffrances.

Alors moi, je vous souhaite une année radieuse, même sous la pluie. Et je vous fais mille caresses d'âme.
Parce que je vous aime.


¸¸.•*¨*• ☆

Céleste de fièvre et de miel. 
Enfin surtout de fièvre en ce moment...




Video : Les forêts, Louie Schwarzberg, Youtube
Crédits: 
Pierre Perret, c'est le printemps
 Jean Jacques Goldman, la Vie par Procuration
Renaud, Mistral Gagnant, dès que le vent soufflera
Le Pou et l'Araignée, chanson paillarde
Dario Argento, Le sang des Innocents
Michel Berger et Luc Plamondon, les Uns contre les Autres
Charles Baudelaire, l'Etranger

28 décembre 2016

Peau de banane








Bon, voilà. Je me traîne. Depuis que le Dabe s’est fait la paire, je suis comme suspendue entre ciel et terre, sur un arbre perché comme de Funès dans ce film absolument délirant des seventies.
Ne sachant pas de quel côté je vais tomber. 
Il n’y a rien de pire que d’attendre, sans savoir ce que l’on attend.
En réalité la peur me paralyse presque au sens propre. D'où mes douleurs de dos et de jambes...Heureusement un peu calmées depuis que j'ai décidé de me soigner...
    Dans son nuage brouillardeux et cacophonique ma mère patauge et entraîne toute la famille dans sa déroute, sa perte de pédales (de freins et de guidon) que je n’en peux plus d’essayer d’excuser, d’expliquer, de comprendre, balançant de colère à pitié, d'impuissance à tristesse. Il n’y a rien à comprendre, en fait, dans cette chaîne fortuite d’événements catapultés tels des corps sidéraux et sidérants qui amènent les gens à devenir ce qu’ils deviennent. Plus facile d’expliquer pourquoi l’eau mouille et le feu brûle. 
    Apprendre. Voilà c'est ça. Apprendre à accepter l'idée que personne n'y peut rien, qu'il n'y a aucun responsable, dans un monde où on fait juste le contraire tout le temps, jusqu'à accuser les peaux de banane de se glisser intentionnellement sous nos pieds.
Dans mon cœur c’est Beyrouth. Je ploie sous les tirs croisés du conflit de loyauté. Marre d’être la bonne fille, l’aînée, celle qui tient bon, le rocher, celle qui assume. La parfaite.
J’ai envie de crier. J’ai mal à mon enfance volée, je n’ai pas assez joué à la marelle.


    Je suis comme une pile d’assiettes branlante. Une pathétique tour de Pise en hiver sans étai. Avec le sentiment que personne ne peut me comprendre. A part ici peut-être, où les bouteilles d’encre noire jetées à la mer ont une petite chance de toucher un grain de sable…

¸¸.•*¨*• ☆

27 décembre 2016

Résolutions de l'eau nue




J'ai fermé boutique quelques jours. 
J'avoue que cela m'a fait du bien. Fermer les écrans. Me coller à mes petits comme une poule à ses poussins, gonfler mes plumes, fermer les yeux, respirer, ouvrir mes chakras, me laisser porter par la dynamique que j'avais initiée en leur proposant un Noël différent. Un Noël sans diktat. Sans obligation. Sans excès alimentaire. Sans dépenses somptuaires.

On a joué des heures durant à un jeu qui s'appelle « Concept » tout un programme n'est-ce pas...Oui je suis sans doute une indécrottable intello, une penseuse de Rodin, les divertissements primaires et vulgaires à la Hanouna me débectent. 
On a beaucoup parlé. Quel bonheur pour une mère de voir transformés ses bébés roses et dodus en adultes pensants. Acteurs de leur vie.  Je ne cesserai jamais de m'étonner de ce miracle.

J'ai beaucoup réfléchi. Ce blog risque de changer légèrement de forme à l'aube frémissante de cette année en nombres premiers. Ça plaira ou pas, là n'est plus mon problème. 
Le tri se fera tout seul. Je m'apprête, je suis prête à me séparer de certains d'entre vous et même si cela m'attriste d'avance, je m'en réjouirai avec vous, ce sera le signe d'une fabuleuse victoire sur moi : oublier enfin ma principale chimère, celle de plaire à tout le monde. 

J'ai passé un cap.  J'ai envie d'autre chose, d'ailleurs, de vrai, d'assumé. De sortir de mon cadre. D'envoyer bouler tout un tas de scories qui polluent mes éruptions fondamentales et brouillent les ondes de mon cerveau en ébullition. De défricher à la machette ma jungle intérieure. 
J'ai besoin de me retrouver, telle que je suis vraiment, avec mes hauts et mes bas, marre d'être consensuelle sans doute, comme dit un ami à moi. Plus que jamais multiple, multi-facettes, multi-amoureuse, multi-talentueuse, multi-sensible. Avec un thermostat mal réglé...

Dissiper l'impression diffuse de ne plus être tout à fait moi-même, de m'être enfermée toute seule avec mon consentement tacite dans une case (cage?) dorée et rutilante en négligeant ma pluralité. Mes zones d'ombre marécageuses.
Je ne suis même pas sûre de réussir ce pari. Lâcher prise. Me déshabiller de mes pelures d'oignon. Laisser du champ à mes grisailles, à mes noirceurs. Rien que d'écrire ça aujourd'hui, ça me donne le vertige. Comme un saut dans le vide. 

22 décembre 2016

Lumière vitale




Joyeux Noël à tous !
















Je ne dirai rien des tempêtes
Elles ont le goût du sel amer de l'inquiétude
 Je ne dirai rien des noirceurs
 des blessures de la terre et des froids de la mort
 Des carcans guerriers
 et des folles rancoeurs
 et des torrents de boue, et de sang et de larmes
Je ne dirai rien de l'obscure pâleur
 qui gèle les âmes et engourdit les cœurs
 des désespoirs larvés des affres des chagrins

Mais je dirai toujours la nuit étincelante
le velours des étoiles la douceur d'une main
le soyeux d'un sourire 
je dirai les espoirs et je dirai la joie 
et puis le sang qui bat aux tempes de bonheur
Ne comptez pas sur moi pour dire les malheurs
D’autres les disent mieux que moi

Je dirai les déserts, le sable soulevé, les fontaines et les ports
Et les saisons et puis les rides et les années
Qui nous emmènent dans leur sarabande
Obligatoire
et enivrante

Je dirai l’eau le ciel la mer et le soleil
Leurs fringantes merveilles
Et leur simplicité
Et la fièvre insoumise des premiers baisers

 Et je dirai surtout
Jusqu’à mon dernier cri
Quand la mort me prendra, un matin foudroyée
La mort, la douce mort, la morsure subtile
Le cœur empli de vie bien accomplie

 Et je dirai toujours
L’amour le bel amour
La pulsation première
Le moteur éternel
La lumière vitale











¸¸.•*¨*• ☆





Pour les jeudis poésie d'Asphodèle
Musique: John Barry, Instrumental suite sur YouTube